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"L'Ecume des Jours". Un film de Michel Gondry avec Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maïga, Philippe Torreton.

Sortie le 24 avril 2013.

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Harvey Milk de Gus Van Sant avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch, James Franco. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Florent Capoen   
06-03-2009

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Sortie le 04 mars 2009.

Crédits photographiques : SND.

"Harvey Milk" raconte l'histoire du combat d'un membre de la commnauté homosexuelle de San-Fransisco qui, au début des années 1970, doit forcément passer par l'activisme pour survivre dans le monde qui l'entoure. Cela va se traduire au niveau politique par son élection au poste de conseiller municipal de San-Fransisco en 1977 et il sera assassiné par un collègue en 1978.

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1°)AVIS

Après quatre films lorgnant presque vers le cinéma expérimental et beaucoup plus intimiste ("Gerry", "Elephant", "Last Days" et "Paranoïd Park") Gus Van Sant revient vers un cinéma beaucoup plus mainstream et donc grand public. On n'aurait pas pu penser à un meilleur réalisateur pour raconter la vie de Harvey Milk, premier homme ouvertement homosexuel ayant été élu à une fonction politique importante aux Etats-unis. En effet, au long de sa carrière, Gus Van Sant, qui ne cache pas non plus son homosexualité, a, plus d'une fois, abordé le sujet que se soit dans son premier film, "Mala Noche", dans "My Own Private Idaho" en passant par "Elephant" où, au détour d'une scène, le réalisateur évoque une hypothétique relation entre les deux tueurs. Le film commence directement par l'annonce de l'assassinat de Milk pour ensuite retrouver ce personnage enregistrant ses "dernières paroles" sur bande audio. Tout le récit sera construit sur cette voix qui développe la trame comme si Harvey Milk était lui même revenu pour aider Gus Van Sant à réaliser ce film.

Avant d'être l'histoire d'un homme "Harvey Milk" est surtout l'histoire du combat d'une communauté qui, à travers le personnage interprété avec brio par Sean Penn, a trouvé un leader et une voix par laquelle elle peut se faire entendre. C'est peut-être cet aspect qui donne à "Harvey Milk" ce côté trop didactique. En effet, au début du film, l'intérêt est porté sur Harvey Milk, et son compagnon Scott Smith, et une réelle relation est installée à l'écran par de magnifiques scènes, mais, dès que l'on commence à s'attaquer à l'engagement de Milk, le film devient une sorte d'énumération des faits d'armes de ce dernier.

"Harvey Milk" devient alors un film qui s'intéresse plus à l'aspect politique du personnage qu'à son évolution personnelle ou psychologique. A cause de cela, on a du mal à s'attacher aux personnages, et lorsque Milk entame une nouvelle relation avec son dernier compagnon, Jack Lira, on ne ressent aucune sympathie ou émotion pour ce couple même dans les moments les plus tragiques. De plus, pour nous, public francais, qui avons un systéme politique bien différent de celui des Etats-unis, certaines discussion et certains enjeux, en apparence importants, sont assez incompréhensibles ce qui ne nous ne permet pas de saisir pleinement le climat de stress et d'inquiétude que pouvait vivre Harvey Milk. Ce manque de ressenti tout au long du film va toutefois être relativisé par la fin du film où, avec la même méthode que dans "Elephant", Gus Van Sant va réellement installer un climat de tension jusqu'au moment fatidique. Le film s'achève également sur une scéne émouvante ou, après l'assassinat de Milk, des milliers de d'habitants de San Fransisco défilent dans la rue pour lui rendre hommage.

Même si l'impact émotionnel n'est pas toujours au rendez-vous Gus Van Sant arrive à quand même captiver ses spectateurs d'une autre manière. Tel un professeur d'Histoire face à un amphithêatre d'université bondé, le réalisateur nous décrit parfaitement l'ambiance qui pouvait régner dans les années 70. Les nombreuses scénes d'époque, et surtout de manifestations, sont réellement bluffantes et crédibles, et on aurait presque envie d'y participer. Cette ambiance particulièrement réussie existe grâce à l'utilisation de nombreuses images d'archives. L'appel aux services de Cleve Jones, ancien proche de Milk, en tant que consultant historique, ainsi que d'exceptionnelles reconstitutions autant dans les décors, avec une utilisation des lieux d'origines, que dans le casting, contribuent à cette fidélité historique.

En effet, le casting ressemble presque à un jeux des sosies où Gus Van Sant s'est amusé à chercher qui, aujourd'hui, dans les nouveaux acteurs, ressemblent aux personnages de l'époque. On s'aperçoit que tout une nouvelle génération d'acteurs, qui ont aujourd'hui entre 20 et 30 ans, sont prêt prendre possession des écrans. A côté d'eux, tout comme son personnage se l'entend dire, Sean Penn ressemble à un vétéran. Parmis tout ces noms à retenir il y a bien sûr James Franco, déjà vu dans "Spider-man", Emile Hirsh, qui retrouve ici Sean Penn qui l'avait dirigé pour "Into the Wild", ainsi que, dans une moindre mesure, Lucas Grabeel, particulièrement étonnant alors qu'on ne lui connaissait que sa présence au casting de "High School Musical". D'un tout autre âge, on peut aussi féliciter la prestation de Josh Brolin, qui, depuis "No Country For Old Men", "American Gangster", et son impressionante métamorphose en George W. Bush dans "W." d'Oliver Stone, montre qu'il est un acteur trop longtemps sous-estimé et sous exploité.

Finalement "Harvey Milk" est avant tout une oeuvre politique, sûrement la plus politique que n'ai jamais réalisée Gus Van Sant. Malgré son côté un peu trop didactique et pas assez personnel, le film fait passer son message de tolérance envers la communauté LGBT (lesbienne, gay, bi et transexuelles) et qui doit s'étendre à toutes les autres formes de discriminations, comme le dit Harvey Milk. Avec "Harvey Milk", on est aussi heureux de constater que Gus Van Sant sait encore réaliser des films intéressants et grand public que l'on arrive à regarder du début à la fin, ce qui était particulièrement difficile avec ses deux derniers opus : "Last Days" et "Paranoïd Park".

Florent Capoen

 

2°)AVIS

Si c'est demandé gentiment, est-il possible d'annuler les résultats des Oscars et d'attribuer toutes les statuettes à "Harvey Milk" ? Non ? Tant pis. C'est pourtant tout ce que mérite le dernier chef d'oeuvre d'un Gus van Sant qu'on attendait de pied ferme après la fin (provisoire ?) de sa phase cotonneuse et contemplative, à savoir "Gerry" - "Elephant" - "Last days" - "Paranoid Park". Plus classique en apparence, "Harvey Milk" est un grand film humaniste sur la force des convictions, le prix de la persévérance, l'éducation à l'ouverture.

Autant biopic que film politique, il déroule une huitaine d'années de l'existence de cet ancien assureur qui passe un jour à l'action pour défendre la cause homosexuelle. Partant de l'idée que faire évoluer les mentalités dans un quartier de San Francisco permettra de changer les choses à plus grande échelle, il est d'abord militant, avant de briguer des mandats politiques qui pourraient lui permettre de faire réellement avancer le pays. La beauté de ce parcours réside dans le fait que la quête de Milk est tout à fait sincère et naturelle, dénuée de tout calcul et de toute ambition personnelle. S'il lui faudra pratiquer çà et là un peu de politique politicarde, c'est toujours au service d'une et une seule cause.

Admirable en tous points (mais pas sanctifié pour autant), Harvey Milk est un personnage ô combien charismatique, que seul pouvait incarner un acteur de la trempe de Sean Penn. On sait combien ce formidable artiste peine parfois à sa maîtriser, quitte à en faire trop ; dirigé par un Gus van Sant que l'on sent toujours à l'écoute, il est juste parfait. Son Milk respire l'intelligence, la sensibilité, ainsi qu'un bonheur permanent à défendre ce à quoi il croit. C'est d'ailleurs le cas de la plupart de ceux qui l'entourent, tel le jeune activiste Cleve Jones, incarné par un Emile Hirsch plus renversant que jamais. Le reste du casting est uniformément bon, masculin à 99%, le scénario ne manquant pas d'épingler le léger mépris de beaucoup de ces militants gays à l'encontre de lesbiennes longtemps tenues à distance.

Si "Harvey Milk" est à placer un cran au-dessus de toutes les biographies politiques, c'est sans doute car, au-delà de la force de l'interprétation et du script, il tire sa force de la mise en scène éblouissante de Gus van Sant. Son style n'est pas immédiatement reconnaissable, mais se distingue par sa façon de tenir le classicisme à distance. Au premier abord, la forme du film n'a rien de vraiment singulier. Et c'est la force de cette mise en scène : montrer autrement, mais discrètement. Livrer une reconstitution très précise, mais sans le dire (seul l'épilogue, en quelques photographies, montrera à quel point les visages, costumes et décors ont été respectés). Rendre les discours intenses, mais sans les transformer en joutes verbales. Filmer la colère et la tristesse des manifestants, évoquer la probabilité d'émeutes imminentes, mais ne pas faire du Spike Lee. Évoquer à demi-mots l'homosexualité refoulée du superviseur (et futur assassin) Dan White (épatant Josh Brolin). Et défendre les homos sans verser dans le film à thèse.

C'est non seulement par ce qu'il est, mais aussi et surtout par ce qu'il ne fait pas que "Harvey Milk" s'impose comme un chef d'oeuvre, scotchant de la première à la dernière image, émouvant jusqu'au bout, de ceux qui vous accompagneront longtemps, indépendamment de votre orientation sexuelle.

Thomas Messias

Dernière mise à jour : ( 03-04-2009 )
 
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