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"L'Ecume des Jours". Un film de Michel Gondry avec Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maïga, Philippe Torreton.

Sortie le 24 avril 2013.

Crédits photographiques : Studio Canal.

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Interview d'Alice Taglioni pour le film Paris-Manhattan. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Quotidien Cinéma   
21-07-2012

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"Paris-Manhattan". Un film de Sophie Lellouche avec Alice Taglioni, Patrick Bruel, Marine Delterme, Louis-Do de Lencquesaing, Michel Aumont, Marie-Christine Adam, Yannick Soulier, Margaux Chatelier.

Sortie le 18 juillet 2012.

Crédits photographiques : SND.

INTERVIEW DE ALICE TAGLIONI POUR  

 

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Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans ce film ?

Il y a trois ans, Sophie Lellouche m’a écrit pour me dire qu’elle appréciait mon travail et mon énergie. Cette seule lettre m’avait déjà donné envie d’aller vers elle. C’est une jolie rencontre. Dès que j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite accepté le magnifique personnage qu’elle me proposait. La fraîcheur et la naïveté d’Alice Ŕ dans le bon sens du terme Ŕ et son évolution constante de la première à la dernière page, m’ont séduite. De plus, je n’avais jamais vraiment participé à une comédie romantique et j’aime beaucoup l’esprit de celle-ci.

 

Pouvez-vous nous présenter Alice, votre personnage ?

Alice est une jeune femme vive et gaie, très proche de sa famille. Elle est un peu immature et ne vit pas dans la réalité. Restée dans un état d’enfance tardive, elle passe de son monde de fantasme et de rêve, à l’âge adulte. Elle suit une vraie évolution, un parcours qui m’a beaucoup plu. Depuis sa plus tendre enfance, Alice dévore les films de Woody Allen et attend chaque nouvel opus avec assiduité. Elle y puise une sorte de philosophie qui l’aide à vivre, à prendre ses décisions. Woody Allen est un peu son guide, mais à travers son humour et le regard qu’il porte sur les relations humaines, il permet aussi à Alice de mieux comprendre la psychologie de la vie, de sa famille et de ses rencontres. Il est donc très présent dans le film.

 

Alice passe beaucoup de temps à s’occuper de ceux qui l’entourent…

Pharmacienne, elle soigne ses clients autant avec des films qu’avec des médicaments. Elle veut le bonheur des autres, au point d’en avoir un peu oublié le sien. Elle essaie toujours de comprendre et d’aider ceux qui l’entourent et n’est heureuse que lorsqu’ils sont eux-mêmes heureux. Elle est plutôt dans l’idéal et le fantasme que dans la réalité. Elle voit les belles choses partout, mais beaucoup de faits la choquent. Son intégrité l’empêche de se lancer dans des histoires faciles. Son honnêteté affective est un frein à sa vie et à son évolution personnelle. Elle déchante parfois, se retrouve déçue et ne prend pas autant de risques qu’elle le croit. Elle va être confrontée à son opposé, Victor. Sophie Lellouche dit qu’Alice est une « optimiste malheureuse » et Victor un « pessimiste heureux ». Ils vont réagir l’un à l’autre.

 

Comment définiriez-vous la famille d’Alice ?

C’est une famille unie mais qui, comme toutes les familles du monde, se voile la face en évitant de voir certaines choses. Dans cette famille aux principes d’éducation et de culture très présents, certains problèmes qui pourraient être résolus sont souvent niés : l’alcoolisme de la mère, le fait que la soeur ne soit pas heureuse, l’immaturité de la petite dernière... Tout en se croyant moderne, cette famille est en fait enfermée dans des clivages sociaux et religieux. Beaucoup de gens peuvent se retrouver dans ce type de situation, ces repas de famille où l’ambiance est très tendue alors qu’on essaie de faire comme si tout allait bien. C’est au moment où les abcès crèvent que cela devient intéressant.

 

Quelle est votre réaction face au fait que votre personnage porte le même prénom que vous ?

Tout le monde s’est posé beaucoup de questions sur ce point. ALICE est le titre d’un film de Woody Allen, mais il peut y avoir beaucoup d’autres explications. Pour ma part, je fais parfaitement la distinction entre mon rôle et ma personnalité. À chaque film, on emprunte un nom. Qu’il soit le même que le mien n’a pas d’importance pour moi, c’est un personnage au service duquel je me mets.

 

Même s’il s’agit d’une comédie sentimentale avec un couple glamour, aucun des deux n’est fleur bleue…

Les personnages ne découvrent pas la vie, ils en ont déjà une derrière eux. L’un comme l’autre commencent vraiment à savoir ce pour quoi ils sont faits et ce qu’ils ne veulent pas. Alice passe d’un univers un peu enfantin dans lequel elle est encore au monde des adultes. Elle s’affranchit de sa famille, de sa soeur qui est son modèle et son idole, des traditions de sa religion et de Woody Allen lui-même. La rencontre entre Alice et Victor est particulière parce qu’ils ne se séduisent pas ; ils commencent d’abord par se remettre en cause mutuellement et prennent conscience de leur nature profonde au contact l’un de l’autre.

 

Les dialogues sont un véritable ping-pong. Les deux personnages ont du caractère et Alice ne laisse rien passer…

On parle beaucoup, mais si c’est vif, ce ne sont pourtant pas des confrontations. Alice et Victor se testent. Elle est vraiment dans l’énergie et la spontanéité alors que Victor est très logique et place toujours le mot qu’il faut au bon moment. Ils n’ont pas l’impression d’être faits l’un pour l’autre Ŕ Alice surtout. Du coup, elle n’est pas du tout dans la séduction, elle ne prend pas de gants. C’est un des aspects qui m’a beaucoup plu chez ce personnage. De toute façon, je n’aime pas trop être dans la séduction. Je ne dirais pas qu’elle me ressemble, mais j’aime interpréter son énergie, sa franchise et sa liberté.

 

Comment s’est passé le jeu avec Patrick Bruel ?

Je connais le travail de Patrick depuis très longtemps et je suis vraiment heureuse qu’il ait accepté ce rôle, très différent de ce que l’on peut connaître de lui. Son personnage est inattendu mais lui va très bien. Jouer avec lui est simple, facile, évident et je n’en suis pas étonnée. Nous avons en commun la musique, le tempo, le rythme et… le poker. Mais nous sommes des musiciens différents. Patrick s’est vraiment fait tout seul alors que j’ai suivi des études de piano pendant vingt ans. Nous partageons aussi ce goût de la comédie. C’est un genre que j’ai déjà pratiqué et que j’apprécie énormément parce qu’il joue sur la rythmique et la musique auxquelles je suis entraînée depuis mon plus jeune âge. Du coup, c’est comme si nous étions en duo, au même diapason, sur le même rythme, et nous nous sommes facilement accordés. Nous n’avons eu aucun mal à jouer la partition très bien écrite de Sophie et l’avons interprétée avec plaisir.

 

Le film offre beaucoup de scènes atypiques pour une comédie romantique. En attendiez-vous certaines particulièrement ?

Le film est effectivement plein de situations étonnantes. Même si les plus drôles à voir ne sont pas forcément les plus drôles à jouer, j’attendais toutes les scènes de famille, assez cocasses, et parmi d’autres, le « cambriolage », un des excellents moments de comédie. J’ai été très heureuse sur le tournage de ce film, qui offre de la lumière et du bonheur. Il se passe quelque chose de rafraîchissant, de simple et de sincère, un peu à l’image de Sophie et de ses personnages.

 

Qu’est-ce qui rend cette comédie différente des autres ?

Les personnages n’ont pas vingt ans, ils ont déjà un vécu. Cependant, même si ce n’est pas leur priorité, ils ont chacun le but inavoué de trouver l’amour et fonder une famille. Ils vont en effet trouver l’amour, malgré eux, sans le chercher. Le film ne reprend donc pas le schéma classique de la comédie romantique. À chaque fois, tout ce que Victor essaie de mettre en place pour séduire cette fille lui revient dans la figure. Pourtant, les réflexions qu’elle lui fait sont autant de pistes pour mieux l’approcher. Si elle était totalement indifférente, Alice ne lui donnerait aucun indice. Entre eux, c’est un peu le jeu du chat et de la souris. Un autre homme, séducteur et play-boy, plaît à Alice et constitue un danger pour Victor.

 

Comment s’est déroulé le tournage ?

Le tournage a été à l’image du film, joyeux et pétillant. J’ai éprouvé beaucoup de plaisir à jouer toutes les scènes avec Patrick mais également les scènes de groupe avec nos autres partenaires. Le film est centré sur les rapports humains, ce qui correspond bien à Sophie et à moi aussi. Tout a été fluide. Sophie a su donner le ton et nous maintenir dans l’esprit de son film. C’est pour cela qu’avoir un chef d’orchestre qui sait diriger est important. Nous en sommes les instruments Ŕ bons, je l’espère ! Sur le tournage, Sophie était remarquablement zen. Elle a eu la pudeur de garder ses difficultés et ses doutes pour elle. C’est un talent de réalisateur. Elle sait diriger les acteurs, qu’elle respecte comme elle respecte toute l’équipe. Je souhaite à tous les acteurs de travailler avec elle.

 

Le tournage a commencé avec Woody Allen et Patrick Bruel. Quelle a été votre réaction ?

Pouvoir approcher Woody Allen, jouer une simple scène devant lui, était génial. Je joue peu avec lui mais ce sont de vrais moments de cinéma. Je n’étais pas impressionnée, juste heureuse de sa présence, pour Sophie, pour nous tous et pour le film. Nous étions tous heureux et ce tournage commençait sous de bons auspices.

 

En découvrant le film, avez-vous surgir quelque chose que vous n’aviez pas anticipé au tournage ?

J’ai d’abord été séduite par la fraîcheur des personnages, leur élan. Je suis heureuse que le film restitue cette énergie et cette sympathie qui étaient présentes dès le scénario. Bien que le père et la fille soient assez peu souvent ensemble à l’écran, leur rapport est très joli et permet de comprendre beaucoup de choses d’Alice et de sa soeur. Jouer cela avec Michel Aumont a été un plaisir. Marine Delterme est aussi très touchante. Et puis le film m’a aussi plu visuellement, la mise en scène de Sophie associée à l’image de Laurent Machuel est magnifique, ce qui est assez rare pour une comédie.

 

Savez-vous aujourd’hui ce que représente ce rôle dans votre parcours ?

Ce rôle m’a d’abord replongée dans la comédie, que j’avais un peu délaissée, et m’a rappelé combien j’aime ce genre. J’ai adoré tourner ce film. Je ne me suis pas prise au sérieux Ŕ comme le plus souvent possible, je l’espère. C’était un beau moment dans le travail, dans le rapport aux autres, dans la découverte d’une femme comme Sophie. Ce film m’a fait du bien, m’a rendue légère.

 

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Dernière mise à jour : ( 14-08-2012 )
 
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