| Ma Mère de Christophe Honoré avec Isabelle Huppert, Louis Garrel, Emma de Caunes, Joana Preiss. |
| Écrit par Christophe Roussel | |
| 23-04-2012 | |
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Sortie le 19 mai 2004. Crédits photographiques : Gémini Films. Pierre, un adolescent de 17 ans, voue un amour aveugle à sa mère, laquelle n'est pas prête à assumer ce que son fils projette sur elle. Refusant d'être aimée pour ce qu'elle n'est pas, elle décide de rompre le mystère et de révéler sa vraie nature, celle d'une femme pour qui l'immoralité est devenue une addiction. Pierre va demander à être initié par elle à la débauche quitte à aller jusqu'au bout de jeux de plus en plus dangereux...
Adapter le roman de Georges Bataille s’avérait être une entreprise périlleuse, voire une bêtise totale. A la vision du second film de Christophe Honoré (après 17 fois Cécile Cassard en 2002), on peut sans peine dire que le cinéaste a perdu son pari. Le livre de Bataille n’est qu’abstraction et symboles, tenter de trouver une équivalence cinématographique le vide inévitablement de toute sa substance poétique et mythologique (Honoré aurait dû le savoir, lui-même est écrivain…). Ma mère (le film) se réduit donc à une succession de scènes dites scandaleuses où une mère (Isabelle Huppert) va plonger son fils Pierre (Louis Garrel) dans l’enfer du vice. Parties à plusieurs, viol, tortures, nuits sans issue enfumées et alcoolisées… Le programme a un air de déjà vu et on sait très vite que l’issue en sera fatale tant la chair est triste. Ici, la jouissance ne vient pas de l’acte lui-même mais du dégoût qu’il inspire et surtout du dégoût de soi. Alors qu’Honoré aurait pu choisir de suggérer, il décide de tout montrer de cette initiation perverse, privant le spectateur de tout mystère ou bien il privilégie le dialogue et les comédies s’enferment dans de longs tunnels soporifiques. Côté réalisation, Honoré n’est pas plus heureux. A l’instar des relations entre tous ces personnages complètement désincarnés et inintéressants, l’image est d’une laideur exemplaire. Usant du zoom comme un amateur n’oserait le faire, Honoré tente de filmer la chair au plus près, privilégiant les gros plans ou le plan séquence artistique (c’est du moins ce qu’il essaie de faire…). Pour couronner le tout, il a recours à des procédés assez naïfs comme utiliser l’Adagio pour cordes de Samuel Barber pour tenter d’imposer un côté tragique et lyrique à son film ou bien, tente la provocation en plaquant le standard pop Happy together sur les images de la mère morte. Mais rien n’y fait, son film reste un pensum prétentieux, une sorte de film porno intello, moche et toc dont l’unique intérêt reste les acteurs : l’immense Isabelle Huppert en tête bien sûr et Louis Garrel, déjà formidable dans l’attachant dernier film de Bertolucci, Innocents-The Dreamers, sorti dans l’indifférence quasi-générale en décembre dernier. Christophe Roussel |
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| Dernière mise à jour : ( 23-04-2012 ) |