16 décembre 2018
Interviews

Interview de Pierre Niney

Au départ qu’est-ce qui vous a intéressé dans le projet  de "Sauver ou périr" ?

J’ai trouvé le scénario bouleversant, et je l’ai relu à chaque fois avec la même émotion. Avant même d’approcher leur vécu, j’ai été très touché par ces destins de sapeurs-pompiers, de grands brûlés et de grands accidentés de la vie en général. Des gens pour qui tout bascule. Il y avait aussi dans le scénario une vraie dimension universelle et une question passionnante : après un accident, et quelle qu’en soit sa gravité, comment se relever ? Comment réapprendre à vivre ?


Aviez-vous vu le film « L’affaire SK1 » ?

J’avais vu le film et je l’avais beaucoup aimé. Mais je savais qu’avec ce scénario, tellement différent de "L’Affaire SK1", Frédéric et moi allions tous les deux explorer quelque chose de nouveau et d’extrêmement fort. Et c’est aussi ce qui m’a séduit. Nous sentions qu’il y avait dans cette histoire comme une promesse, et qu’une fois ce film terminé, nous serions des êtres différents. Pour me préparer, il me fallait passer beaucoup de temps avec les pompiers, avec les grands brûlés, avec les médecins et les infirmières de l’hôpital Saint-Louis et du Centre de Réadaptation de Coubert. On ne sort pas indemne de ce genre de voyage : c’est rude, intense, poignant.

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Pierre Niney incarne un pompier de Paris

Justement, comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?

La préparation physique a été très importante : je voulais m’étoffer, changer de silhouette et faire ce que fait vraiment un pompier de Paris. Pour y parvenir, il n’y avait rien de mieux que de vivre avec eux à la caserne et d’être en immersion totale à la brigade des sapeurs-pompiers ! J’ai donc participé à la fameuse montée de planches, aux montées de cordes, au port du matériel, à l’entraînement quotidien…

J’ai aussi travaillé avec un coach sportif et une nutritionniste : j’ai pris près de 9kg en muscles pour la première partie du film. Que je devais ensuite perdre le plus vite possible pour incarner l’après-accident. C’était un réel challenge physique. Je devais stopper nette la musculation et je ne buvais plus que des jus, pendant un mois et demi ! Mais pour les deux parties du film je voulais faire ces transformations : changer mon corps, ma démarche, ma manière de porter les vêtements… pour être au plus près du personnage.

J’ai aussi passé du temps avec les pompiers en interventions et je les ai accompagnés de nuit dans le camion. Au cours de ces interventions, j’ai été confronté à beaucoup de choses et de situations qui m’ont profondément marqué… et que ces pompiers affrontent depuis qu’ils ont 18 ans (voire moins) : un dépressif qui menace de se jeter de son balcon, une overdose, un accidenté de la route etc.

Je devais appréhender tous ces événements graves qui sont leur quotidien. Mais j’ai été fasciné par leur lucidité sur ce qui prime dans la vie, et par ce contraste saisissant, dont nous parlons dans le film, entre leur grande jeunesse et cette réelle maturité.


Vous êtes-vous documenté sur les grands brûlés ? En avez-vous côtoyés ?

Oui, l’autre partie de ma préparation a consisté à passer du temps au service des grands brûlés à l’hôpital Coubert et à l’hôpital Saint-Louis. Là, j’ai rencontré le Professeur Mimoun, spécialiste des grands brûlés et des greffes. Mon passage dans son service a été un moment très fort, un autre bouleversement. J’y ai bien sûr appris énormément de choses sur les grands brûlés mais j’ai aussi découvert ces héros anonymes dont on parle peu : les accompagnants, les infirmières, les médecins. Ce que j’aime aussi dans ce film, c’est qu’il rend hommage à toutes ces personnes qui tentent de relever ceux qui sont tombés.


C’était éprouvant ?

Oui, très éprouvant… avant même de débuter le tournage, j’étais dans un état psychologique particulier. J’avais expérimenté quelque chose d’intense qui m’avait nourri : de ce point de vue-là c’est de loin le tournage le plus passionnant que j’ai vécu.

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Pierre Niney et Anaïs Demoustier.

Comment se sont passés vos rapports avec Anaïs Demoustier ?

Nous nous étions croisés brièvement sur "Les Neiges du Kilimandjaro" de Robert Guédiguian et j’avais très envie de tourner avec elle « pour de vrai » (nous échangions une réplique chez Guédiguian). Nous partageons le même humour, la même sensibilité, nous nous comprenons très bien. La relation de couple entre nos personnages était là dès le premier jour, dans l’intimité et la simplicité.

Le jeu d’Anaïs me touche beaucoup. Et nous étions tous les deux bouleversés par cette histoire, ces destins, et chargés du vécu de ceux que nous avions rencontrés. J’avais en moi le poids de l’histoire d’un ancien pompier victime d’un accident similaire. Un homme remarquable qui m’a énormément inspiré.


Comment Fréderic Tellier vous a-t-il dirigé ?

Dès notre rencontre, puis à la lecture du scénario, j’ai perçu sa grande sensibilité. Frédéric est très à l’écoute et très humain, il a un immense respect pour les acteurs. Il nous dirige en nous laissant une grande place et une vraie responsabilité.

Nous avons beaucoup discuté et travaillé en amont, si bien que sur le plateau tout allait vite, nous nous comprenions, je connaissais Franck, et une confiance mutuelle nous permettait d’aller à l’essentiel de la scène. Frédéric reste toujours concentré sur l’enjeu et l’histoire qu’il veut raconter. Il n’y a pas de question d’ego, ni rien qui parasite le travail : nous étions tendus vers la narration d’une histoire violente, belle, dure, et pleine d’espoir.


Propos extraits du dossier de presse du film.


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