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Sortie le 11 mars 2009. Crédits photographiques : Wild Bunch Distribution.
Dans le désert du Nouveau Mexique, une caravane explose mystérieusement, à l'intérieur Gina (K. Basinger) et Nick ( J. de Almeida), son amant secret, meurent. Une quinzaine d'années plus tard, à Portland, Sylvia (C. Theron), jeune femme perdue qui multiplie les conquêtes amoureuses est poursuivie par un homme étrange... Deux histoires de femmes se percutent à travers le temps, des vies s'entremêlent et les relations s'enflamment... 
1°)AVIS Après trois scénarii pour Alejandro González Iñárritu et un pour Tommy Lee Jones, Guillermo Arriaga met lui-même en scène son cinquième script. Comme les quatre précédents, "Loin de la terre brûlée" repose sur une intrigue à plusieurs niveaux, à la narration éclatée. Si on a souvent dit (notamment à propos du très irritant "Babel") que le non-respect de la chronologie permettait de donner un intérêt supplémentaire à des intrigues parfois un peu creuses, le principe est ici inversé, l'histoire ayant tendance à se liquéfier rapidement à cause de cette déconstruction forcée. À force de faire de ce type de script sa marque de fabrique, Arriaga semble pratiquer une écriture à la chaîne, où il n'est même plus nécessaire d'évaluer l'apport d'une telle technique de narration pour éventuellement l'utiliser. C'est bien dommage : raconté dans l'ordre, et donc un peu remodelé, "Loin de la terre brûlée" aurait pu être un splendide drame au féminin, la bouleversante épopée de deux ou trois générations de femmes. Le problème ici, c'est qu'après trois quarts d'heure d'une mise en place belle et sobre, l'ensemble tourne en rond par la faute de ce fameux procédé. Pas assez tortueux, le film devient alors très prévisible, puisqu'on en connaît déjà la fin et quelques points intermédiaires. L'heure qui suit ne sert alors qu'à mettre au point quelques détails et relier les trois époques entre elles. Dans cette affaire de couple adultère mourant dans l'incendie d'une caravane (et dont on observe parallèlement les causes, les conséquences immédiates et le résultat quinze ans plus tard), on devine trop tôt l'identité de l'incendiaire, le suspense potentiel s'en retrouvant gâché. Pour autant, Arriaga ne sombre jamais dans ses délires sur le destin, la fatalité ou ce genre de thèmes complètement ridicules quand ils sont traités sans détachement ; son traitement est totalement réaliste, et bien appuyé par une mise en scène élégamment passe-partout. c'est ainsi que l'on pourrait également qualifier les prestations des trois actrices principales (Kim Basinger, Charlize Theron et la jeune Jennifer Lawrence), prodigieuses de sobriété alors qu'elles auraient pu sombrer dans le misérabilisme et le pathos dégoulinant. Qu'on nous fournisse les bobines du film, une paire de ciseaux et de la colle : cela permettra de remonter dans le bon sens ce qui avait tout pour être un très beau film mais pèche par excès de malice stylistique. Thomas Messias 2°)AVIS Une caravane explose en plein milieu du désert. On la voit brûler pendant un moment et, soudainement, on est projeté dans une chambre dont les fenêtres sont balayées par la pluie et un couple se lève du lit. Voilà comment démarre le premier film de Guillermo Arriaga qui avait déjà signé les scénarii de "Babel", "21 Grammes" et de "3 enterrements". Pour son premier film "Loin de la terre brûlée" le réalisateur garde encore son rôle de scénariste et ça se voit. En effet, "Loin de la terre brûlée" est encore un de ces films qui s'attachent à plusieurs histoires, à priori séparées, mais qui, en réalité, sont toutes imbriquées les unes dans les autres. Durant la première moitié du film, la formule convainc et on ne peut s'empêcher de se demander ce qui peut bien relier l'histoire d'un adultère prenant fin dans les cendres d'une caravane, l'histoire d'amour qui s'installe entre une jeune américaine (presque redneck) et un jeune immigré mexicain, et l'histoire d'une jeune femme, apparemment déprimée, qui semble bien facile à conquérir. Cette intrigue nous tient vraiment en haleine pendant les premières 45 minutes, mais, hélas, passé ce délai, le film se révèle totalement et le dénouement qui nous explique le lien entre ces différentes histoires se produit en plein milieu du film et non à la fin. Une fois que la principale question du film est résolue même les intrigues propres à chaque partie narrative deviennent prévisibles et quand on voit que les hypothèses que nous avons faites s'avèrent vraies, on n'en est même pas étonné. Toutefois, malgré ce manque de surprise finale, "Loin de la terre brûlée" est quand même une oeuvre accrochante car, avec sa narration se déroulant sur différentes époques, on a quand même envie de savoir quelles sont les conséquences des actions qu'on a vues dans une intrigue ou, inversement, qu'est ce qui a pu être à l'origine des comportements que l'on voit à l'écran. Le film est également soutenu par de très bon acteurs, mais surtout des actrices, dont une Charlize Theron sublime, une Kim Bassinger un peu vieillie, mais qui assure toujours, et, finalement, la jeune Jennifer Lawrence époustouflante. Ces trois actrices font réellement le vrai intérêt du film qui traite avant des femmes et la pression que celles ci peuvent recevoir dans nos sociétés. Avec "Loin de la terre brûlée" Guillermo Arriaga réussit son passage du papier à l'écran car il fait également preuve d'une bonne maîtrise de la mise en scène. Même si on sent que le filon des films à narration éclaté commence à s'épuiser, et, dans le cas présent, ce genre ne sert pas tellement l'intrigue, "Loin de la terre brûlée" est, quand même, un moment agréable pendant lequel on ne s'ennuie pas. Toutefois, à la sortie de la salle, on a une petite impression de déjà vu... Florent Capoen |