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Sortie le 21 mars 2012. Crédits photographiques : Metropolitan Filmexport.
Chaque année, sur les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les « tributs » - concourir aux Hunger Games. À la fois sanction envers la population pour avoir tenté de se rebeller et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. Le dernier survivant est déclaré vainqueur. La jeune Katniss se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés aux jeux toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, un ancien vainqueur des Hunger Games mais qui a sombré dans l'alcool. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour… 
Voilà plusieurs mois que les affiches à l’effigie des héros de ce film occupent les espaces publicitaires dans le métro ou dans la rue. Le major américain et distributeur du film, Lionsgate, n’a pas lésiné sur les moyens. Pourtant, en France, cette nouvelle saga est inconnue. Juste sait-on qu’elle est censée remplacer "Twilight"… quoique.. Quid d’"Hunger Games" ? Le scénario du film reprend la base de la trilogie littéraire de Suzanne Collins, des livres qui sont destinés aux adolescents et jeunes adultes, mais qui peuvent toucher un public bien plus large. En quelques mots, les évènements se déroulent dans une Amérique futuriste rebaptisée République de Panem composée de 12 districts. Chacun d’entre eux offre un sacrifice, celui d’un jeune homme et d’une jeune femme pour la participation aux Hunger Games. Sorte d’arène géante où les 24 adolescents doivent s’entretuer pour le plus grand plaisir du public qui voit cela en direct 24 h/24 à la télévision. Un seul « tribut », comme ils se nomment, sortira vivant de ces jeux. Un scénario qui fait quelque peu écho à "Battle Royale" (2000). L’intrigue mêle action, violence, amitiés et esquisse d’un triangle amoureux. Tous les ingrédients d’une recette à succès aux premiers abords. Cette nouvelle franchise peut, en effet, se reposer sur le noyau de fans constitué par les livres. Les 30 millions d’exemplaires vendus dans le monde sont sans aucun doute la motivation du budget conséquent de ce blockbuster (100 millions de dollars), d’une campagne de promotion massive et par conséquent des attentes des producteurs. Aux États-Unis, beaucoup voient en "Hunger Games", le successeur de "Twilight", dernière adaptation cinématographique à succès qui se termine en cette fin d’année. D’autant plus que le public visé, à l’origine, est commun aux deux sagas : les ados. Faites la guerre, pas l’amour. Oui, "Hunger Games" a les aspects d’un « teenage movie » et cela n’a rien d’étonnant puisque les livres sont de la catégorie jeunesse. Si on ajoute à cela le triangle amoureux développé dans l’intrigue, il y a effectivement une ressemblance évidente avec les vampires. Mais réduire Hunger Games à un substitut de "Twilight" ou un film pour ados parmi d’autres est injuste. D’abord parce que ce film de science-fiction n’est pas comparé à Battle Royale sans raison. La violence est bien présente sous sa forme la plus cruelle, c’est-à-dire, des enfants qui se battent sans retenue jusqu’à la mort. Le genre de la science-fiction a cela de bon qu’il permet de proposer des images plus osées, mais il permet aussi de transposer des idées dérangeantes dans un univers imaginaire lointain, tout en poussant les spectateurs à la réflexion. C’est en ce point, le potentiel incontestable de ce film et de la franchise. La considération d’une critique des dérives de la téléréalité et des régimes inégalitaires apporte un fond qui permet à "Hunger Games" d’élargir son public. Des districts qui ressemblent clairement à des ghettos, une société déchirée entre d’un côté le spectacle total et de l’autre la survie, tout cela saupoudré d’une rébellion en sommeil, voilà les autres ingrédients de ses jeux de la faim. Un aspect plus mature qui peut convaincre un public plus adulte. Autre avantage d’"Hunger Games" est un casting où se trouve Jennifer Lawrence, déjà nommée à l’Oscar en 2011 pour "Winter’s Bone". La jeune héroïne a des allures de Robin des bois en jupons et un charme animal qui la rend parfaitement crédible dans les séquences d’action. Le réalisateur, Gary Ross, la filme au plus près en respectant par ce biais le point de vue unique des romans à la première personne de Suzanne Collins. Autre atout, la présence de Donald Sutherland ou Lenny Kravitz. Pas de doute, les fans des romans s’y retrouveront avec cette adaptation. En dépit de quelques changements mineurs, le film ne trahit pas l’esprit du livre. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire des « tributs », c’est l’occasion de découvrir un divertissement bien construit et un monde où mourir est une réponse à une faim de spectacle. François Bour SI VOUS SOUHAITEZ LAISSER UN COMMENTAIRE A PROPOS DE CETTE CRITIQUE : COMMENTAIRE ET N'OUBLIEZ PAS D'ECOUTER NOTRE MAGAZINE RADIO "LES AVENTURIERS DES SALLES OBSCURES" |