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"Denis". Un film de Lionel Bailliu avec Jean-Paul Rouve, Audrey Dana, Fabrice Eboué, Simon Astier.

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Les Derniers Jours du Monde de Jean-Marie et Arnaud Larrieu avec Mathieu Amalric, Catherine Frot. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Thomas Messias   
20-08-2009

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Sortie le 19 août 2009.

Crédits photographiques : Wild Bunch Distribution.

 

Alors que s'annonce la fin du monde, Robinson Laborde se remet peu à peu de l'échec d'une aventure sentimentale pour laquelle il s'était décidé à quitter sa femme. Malgré l'imminence du désastre, et peut-être pour mieux y faire face, il s'élance dans une véritable odyssée amoureuse qui l'entraîne sur les routes de France et d'Espagne.

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1°)AVIS : POUR

Ne pas se fier à l'affiche du film, qui peut faire penser à une énième pécasserie du genre Mon manchot chez les nudistes : si le film des frères Larrieu combine leurs obsessions passées (sexe sans tabou, massifs montagneux et autres), c'est pour mieux réinventer leur cinéma, voire le cinéma français dans sa globalité... Pour être clair, on n'a jamais vu en France - pas plus qu'ailleurs - un film pareil, qui allie description de la vie intérieure d'un homme et drame apocalyptique sur la fin du monde. Les seuls points de comparaison possibles sont des films qui, eux, étaient ratés, du "Nuit de chien" de Schroeter à "La possibilité d'une île" de Houellebecq. "Les derniers jours du monde" réussit là où les autres avaient échoué et c'est assez inexplicable.

Dès la scène d'exposition, le film parvient à créer un sentiment d'urgence, celui d'une fin imminente, qui invite au voyage, immobile ou non. Quand certains se lancent dans des périples impossibles pour tenter de sauver leur peau et d'échapper à l'apocalypse qui guette, d'autres préfèrent un surplace apparent, histoire d'attendre paisiblement et de faire le point. Robinson Laborde choisit l'une des options, puis l'autre. Il y a un temps pour tout : se remémorer la femme qu'on aime passionnément, puis se lancer à sa recherche. C'est dans cette dualité permanente qu'avance le film, une dualité que l'on retrouve également dans le style. À tout moment, une scène de dialogue a priori ordinaire peut se virer au bain de sang. Les lieux les plus respectables et classiques ne sont pas épargnés. La mort et la violence sont partout qui rodent, et seul le fait de suivre Robinson à la trace - jamais on ne quitte son point de vue - permet de ne pas sombrer dans l'hystérie collective.

La vie est une aventure, et c'est ainsi que la vit le héros, tombé en amour pour cette drôle de fille un peu garçonne, aux moeurs légères et à la disparition facile. Arnaud et Jean-Marie Larrieu ont réinventé le fantasme ultime et lui ont donné corps - longue vie à Omahyra Mota. Robinson la voit comme une façon de se reconstruire juste avant la mort, dans un éternel recommencement. Dans cette atmosphère inquiète, chacun se cherche à sa façon, sur le plan sexuel en particulier, d'où le côté débridé de nombreuses scènes. Mais le sexe a beau y être délectable, il est toujours empreint d'un véritable sentiment d'inquiétude : une fois encore, même entre les bras - ou les jambes - d'une personne qui nous séduit, le couperet reste au-dessus de notre gorge. C'est d'autant plus jouissif. "Les derniers jours du monde", c'est le monde vu comme une gigantesque backroom placée dans un abri antiatomique. Improbable, grinçant, indescriptible donc excitant.

On n'imagine sans doute pas le travail fourni par les frères Larrieu pour aboutir à un tel résultat. L'écriture est d'une finesse exquise et la mise en scène au cordeau, d'autant que des scènes d'action sont cette fois au programme. Un tir de roquette chez les Larrieu ! Pendant un moment, on croit rêver, puis on se pince, et c'est exactement ce que font les personnages, au bord du gouffre dans vraiment s'en rendre compte, puis soudain totalement conscients de ce qui leur arrive. C'est aussi beau que flippant. C'est surtout magistral. Et, mieux que tout, ça ne s'analyse pas. Ça se vit. On n'imaginait pas que le projet le plus audacieux du cinéma français de ce début de siècle émanerait de ces deux types à l'air affable. On s'était trompé.

Chef d'oeuvre !

Thomas Messias

 

2°)AVIS : CONTRE

A croire que le thème de l’apocalypse est à la mode, c’est désormais le cinéma français qui s’y colle avec les frères Larrieu et un casting qui va avec. Mais c’est surtout très loin d’être convaincant…

Le synopsis peut paraître plutôt intéressant, l’idée est originale, bien qu’étant adapté du roman de Dominique Noguez écrit en 1990. Pour interpréter ce Robinson, les frères Larrieu compte sur Mathieu Amalric, véritable pièce centrale du film, qui se dépense (se dénude) sans compter. Et il aura le droit de goûter à tout, aussi bien à Clotilde Hesme que Karine Viard, en passant par Catherine Frot, Omahyra Mota ou Sergi Lopez. Il faut croire que l’apocalypse donne certaines libertés dont va fortement bien s’accommoder notre cher Amalric. Car son périple va lui permettre tout cela, ayant pour but d’oublier ces échecs. Mais va t-il réellement réussir ?

Profitant de décors somptueux (Biarritz, la Sierra espagnole, le pays Basque ou encore Toulouse), les frères Larrieu concoctent un scénario qui au départ semble avoir du sens. Robinson écrit son histoire, l’image nous la montre à l’écran, et tout cela dans le but de faire le deuil du passé. Mais très rapidement, le scénario s’enlise dans des phases longues, contenant des dialogues alternant entre l’humour douteux (Karine Viard : « C’est fou ce qu’on baise quand ça ne va pas ») la recherche de l’émotion (encore faut-il qu’elle prenne).

Mais c’est surtout la longueur qui choque, c’est 2h10 d’ennui (pour une fois que je vais être d’accord avec Télérama). On s’éternise dans un processus d’apocalypse qui semble plus réaliste que du côté d’Hollywood, auquel on ne croit pas par moment, et puis on n’accroche pas assez aux sentiments de chacun des personnages. Nos puristes diront, « c’est bien mieux et plus recherchés, moins superficiel qu’à Hollywood », on peut l’accorder, mais encore faut-il ne pas s’ennuyer se prendre au jeu, et se dire qu’à la fin ce film à servi à quelque chose. Morale : avec la fin du monde en approche, libérez-vous de votre passé, soyez enfin libres !

Ennui et inégalité du scénario s’imposent devant l’originalité de l’apocalypse et d’une tragi-comédie romantique, servi par un casting prometteur mais peu convaincant, le tout servi en carte postale par le décor.

Christopher Ramoné

Dernière mise à jour : ( 22-08-2009 )
 
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