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 "The Amazing Spider-Man". Un film de Marc Webb avec Emma Stone, Andrew Garfield, Embeth Davidtz, Martin Sheen, Rhys Ifans, C. Thomas Howell, Chris Zylka, Sally Field, Denis Leary, Stan Lee, Hannah Marks. Sortie le 04 juillet 2012. Crédits photographiques : Sony Pictures Releasing France.
DANS LA TOILE DE L’ARAIGNEE Il semble que la bande dessinée soit devenue depuis une dizaine d'années l’une des sources les plus prolifiques du 7ème art. Sortes de demi-dieux, les super-héros ont contribué, grâce à leurs exploits, à ériger une mythologie moderne. Ceux-ci évoluant dans un environnement se situant à mi-chemin entre fiction et réalité. Ainsi, deux surhommes de légende ont trouvé un certain relief à l’écran : "Superman" de Richard Donner en 1978 (suivi de trois épisodes avec Christopher Reeves et d'une nouvelle version datant de 2006 réalisée par Bryan Singer tout en attendant celle que prépare Zack Snyder...) puis "Batman" de Tim Burton en 1989 (et ses trois suites plus trois versions réactualisées mises en scène par Christopher Nolan) ont remporté une succès mondial. C’est dans la perspective de satisfaire les fans de comics les plus endurcis que les producteurs se sont donc engagés avec l’adaptation des "X-Men" par Bryan Singer en 2000, puis dans une nouvelle version de "Spider-Man" en 2002. L’année 2003 fut singulièrement prolifique qui a vu défiler le retour des "X-Men", de "Hulk" (réalisé par Ang Lee avec Eric Bana, Jennifer Connelly et Nick Nolte) et l’arrivée de "Daredevil", l’homme sans peur incarné par Ben Affleck. Cette tendance de fond s'est poursuivie avec "Wolverine" en 2009 (suite prévue pour 2013) et "Avengers" en 2012. Quant au personnage de Spider-man, il sera de retour cet été sous la direction de Mark Webb. Après cette nécessaire énumération, partons à la découverte de l'univers de l'homme-araignée. LA GENESE En 1962, le scénariste Stan Lee qui venait (avec la collaboration de Jack Kirby) de redonner un certain dynamisme à l’univers moribond des comic-books avec les créations successives des « Quatre Fantastiques » et de « Hulk », proposa un nouveau super-héros à Martin Goodman, éditeur du groupe Marvel Comics. Sceptique, Goodman douta sérieusement du capital sympathie de ce personnage à l’allure chétive mais il décida tout de même de laisser sa chance à ce héros atypique dans le recueil d’histoires fantastiques « Amazing Fantasy » dont la publication était sur le point de s’arrêter. Le numéro 15 sortit donc en août 1962 sans aucune promotion. Ecrit par Stan Lee et dessiné par Steve Ditko, il raconta les origines de Spider-Man en dix pages et s’afficha comme l’une des plus fortes ventes de l’année. En mars 1963, le magazine reparut sous un nouveau nom : « The Amazing Spider-Man » qui marqua le début des aventures de l’homme-araignée. Ce dernier fit sa première apparition en France dans une revue spécialisée courant mai 1969. En donnant naissance à Spider-Man, Stan Lee souhaitait voir en son super-héros, un adolescent (habituellement confiné au rang d’acolyte dans les comics, cf. Robin et Batman) vulnérable qui soit ancré dans la réalité quotidienne : en effet, Peter Parker s’inquiète pour sa famille, connaît les tracas financiers et se cherche une petite amie. LE PERSONNAGE Orphelin depuis l’âge de 6 ans, Peter Parker est recueilli et élevé par son oncle Ben et sa tante May vivant à New York dans le quartier du Queens. Etudiant brillant, Peter obtient un diplôme en biophysique. Au cours d’une expérience sur les effets de la radioactivité, une araignée irradiée le mord et meurt. Peter ne tarde pas à découvrir ses nouveaux pouvoirs lorsqu’il parvient de justesse à éviter une voiture roulant à pleine vitesse. Sous une identité anonyme, il décide de participer à un combat de catch et gagne la rencontre mais les organisateurs refusent de lui payer la prime, prétextant une supercherie. Il est remarqué pour ses dons d’acrobate et on lui propose alors un contrat pour une émission télévisée. Lors de sa première apparition télévisée sous le nom de scène de l’Araignée, un cambrioleur fait irruption dans les studios. Peter néglige de l’arrêter et le laisse s’échapper. Quelques jours plus tard, l’oncle de Peter est assassiné par un cambrioleur. Il parvient à retrouver le voleur qui se révèle être celui des studios. Rongé par le remord et se souvenant des paroles de son oncle Ben (« De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités »), Peter jure de mettre ses dons au service de la lutte contre le crime sous le déguisement de l’Araignée. Pour subvenir à ses besoins, Peter se retrouva à vendre des photos de lui-même au quotidien le Daily Bugle dont le directeur J. Jonah Jameson s’est mit à orchestrer une véritable campagne d’hostilité afin de discréditer les actes de l’Araignée auprès du public. La morsure de l’araignée radioactive a considérablement modifié son métabolisme et Peter a hérité des capacités de l’arachnide. Sa force physique et ses réflexes se sont multipliés : il est plus souple et plus rapide. Ses doigts et ses pieds adhèrent à n’importe quel type de surface de même que sa perception extrasensorielle (« sens d’araignée » dans la BD) le prévient de tout danger imminent. Grâce à ses connaissances scientifiques, Peter a élaboré des bracelets lance-toiles fixés aux poignets qui projettent un fluide se solidifiant au contact de l’air et imitant la forme d’une toile d’araignée. Ce système est alimenté par une réserve de cartouches accrochée sur une ceinture cachée sous le costume. DU PAPIER A LA PELLICULE Outre le sympathique dessin animé diffusé entre 1967 et 1969, les exploits de Spider-Man ont été portés à l’écran par E.W. Swackhamer dans "L’Homme-Araignée" en 1977, pilote d’une série TV exploité dans les salles européennes. Dans ce téléfilm, Nicholas Hammond interprétait le célèbre tisseur de toiles en revêtant le masque muni de lentilles, le collant bleu et rouge ainsi que les bottes pour aller combattre un maître chanteur capable d’hypnotiser ses victimes pour les pousser au suicide. Produit par la Columbia, et bénéficiant du concours du créateur Stan Lee crédité en tant que conseiller au scénario, cette fiction se révéla affligeante surtout sur le plan esthétique. La notoriété du super-héros fut une nouvelle fois mise à mal avec "La riposte de l’Homme-Araignée" réalisé par Ron Satlof en 1978 (en fait deux épisodes remontés) où il était question d’un chantage à la bombe atomique. La piteuse série TV composée d’une quinzaine d’épisodes (1978-1979) qui en découla, ne vint pas relever pas le niveau. En 1978, la série connut même une déclinaison au Japon où la firme Toei finança 41 épisodes dans lesquels, notre héros était devenu un extra-terrestre équipé d’un véhicule et de divers gadgets, ayant pour mission de repousser une horde de créatures en caoutchouc à la manière d’un "Spectreman". Cette autre variation trahissant à sa manière l’essence du comics. UN PROJET QUI A PERDURE Au début des années 80, le producteur Roger Corman s’intéressa à une nouvelle adaptation qui fut vite abandonnée, faute de moyens conséquents. Cinq ans plus tard, Menahem Golan et Yoram Globus, propriétaires de la Cannon Films s’y attelèrent à leur tour. Spécialisés dans la série B d’action, ils envisagèrent tout d’abord Joseph Zito ("Portés disparus") derrière la caméra puis Tobe Hooper ("Massacre à la tronçonneuse"). En 1989, la Cannon déposa le bilan et Menahem Golan fonda en solo sa nouvelle compagnie baptisée 21st Century puis recruta le réalisateur Albert Pyun ("Cyborg"). Une dizaine de scénarios (dans l’une des ébauches, le héros se transformait en araignée géante !) furent écrits en quatre ans mais le projet tomba à l’eau suite à un différend artistique (et financier) entre le producteur et Stan Lee, nommé depuis 1972 directeur de publication. Menahem Golan et Albert Pyun se tournèrent alors vers une version fauchée du célèbre « Captain America », lui aussi issu de la Marvel Comics. Le concept ressuscita en 1991 lorsque James Cameron fit part de son intention de mettre en scène les aventures du super-héros arachnéen. Aussitôt, la société Carolco (Mario Kassar et Andrew G. Vajna, producteurs de "Terminator 2") fit l'acquisition des droits. James Cameron développa un script optant pour une approche inédite du personnage, beaucoup plus sombre qui suscita l’enthousiasme de Stan Lee. Le cinéaste prévoyait en outre un affrontement titanesque entre Spider-Man/Leonardo di Caprio et Dr Octopus/Arnold Schwarzenegger ou plus tard, le Bouffon Vert/Jim Carrey. La sortie du film étant initialement prévue pour 1993, elle fut repoussée jusqu’à l’été 1996. Car entre temps, une véritable bataille juridique s’était engagée où près de cinq sociétés revendiquaient les droits d’adaptation et d’exploitation (télévisée et vidéo). Certaines de ses maisons de productions ayant englobé celles en liquidation qui détenaient une partie des droits. En 1995, Carolco connut à son tour la faillite. Espérant voir son projet se concrétiser un jour, James Cameron signa un contrat avec la Twentieth Century Fox. Courant 1999, James Cameron finit par jeter l’éponge, lassé par les différents procès accumulés. Quelques mois plus tard, la Columbia annonça avoir enfin récupéré les fameux droits au terme d’une longue négociation avec le groupe Marvel et la Metro Goldwyn Mayer. Spider-Man version 2012. SPIDER-MAN LE FILM EN 2002
Pour la réalisation de la version qui finira par sortir en 2002, les noms de John Woo, Jan de Bont et David Fincher avaient d’abord évoqués par la Columbia. Ce fut finalement Sam Raimi, auteur de la trilogie culte "Evil Dead" qui manifesta le plus d’ardeur à mener l’entreprise, lui-même étant un fan de la BD. Son intention étant de s’attarder sur la dimension humaine du personnage. Dans le genre, le cinéaste avait déjà fait ses preuves avec "Darkman" dont le héros, un vengeur masqué (incarné par Liam Neeson) s’inscrivait dans un esprit résolument comic-books. Pour endosser le costume, la Columbia avait pressenti des acteurs comme Leonardo di Caprio, Jude Law ou encore Freddie Prinze Jr. L’éclectique Tobey Maguire ("Pleasantville") démontra qu’il pouvait s’investir dans ce rôle très physique. L’excellent comédien Willem Dafoe (nominé aux oscars en 1987 pour "Platoon") fut choisi pour personnifier son adversaire après que Nicolas Cage et John Malkovich se soient retirés du projet. Quant au personnage principal féminin, il fut interprété par Kirsten Dunst ("Virgin Suicides") qui fut préférée à Julia Stiles et Alicia Witt. La distribution fut complétée avec J.K. Simmons (J. Jonah Jameson), Cliff Robertson (Oncle Ben) et Rosemary Harris (Tante May). Le film relate la jeunesse de Peter Parker/Spider-Man (Tobey Maguire) : étudiant, celui-ci travaille occasionnellement comme photographe pour un journal où il fait la rencontre de Mary Jane Watson (Kirsten Dunst) puis lie amitié avec Harry Osborn (James Franco), son colocataire. Mordu par une araignée génétiquement modifiée (et non plus radioactive), il se découvre des dons qu’il apprend d’abord à maîtriser par intérêt personnel, manquant encore de maturité. Dans le même temps, le riche industriel Norman Osborn, père de son ami Harry, s’expose à des produits chimiques. L’expérience accroît certaines de ses facultés mais engendre une folie meurtrière. Il revêt alors l’armure du Bouffon Vert. Suite à une tragédie personnelle, Peter se rendra compte qu’il est le seul capable d’arrêter le dangereux criminel. Le scénario fut signé David Koepp qui est également l’auteur de ceux de "L’impasse" de Brian de Palma, "Mission : Impossible" également de De Palma et le réalisateur de "Hypnose" avec Kevin Bacon. Celui-ci avait conservé certains éléments du script originel de James Cameron. Par exemple, le traitement de ce dernier avait opté pour que la toile sorte directement des poignets du héros et non plus artificiellement. La musique fut dirigée par Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton notamment pour les partitions de "Batman". Les effets visuels ont été supervisés par le vétéran John Dykstra (oscarisé en 1978 pour les techniques révolutionnaires de "Star Wars : Episode IV") tandis la société Sony Pictures Imageworks s’est chargée de la partie numérique (incluant les acrobaties aériennes de Spider-Man et du Bouffon Vert qui se déplacent dans un New-York virtuel). LA CRITIQUE DES FILMS : SPIDER-MAN DE SAM RAIMI (2002)
SPIDER-MAN 2 DE SAM RAIMI (2004) SPIDER-MAN 3 DE SAM RAIMI (2007) THE AMAZING SPIDER-MAN DE MARC WEBB (2012) |