The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck avec Johnny Depp, Angelina Jolie, Paul Bettany.
Écrit par Marguerite Contrefée   
20-12-2010

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Sortie le 15 décembre 2010.

Crédits photographiques : Studio Canal.

Pour se remettre d'une rupture amoureuse, Frank, simple professeur de mathématiques, décide de faire un peu de tourisme en Europe. Dans le train qui l'emmène de Paris à Venise, une superbe femme, Élise, l'aborde et le séduit. Ce qui commence comme un coup de foudre dans une ville de rêve va vite se transformer en course-poursuite aussi énigmatique que dangereuse…

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1°)AVIS

Il arrive au cinéma étranger d'adapter et vite un film français. Bonne nouvelle pour notre cinéma hexagonal. Il produit de bons films avec des scénarios de qualité. Mauvaise nouvelle : il s'exporte mal. La réputation du cinéma français, austère, sérieux, la langue aussi, y sont sans doute pour quelque chose. En attendant que cela change (ou pas ....), pourquoi bouder notre plaisir de voir un autre bon film avec un parfum différent mais avec un goût tel que l'on a aimé.

C'est sans doute avec cette arrière pensée que le réalisateur allemand du sublime "La Vie des Autres" a cru pouvoir adapter le très bon "Anthony Zimmer" avec la superbe Sophie Marceau et le talentueux Yvan Attal. Le film était sobre, noir, prenant et jusqu'au bout on ne boudait pas son plaisir. Faits d'ellipses et de mystère, il laissait le spectateur se perdre et se délecter des courbes de son actrice principale. Hélas trois fois hélas ! Le remake comme on dit est aux antipodes de l'original. Le mystère est anéanti dès les premières scènes puisque toutes les explications sont données au fur et à mesure que l'intrigue avance. Le ton est proprement rdicule pour vouloir être humoristique et sérieux à la fois. Le jeu des acteurs est affligeant, les interprètes principaux en tête.

Il faut bien le dire, j'étais, dès le départ, dubitative quant au choix des acteurs. Je n'ai jamais trouvé l'osseuse Angélina Jolie bien nommée et j'ai tout de suite pensé que la demoiselle ferait pâle figure à côté de notre Sophie nationale. Eh bien, cette intuition fut malheureusement la bonne. L'américaine brille par sa maigreur, et un squelette en robe de soirée on fait mieux (sauf dans un film de burton évidemment...) Mais on pourrait oublier bien vite ce physique si la présence était magistrale. Cependant, le jeu est absent ou trop présent. Elle surjoue ue fille qui serait à ce point sublime qu'elle ferait tourner les têtes de tous les hommes. La déception est encore plus grande lorsque l'on se penche sur le cas de Johnny. Il est naturel en effet que plus l'acteur est bon, plus il se plante et plus cela fait de bruit. Or, il n'est rien de moins que demander à ce beau gosse mystérieux depuis toujours de jourer un mec normal. La prestation est à la hauteur du risque pris mais sans la réussite : on oscille entre Willy Wonka et le charmeur du "Chocolat" bref. Johnny Depp reste lui-même et passe complètement à côté du sujet.

Enfin, il apparaît nettement que le couple ne fonctionne pas du tout. On ne peut imaginer ces deux là ensemble au départ et encore moins à l'arrivée. In fine, le pseudo gentil semble plus intelligent que la tentatrice machiavélique. Ainsi, à l'execption du scénario, mais je le répète que le film vous gâche tout en vous en dévoilant toutes les ficèles, le ton ailleurs, des décors de carte postale et donc sans intérêt. On ressort avec un sublime sentiment de grostesque. L'interrogation est grande pour savoir comment un tel réalisateur a pu réaliser et diriger si médiocrement ses acteurs.

Comment, hormiis l'hypothèse de la commande pour un public américain, on a pu réaliser un tel film.... Bref, "The Tourist" ne vaudra  pas le détoiur même si vous vous perdez dans une salle de cinéma. Il n'a le goût que d'une mauvaise indigestion. Par ce temps de neige, restez plutôt chez vous à regarder en DVD le film français original en poussant un cocoricco nationaL

Marguerite Contrefée

 

2°)AVIS

Tout ça pour ça !

Il aura fallu Angelina Jolie et Johnny Depp pour resservir la soupe d'"Anthony Zimmer", le film refait selon une vision américaine. Un remake d'autant plus risqué qu'il s'agit d'un film à énigmes, à suspense dont on connaît déjà la fin, le début et l'entre-deux. Qui plus est en-deçà du film original.

A quoi bon recycler les failles du film français : une ambiance trop tranquille pour un tel genre cinématographique ; une confusion de personne dans le train qui manque d'être crédible au vu du dénouement final ; une femme qui ne reconnaît pas un homme qu'elle aime à sa seule voix. Le seul bon côté de ce remake est ce jeu de pistes so romantic, permis par ce jeu d'enveloppes à expéditeur-mystère, disséminées tout au long du film, et qui fait fantasmer Madame. Le remake n'a pas trouvé utile que de bonifier l'œuvre originale. Mais il la pare surtout d'un luxe vestimentaire et décoratif, d'une esthétique. L'esthétique au service de la forme cependant.

Quand "Anthony Zimmer" nourrit son fonds de scénario, au demeurant lourd, d'un cadre d'intrigue qui le rend plus pesant encore, "The Tourist" nous envoie de Paris à Venise, avec force de bling-bling. A tel point qu'on se demande si The Tourist n'est pas une carte postale de Venise et si les producteurs n'en ont pas trop fait dès le départ : Depp et Jolie au casting, la visite pour 8,40 euros de Venise depuis son meilleur hôtel jusqu'à son aéroport, quatre robes de grand couturier pour la seule Angelina Jolie, une montre en or (quelle marque ?) qui affiche l'heure dans l'interstice d'un gant, un cortège monstre de figurants sur des places publiques, wagon de train ou terrasses de restaurant ou bar, des balades en hors-bord pour Madame, un cocktail de chez « monsieur l'ambassadeur ». C'est simple il ne manquait que les masques de Loup pour pimenter encore plus cette recherche de l'homme mystère.

Ajoutez à cela des séquences d'action encore plus tranquilles que dans "Anthony Zimmer", et l'évaporation de la névrose affichée par Yvan Attal, et vous obtenez moins un thriller qu'un film commercial. Toutes les séquences sont en deçà de celles de l'original. Il était en outre inutile de creuser davantage, selon 20 minutes supplémentaires environ, la présence et la dualité entre le rôle féminin principal et le rôle-titre masculin. Il est évident que cela est lié à une mise en valeur des acteurs. Mais cela se fait au détriment de leur personnage : qui devaient se nourrir de la pénombre et non de la lumière accrue des lustres de diamants. La disparition durable de Sophie Marceau apportait au personnage interprété par Attal un certain cocktail de névroses, communicatives. Le spectateur, ici dans The Tourist, est tout simplement réduit à un consommateur, tandis qu'il subissait toute une atmosphère, lourde et pesante dans "Anthony Zimmer".

Dans l'ensemble, la direction des acteurs semble à la source de tout : on retrouve chez Johnny Depp et Angelina Jolie cette retenue qu'ils n'affichaient pour ainsi dire jamais. On voit très bien leur effacement au profit d'un ensemble rendu visible pendant le tournage par le réalisateur seulement. Florian Henckel van Donnersmarck avait d'ailleurs fait transpirer ce calcul, cette froideur chez ses interprètes déjà dans "La Vie des Autres". Dans un thriller, il s'agit de ne surtout pas retenir ses acteurs, au contraire il faut leur en demander plus. Ce travail n'a pas été fait. Dès le départ une erreur de producteurs, donc.

Frédéric Coulon

 

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"LES AVENTURIERS DES SALLES OBSCURES"

Dernière mise à jour : ( 22-12-2010 )