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Sortie le 08 août 2012. Crédits photographiques : Wild Bunch Distribution.
Aussi ravissante que généreuse, Beth Raymer comprend qu’elle a tout intérêt à abandonner son métier de strip-teaseuse et quitte donc la Floride pour devenir barmaid à Las Vegas. Alors qu’elle ne trouve pas de travail, elle fait la connaissance de Dink, parieur sportif professionnel qui, croyant déceler un vrai potentiel chez la pétillante Beth, lui offre un boulot : elle est censée prendre des paris en son nom et démarcher des clients par téléphone. Dink a eu le nez creux : la jeune femme se révèle particulièrement douée et ne tarde pas à devenir sa mascotte jusqu’à ce que la roue tourne… 1°)AVIS Le nouveau film de Stephen Frears se présente comme une petite sucrerie estivale. Une comédie sans prétention, où le réalisateur ne se montre pas au meilleur de sa forme, mais qui livre une œuvre qui se regarde sans déplaisir. « L’argent n’est pas le plus important » répète le personnage interprété par un Bruce Willis en roue libre, dépressif et superstitieux, à grand renfort de chaussettes remontées et de chemises kitchs. Il est bien question d’argent pendant une heure et demie, déclencheur des différents qui opposeront chaque personnage. Les chiffres, les liasses de billets ne cessent d’apparaitre et de disparaitre pour révéler la nature de chacun. Le premier plan du film nous montre notre héroïne faisant le poirier pour divertir un client, il lui faudra alors affronter un monde sans pitié et dangereux pour retrouver les pieds sur terre. Le cinéaste a choisi le ton de la comédie pour nous raconter les péripéties de Beth, tirée d’une histoire vraie. Tout est à l’image de cette séquence, où l’héroïne se retrouve en mauvaise posture lorsqu’un client sort une arme à feu lors d’une séance de dance : celle-ci sort doucement de la pièce comme si de rien ne s’était passé, comme s’il s’agissait simplement d’une mauvaise blague. Cet esprit ne laissera ainsi aucun doute au spectateur quant à l’issue de l’histoire, puisque rien de tragique ne semble pouvoir arriver… Rebecca Hall (découverte dans "Vicky Cristina Barcelona" de Woody Allen) insuffle toute son énergie au service du film, et le reste du casting de Catherine Zeta Jones en passant pas Vince Vaughn s’en donne à cœur joie dans des rôles à contre courant. Un casting quatre étoiles donc qui s’agite, s’aime ou se déteste, et qui participe grandement au capital de sympathie de l’ensemble. Le spectateur peut parfois se sentir perdu dans ce monde de nombre et de calcul qui lui échappe mais l’intrigue fait la part belle aux déceptions et aux éclats de chaque protagoniste. On sort de la salle le sourire aux lèvres, devant une danse cocasse où tous les acteurs se lâchent, comme un dernier clin d’œil offert au public. Cet été, si les super héros vous agacent, si les films d’animations ne vous amusent plus et que les drames en tout genre vous dépriment, vous pourrez toujours vous détendre devant cette comédie légère et pétillante qui n’a pour seule ambition que de vous divertir. Sébastien Fournier 2°)AVIS D’un réalisateur capable de parler aussi bien de liaisons dangereuses que d’une Reine en pleine crise de conscience, on est en droit d’attendre du beau et grand cinéma. Avec "Lady Vegas", Stephen Frears filme un récit comme s’il était un anonyme. Incapable d’y insuffler son cinéma, Frears se contente d’adapter le livre de Beth Raymer, Lady Vegas – Les Mémoires d’une Joueuse. Une histoire bien vraie, celle d’une jeune strip-teaseuse dont l’ambition unique était de devenir barmaid, qui va comprendre à quel point sa chance peut servir dans un univers où cette dernière est reine, le jeu. Pour se faire, Stephen Frears retrouve son scénariste de "High Fidelity", D.V. DeVincentis, qui a souhaité nappé son personnage principal d’une sympathie presque trop étouffante. Pour incarner cette Beth Raymer qui suscite plus l’agacement que la compassion, c’est Rebeca Hall ("Vicky Cristina Barcelona") qui a été choisi alors que pendant un an, Frears a refusé de la rencontrer. Si seulement l’actrice était l’unique problème de ce "Lady Vegas"… Un peu à la manière d’un spectateur devant une œuvre morne, Stephen Frears reste contemplatif. Son "Lady Vegas" ne contient pas réellement de relief, et les acteurs se contentent d’y jouer de la manière la plus pauvre possible. Jamais Bruce Willis n’est par exemple crédible dans la peau d’un boss du bookmaking et mentor à la fois, tiraillé par ses sentiments éprouvés pour deux femmes. Jamais Vince Vaughn en vieux filou n’est attirant ou ne déclenche chez nous une once de jouissance par rapport à la déviance du bonhomme qui fait tout dans l’illégalité. A vrai dire, on ne cherche pas à comprendre si "Lady Vegas" contient une réelle dénonciation dans son propos ou s’il s’agit simplement de raconter une histoire et puis s’en va. Une raison toute simple à cela : ce film ne suscite jamais un intérêt. Ce n’est ni la comédie, ni le drame qui fera pencher la balance. Frears et son scénariste ont étudié savamment la chose afin de trouver un juste milieu. Mais à rester plan-plan aussi bien dans le fond que sur le forme – et c’est bien la forme qui est le plus inquiétant des défauts – on finit par perdre un film qui manque cruellement d’intérêt à tous les niveaux. Frears signe un long métrage sans âme ni inspiration. Un faux soap-opera dénué de passion et d’amour pour une histoire naïvement interprétée. Christopher Ramoné |