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Sortie le 25 février 2004. Crédits photographiques : UIP.
Dans un futur indéterminé, un électricien découvre que son employeur lui a effacé une partie de sa mémoire par mesure de sécurité. Le jour où il se rend sur son lieu de travail pour récupérer son salaire, il se retrouve avec une valise contenant des objets divers et variés en guise de rémunération. L'homme, devenu partiellement amnésique, se lance alors à la recherche de son passé...
1°)AVIS : PLUTOT FAVORABLE
Dernière œuvre de John Woo, le réalisateur connu pour ses films d’actions, Paycheck raconte l’histoire d’un ingénieur, Michael Jennings (Ben Affleck) qui se fait payer grassement par des entreprises pour ses compétences scientifiques. La contrepartie est que l’on doit effacer de sa mémoire la période pendant laquelle il a travaillé. D’ordinaire, ce qu’on lui demande ne requiert que quelques semaines mais Allcom lui propose en échange de 92 millions de dollars de perdre trois ans de sa vie et de sa mémoire. Il accepte. A sa sortie, il récupère ses effets personnels mais il découvre que ce ne sont pas les siens. Que s’est-il passé ? Qu’a-t-il fabriqué de si dangereux ? De plus, le F.B.I. l’interpelle et le soupçonne de trahison d’état. Il va devoir retrouver la mémoire et ne pas se faire tuer par la société qui l’a employé. Sur le chemin de la vérité, il a deux aides : l’enveloppe qu’il s’est envoyée qui contient vingt objets, et la femme qu’il a aimée pendant son séjour chez Allcom, le Dr Porter (Uma Thurman).
Paycheck est un film d’anticipation tiré d’une nouvelle de Philipp K. Dick, qui avait déjà inspiré le Minority Report de Spielberg. Il est un peu surprenant de voir Ben Affleck habillé à la façon d’un Cary Grant dans un monde futur. La touche technologique se voit dans l’installation intérieure des laboratoires. On n’a pas l’impression qu’il y ait eu beaucoup d’efforts pour créer un monde du futur.
Le jeu des acteurs est convenable. Uma Thurman est très bien ; Ben affleck ne se débrouille pas trop mal cette fois-ci, après une floppée de déceptions dans des films tels que Daredevil ou Pearl Harbor. L’action enchaîne une série de courses-poursuites : métro, moto. Elles sont bien faites et contribuent au suspense. La petite curiosité du film est qu’il parvient à garder sur lui cette grande enveloppe, qui est à la fois son « boulet » et son salut .
Paycheck est aussi un film ésotérique comme l’était déjà Volte face. On remarquera la touche John Woo par l’apparition d’une colombe . L’heure à laquelle doit mourir Michael Jennings est 15h03, ce qui n’est pas sans rappeler le 153 de la Pêche miraculeuse des Evangiles.
Au finale, Paycheck est un film agréable à regarder mais qui ne révolutionne pas le cinéma d’anticipation. Il reste en deçà de Minority Report ; c’est bien dommage car l’histoire est intéressante.
Michel Deloore
2°)AVIS : CONTRE
John Woo adapte un roman de Philip K. Dick. Une blague ? Certes, non, car voici le résultat sur nos ecrans. On est loin, très loin du Killer ou d'Une balle dans la tête. Par contre, Woo est toujours dans la mouvance de Broken Arrow, de Mission: Impossible II et de Windtalkers. Hélas...
La première chose qu'on constate dans ce navet, c'est le plagiat. On prend le début de Minority Report ou Anderton décortiquait un morceau de mémoire sur un écran tridimensionnel et on recommence, avec la machoire de Ben à la place de celle Tom Cruise. Et puisque Michael Jennings est un ingénieur, pourquoi ne pas en faire un James Bond surpuissant, se sont-ils dit à la production ? Et balancer une histoire d'amour bien mielleuse, avec un méchant industriel corporatif qui veut diriger le monde ? Pendant qu'on y est, rajoutons une couche avec la belle morale : ah, qu'est-ce qu'on ferait pas pour un joli compte en banque ? C'est beau Hollywood...
Donc, malgré un scénario fini à la pelle de chantier, le seul, l'unique intérêt du film est de chercher dans les résidus du roman adapté : on prend plaisir à voir l'agent Jennings désorienté, capturé puis torturé après son "réveil". Totalement amnésique, il va devoir utiliser chaque objet dans l'enveloppe pour se sortir du petrin, ce qui fait évoluer l'intrigue. Mais, très vite, le filon s'épuise et Affleck sort systématiquement un objet de son enveloppe pour se sortir d'une situation perilleuse. Qui plus est, l'agent Jennings ne tarde pas à reprendre le contrôle des choses. Et clac, le navet est dans la boite. Pendant la première demi-heure, on a un petit ingénieur maladroit qui ne sait pas quoi faire; le reste du film, on a carrément le droit a un super-agent invincible qui sait parfaitement ce qu'il doit faire pour terminer la mission. Du coup, cela en devient même du mauvais plagiat.
Niveau action, John Woo privilégie la surenchère d'explosions (efficace, mais un petit bémol tout de même pour la voiture qui explose avant d'avoir heurter le tunnel...) en faisant virevolter Uma Thurman dans tous les sens, pendant que Ben nous sort son sourire estampillé "Colgate protection maximale". Car le film a de la classe, du standing. On voit Ben en costume cravate, faisant de l'humour, Ben qui drague, qui conduit une moto, la machoire de Ben qui se crispe, l'email scintillant... Ben sauveur de l'humanité ! Un navet à la gloire de Ben. Eh oui ! Ben assure, parce qu'il le vaut bien, et qu'avant cela, il y a eu Armageddon, Pearl Harbor, Daredevil...
Quant aux personnages secondaires, eh bien il n'y en a pas, ou tres peu : Paul Giamati dans le rôle du collègue et meilleur ami de l'agent, et Aaron Eckhart dans le celui du très méchant machiavélique. Et c'est souvent le problème avec ce genre de film : quelques bonnes idées noyées dans un conglomerat abject, pur produit d'hollywood, qui finit avec la jolie dulcinée qui embrasse la jolie machoire.
Gloire à la machoire de Ben !
Houmann Reissi |