| Whiteout de Dominic Sena avec Kate Beckinsale, Gabriel Macht, Tom Skerritt, Columbus Short. |
| Écrit par Thomas Messias | |
| 23-10-2009 | |
|
Sortie le 21 octobre 2009. Crédits photographiques : Studio Canal. L'Antarctique. L'endroit le plus froid et le plus isolé de la planète. La température peut chuter jusqu'à -85°C. Les vents grimpent à plus de 180 km par heure. L'U.S. Marshal Carrie Stetko est le seul agent en mission dans ce continent ou il ne se passe jamais rien. La routine est son quotidien. Dans trois jours, quand le soleil se couchera pour six mois d'hiver austral, Stetko devra quitter pour de bon l'Antarctique et pourra commencer une nouvelle vie. Mais, la découverte d'un mort dans ce no man's land plonge Stetko dans une mystérieuse affaire. Battu à mort et à des kilomètres du camp, ce cadavre est le premier homicide en Antarctique, et le premier vrai challenge de Stetko depuis longtemps. Son enquête implique rapidement l'Agent Spécial des Nation Unis Robert Pryce, envoyé pour la surveiller. Après un mortel coup de théâtre et la révélation d'un secret vieux de 60 ans, Stetko est prise pour cible. Pryce pourrait s'avérer être un puissant allier mais la résolution du meurtre ne semble pas être sa seule recherche...
Curieusement absent des écrans depuis le début du siècle, Dominic Sena semble avoir profité de cette longue pause pour apprendre la sagesse. Contrairement à ses précédents films, les très bourrins "60 secondes chrono" et "Opération espadon", "Whiteout" semble moins destiné à fournir au spectateur sa dose de testostérone et de beauferie qu'à tenter de développer une intrigue policière en prenant le temps pour le faire. Sans doute la différence tient-elle en partie au fait que le personnage est une femme qui, contrairement aux Angelina Jolie ou Halle Berry des autres films de Sena, n'est pas un faire-valoir à gros seins mais une véritable héroïne.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que Sena a perdu tous ses réflexes de vieux mâle : dès l'introduction, il nous livre une séquence de déshabillage et de douche aussi flatteuse pour les bas instincts qu'absolument inutile. Très heureusement, il se calme aussitôt et revient dans le droit chemin, pour mettre en place de façon claire et précise ce qui s'avère être un whodunit en Antarctique. Le déroulement de Whiteout est extrêmement classique, avec ses fausses pistes, ses meurtres à répétition et ses rebondissements tagada tsouin tsouin ; mais Sena s'en acquitte de façon très honorable, sans en faire trop côté action - les scènes étant disposées harmonieusement et jamais trop longues - et sans jamais perdre le fil rouge de son intrigue. Les vieux briscards rompus au genre risquent de deviner très tôt l'identité du coupable (sans mentir, dix minutes à peine), mais la trame est suffisamment bien menée pour qu'un doute subsiste jusqu'à un dénouement étonnamment sobre. En fait, "Whiteout" s'apprécie presque davantage pour sa propension à éviter le millier de pièges grossiers placés sur son chemin que pour ce qu'il montre à l'écran. C'est un polar lambda, sans défaut majeur ni atout exceptionnel.
On peut cependant regretter que le script n'aille pas plus loin dans son utilisation des paysages polaires et de ce fameux whiteout (l'instant où les conditions sont réunies pour provoquer désorientation spatiale et danger absolu) : si le climat occupe un rôle important dans plusieurs scènes d'action, la plus-value apportée au récit n'est pas assez flagrante. Avec un rien d'inventivité supplémentaire, Whiteout aurait sans doute pu tirer son épingle du jeu et exploiter mieux que cela son alléchant postulat de départ. Thomas Messias |
|
| Dernière mise à jour : ( 24-10-2009 ) |