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Sortie le 27 juin 2012. Crédits photographiques : Rezo Films.
John - consciencieux et romantique - et Michael - inconséquent et volage - sont chirurgiens dans la clinique de leur père, David Marshal. John, fou amoureux de Priscilla, une merveilleuse infirmière, se voit ravir sa dulcinée par Michael, qui l'épouse illico. Effondré, John s'exile au Canada. Michael, délaisse Priscilla pour la sulfureuse Samantha (infirmière cupide et fatale), transforme la clinique en centre de chirurgie esthétique… Et la ruine ! John revient pour tenter de sauver la clinique…Aidé par Priscilla, Helen, Cathy, Tom, Marc et Mlle Phillips, tous éclopés de «l'amour», qui, comme chacun sait, sauve toujours tout. Des histoires d'amour (torrides), d'argent (très mal investi), de trahisons (éhontées) et surtout, de la comédie.  Il y a des chirurgiens, des infirmières, quelques patients et patientes et... un ours. C'est à ça qu'on remarque assez vite qu'on n'est pas vraiment dans un film sérieux. Artus de Penguern revendique, pour son nouveau film, la liberté par rapport à "Urgences" que pouvaient avoir les "Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?" par rapport à "Top Gun"... C'est bien vu. Parce que sa "Clinique de l'amour" ne ressemble à aucune autre. Elle suit pourtant une histoire simple : deux frères se disputent un héritage, une clinique. Les intentions de l'un sont pures. Celles de l'autre nettement moins, et beaucoup plus dirigées par une fatale beauté très persuasive. Entre les manoeuvres de l'un et les perfidies de l'autre, il y a aussi une histoire d'amour qui se noue entre une très belle infirmière et le second frère.
Le deuxième film d'Artus de Penguern, après "Grégoire Moulin contre l'humanité", est une bulle sucrée entre absurde et burlesque qui reprend les codes des "Feux de l'amour" pour mieux en rire. Vous avez tout suivi ? Non ? Pas si grave. "La clinique de l'amour" vous emmène dans un soap opéra survolté où les trahisons sont aussi nombreuses que les rebondissements. La crédibilité ? Pour quoi faire ? Ce n'est pas la question. Artus de Penguern préfère faire fourmiller son film de trouvailles visuelles, de petites scènes drôlissimes, entre le gag et le burlesque, de vannes et de répliques épiques. Le tout avec une bonne dose de rose bonbon, pour la déco de la clinique, et d'esthétisme. Parce qu'on ne s'y trompe pas, le film est très travaillé : il ne s'agit pas d'une simple farce qui reprendrait des codes entre "Dallas", "Les feux de l'amour" et "Urgences" pour mieux les détourner. Mais bien d'un film complet qui maîtrise son sujet et garde sa cohérence pendant 1 h 23. Pour son deuxième film, adapté d'un de ses sketchs qui avait déjà donné naissance à un court-métrage en 1999, il se met aussi en scène, tant qu'à faire. Accompagné de Bruno Salomone, Héléna Noguerra et d'autres justes acteurs, de Michel Aumont à Vernon Dobtcheff, il emmène le spectateur dans une drôle d'aventure cinématographique. Et nous les spectateurs ? Enthousiastes ? Cela se pourrait bien... Fadette Drouard |