19 novembre 2018
Interviews

Rencontre avec Patrick Duffy

Rencontre avec Patrick DUFFY : Bobby dans la vie !


Des nouvelles séries du monde entier, des invités prestigieux comme Chris Brancato (Narcos), Carlton Cuse (Lost, Bates Motel), Sofa Hellin (Brön). Mais devinez qui rencontre le plus de ferveur populaire ? Patrick Duffy ! Depuis quatre décennies, ce sympathique acteur américain a marqué le public français dans le rôle de Bobby Ewing dans « DALLAS », grande saga familiale pétrolière diffusée dès 1981 sur TF1. Deux ans auparavant, toute une jeune génération de spectateurs l'avait déjà adoré dans la peau de Mark Harris dans « L'homme de l'Atlantide » (1977/78, 1 saison, 17 épisodes de 50'). A l'occasion des 40 ans de DALLAS aux Etats-Unis, diffusé sur CBS le 2 avril 1978, Patrick Duffy a rencontré le public le mercredi 2 mai au complexe UGC Ciné Cité du centre de Lille. Cette rencontre exceptionnelle, animée avec talent par notre confrère Alexandre Letren (Radio VL), a été l'occasion de revenir sur les moments forts de la carrière de Patrick Duffy, pendant 1h10 d'anecdotes passionnantes.

Coiffé les cheveux en arrière, arborant une petite queue de cheval, Patrick Duffy impressionne par son physique athlétique (1m88), ensuite par sa douceur et sa joie de vivre. A bientôt 70 ans, l'acteur rayonne de bonne humeur, prenant visiblement beaucoup de plaisir à rencontrer son public qui le lui rend bien d'ailleurs. « Quand j'ai commencé dans le métier, j'ai eu un tout petit rôle dans la série SWITCH avec Robert Wagner. Et c'est grâce à Ruth Conforti, agent artistique à qui j'avais laissé ma photo, que j'ai pu ensuite décrocher L'HOMME DE L'ATLANTIDE. Elle était chez elle et m'a vu dans l'épisode et m'a rappelé. Je luis dois tellement, je ne l'oublierais jamais. » Comment a-t-il obtenu le rôle ? « Au départ, la chaîne NBC ne me voulait pas car elle trouvait que j'étais trop maigre. Je devais m'entraîner pour gagner en masse musculaire mais n'avais plus assez de temps. Alors, le maquilleur Fred Philips (qui a conçu les oreilles de Spock dans STAR TREK) m'a construit des prothèses en latex pour les bras et la poitrine pour que j'ai l'air plus costaud. Et je suis allé à l'audition, marchant devant les responsables de la chaîne, avec les prothèses sous mes vêtements, pour les convaincre que j'étais l'homme taillé pour le rôle. »

La rencontre publique était évidemment entrecoupée d'extraits de ses séries les plus connues. La première scène présentée était celle où le Docteur Elizabeth Merrill plonge le corps de Mark dans l'eau, afin de le ramener à la vie, au début du pilote de « L'homme de l'Atlantide ». L'occasion de revenir sur une anecdote de tournage : « Quand nous avons tourné la scène à Santa Monica, l'eau était glacée. Mes partenaires portaient une combinaison de plongeur sous leurs vêtements mais pas moi. J'ai dû apprendre à contrôler mon corps pour ne pas avoir l'air de greloter. C'était très dur. » A la question de savoir pourquoi il nageait en ondulant avec son corps, Patrick Duffy expliqua avec beaucoup d'humour : « Au départ, les producteurs voulaient que je nage comme les poissons mais les os du corps humain ne sont pas faits pour bouger de la sorte. Le responsable des cascades a inventé cette nage qui est la plus lente au monde, une tortue morte nage plus vite ! Pour la scène où je dois suivre le sous-marin avec les portes qui se referment, cela a été tourné avec une seule caméra. Comme je portais les lentilles pour avoir les yeux verts, je ne voyais rien. Comme je suis arrivé en nageant trop lentement, mon corps a heurté la paroi et j'ai presque perdu connaissance. Les plongueurs m'ont remonté à la surface et on a recommencé la scène jusqu'à ce qu'elle soit bonne. »

La rencontre s'est ensuite portée sur DALLAS (1978/91, 14 saisons, 356 épisodes de 50') avec la diffusion du thème original de Jerrold Immel, différent du thème français bien connu. Patrick Duffy a demandé au public s'il n'avait pas remarqué quelque chose qui manquait dans le générique. « Il manque Linda Gray et Ken Kercheval, ils ne sont pas dans le tout premier générique alors qu'ils sont devenus des personnages centraux dans la série par la suite. Le ranch n'est pas le même non plus, on a changé de ranch après. » C'était également la première fois qu'une équipe d'Hollywood revenait tourner au Texas, 15 ans après l'assassinat du Président Kennedy en 1963. « Au départ, les gens de Dallas étaient méfiants, ils ne savaient pas ce qu'on allait tourner et ne voulaient pas qu'on aille dans leurs maisons, ils avaient peur qu'on fasse revenir l'image de la tragédie avec Kennedy. A l'occasion des 40 ans de la série, la ville de DALLAS nous a remercié car nous avons complètement changé la vision des gens par rapport à cette ville et ce, dans le monde entier. C'est devenu la 3ème ville la plus populaire aux Etats-Unis. »

Lors de la distribution des rôles, Patrick Duffy n'a pas dû auditioner pour obtenir le rôle de Bobby, ni pour un autre personnage. Steve Kanaly (Ray Krebbs) et Ken Kercheval (Cliff Barnes) s'étaient montrés intéressés par le rôle de Bobby avant de se rétracter. Leonard Katzman, le producteur de la série, est intervenu en déclarant que le rôle de Bobby était pour Patrick Duffy. Par un heureux hasard, Ruth Conforti, l'agent artistique qui avait permis à l'acteur de décrocher son rôle dans « L'homme de l'Atlantide », s'occupait également de la distribution des seconds rôles. C'est à nouveau elle qui a fait engager Linda Gray (Sue Ellen). « Au départ, la série faisait penser à une sorte de Roméo et Juliette moderne et quand Larry Hagman est apparu à l'écran, son personnage a tellement plu au public que la série s'est centrée sur lui. Sans son interprétation, on aurait été annulés au bout de deux ans et on aurait dû chercher un nouveau travail. » Bobby était gentil et devait toujours réparer les mauvais tours de J.R. « On a eu énormément de plaisir à travailler ensemble avec Larry Hagman qui est devenu un grand ami par la suite. »

A la question de savoir si la série était devenue intéressante à suivre quand Sue Ellen est tombée enceinte, Patrick Duffy se souvient : « Il n'y avait pas de fin au bout des 5 premiers épisodes. Je n'avais jamais vu ça, tourner dans une série où on ne sait pas ce que va devenir son personnage dans le prochain épisode. Pour nous tous, c'était vraiment intrigant. Linday Gray se disait : « Oh mon dieu, je suis soûle et je tombe enceinte alors que j'étais Miss Texas dans l'épisode précédent ! » Et moi, je tournais les pages du scénario en me disant : « Oh je suis de nouveau le gentil, page suivante, je suis de nouveau le gentil ! » C'était super d'être le bon pendant 13 ans. »

Projection de la scène d'un épisode de DALLAS où Bobby décide de quitter le ranch de Southfork et l'annonce à sa mère Ellie, joué par Barbara Bel Geddes. Applaudissements du public. « Barbara Bel Geddes avait une profondeur dans son jeu de comédienne. Quand elle me demande pourquoi, c'est 50 ans d'expérience d'actrice dans un seul mot. » Visiblement très ému, Patrick Duffy pleura. Il aimait la comédienne comme sa mère, toujours touché par sa disparition (décédée d'un cancer du poumon en 2005 à 82 ans).

Autre grand moment, le fameux épisode au suspense insoutenable où tout le monde voualit savoir « Qui a tiré sur J.R. ? » : « La chaîne a demandé aux producteurs de DALLAS de faire plus d'épisodes mais ils avaient déjà bouclé la saison. Ils se sont donc réunis avec les scénaristes et ont décidé qu'il fallait tirer sur J.R. Mais il fallait connaître le coupable. Oh cela n'a pas d'importance, on y réfléchira pendant l'été, a lancé un des scénaristes. Puis la série s'est arrêtée pendant les 3 mois de vacances. C'est alors qu'il y a eu une grève des acteurs qui a duré 3 mois. Et l'excitation a grandi, c'était devenu la question sur toutes les lèvres dans le monde entier. Conclusion, le public a dû attendre 6 mois avant de connaître l'identité du tireur. En dehors des scénaristes, la seule qui connaissait ce secret bien gardé était Linda Gray car elle avait tourné la scène face au tireur en disant : « C'était toi Kristin. » La distribution de la série était la dernière à savoir qui avait tiré sur J.R., la production avait loué un restaurant pour diffuser l'épisode sur cassette. C'est le pilote dans l'avion qui nous y conduisait qui nous l'a dit au micro ! »

DALLAS était-elle une série républicaine ou démocrate ? « Nous n'avons jamais voté sur rien. Républicain ou démocrate, cela dépend de quel membre de la famille dont vous parlez. On peut dire que J.R. serait plutôt républicain vu sa manière d'agir tandis que Bobby serait plutôt démocrate. Cela dépend du personnage et de ce pourquoi il se battait. Nous avons essayé d'éviter les questions politiques mais DALLAS avait du succès en raison du climat politique à l'époque avec l'embargo pétrolier, Ronald Reagan était le Président, la réalité renvoyait à ce monde de riches et de cowboys. Au départ, quand le créateur David Jacobs a vendu la série à CBS, il parla de maisons au bout d'une rue en cul-de-sac avec des voisins qui sont amis les uns avec les autres. CBS trouvait cela ennuyeux et Jacobs a menti en rajoutant le pétrole et les riches pour créer DALLAS. Quand celle-ci a eu du succès, Jacobs est revenu deux ans plus tard avec « Côte Ouest » (Knots Landing) qui était l'idée de base. Gary, un des frères Ewing, habitera dans le cul-de-sac. »

Projection de la scène où Bobby meurt à la fin de la saison 7, puis de la scène où Pamela se réveille et découvre Bobby sous la douche : « Quelle belle scène pour mourir, tout acteur rêve de ça ! Nous nous entendions tous très bien dans la distribution et la mort de Bobby a été très intense émotionnellement pour mes partenaires à l'écran. Pas pour ma femme qui m'attendait puisqu'après la scène, nous allions dîner. Vu l'intensité de l'émotion, Leonard Katzman n'a pas dit « Coupez ! » et l'équipe technique se demandait quoi. Quand l'appareil de monitoring a fait « bip » et qu'on voit le sursaut de Pamela, j'ai trouvé ça brillant. Tout comme quand Bobby dit à Pamela et au personnage de Priscilla Presley : « Nous avons perdu tellement de temps. » C'était à dessein que Leonard Katzman l'avait fait car le public ne savait pas quelle femme Bobby a aimé à la fin de sa vie. C'était super à faire. Pour la scène de la douche, vous avez remarqué qu'on ne voit jamais Victoria (Pamela) et moi dans le même plan. J'avais fait une publicité pour un savon « Irish Spring Soap », on l'a refaite plusieurs fois car on ne voyait pas bien la marque. Et puis la scène a été rajoutée dans l'épisode. »

Quand Patrick Duffy a décidé de quitter la série pour finalement revenir un an plus tard, a-t-il eu des exigences ? « Je n'ai jamais eu d'exigences, j'ai demandé une loge pour me changer. Je voulais juste jouer à nouveau avec mes amis. Les seules exigences quand j'ai quitté la série, c'était d'avoir une belle mort où je jouais le héros qui sauvait Pamela. On l'a fait et j'était satisfait. Ensuite, le producteur Leonard Katzman a quitté la série en même temps que moi et puis il est revenu, à nouveau en même temps que moi. Pour lui, je ne pouvais pas gagner en étant juste le gentil, je devais me battre avec la même intensité que J.R. Il a donc revu le personnage pour l'élever à un meilleur niveau. En tant que producteur, je n'ai d'exigences sur rien, sauf que j'espère que ma partenaire féminine ne fume pas. C'était tout. »

Quel était le moment favori de Patrick Duffy dans la série DALLAS ? Pour Alexandre Letren, animateur de la rencontre, c'est le moment où Bobby et April vont à Paris au début de la dernière saison. « Si cela se passe en France, j'ai intérêt à ce que ce soit mon moment favori en France ! Même si ma femme vient avec une mitraillette pendant notre lune de miel ! » lance Patrick Duffy avec panache et humour. « Pour moi, c'est la saga continue de cette famille, j'aime certains moments comme celui où Bobby demande à Pamela de se marier à nouveau. Ou celui où Bobby et J.R. sont enfermés dans un ascenseur avec une caisse de vin. C'était une sorte de montagnes russes et j'aimais même des histoires dans lesquelles je n'étais pas impliqué comme quand Linda Gray développa son histoire d'alcoolisme. Elle n'était que la brunette sur le sofa et c'est elle qui a développé tout son personnage à partir de pas grand-chose. »

Par rapport au tout dernier épisode de DALLAS et son cliffhanger, qu'en pensa Patrick Duffy ? « J'ai trouvé que c'était le plus mauvais épisode que j'ai vu de ma vie, toutes séries confondues ! Je rigole car c'était marrant de travailler avec mes partenaires dont Joel Grey, le fameux Monsieur Broadway, une icône. Le scénario allait trop loin, c'était pire que la scène de la douche. C'était une époque dingue, on ne savait pas si on allait revenir et il était temps d'arrêter, d'aller de l'avant. La boucle a été bouclée quand Bobby et Pamela arrivent en Mercedes et je porte une veste en cuir. La même scène a été tournée 13 ans plus tard avec la même veste de cuir pour commencer et finir la série sur ces deux personnages, c'était le souhait du producteur Leonard Katzman. »

Extrait du générique de NOTRE BELLE FAMILLE (Step by step), la sitcom familiale que Patrick Duffy a commencé juste après DALLAS (1991 à 1998, 7 saisons, 160 épisodes de 30 minutes). « Un des enfants qu'on sortait de la voiture n'est jamais revenu tourner avec nous, on a dû le remplacer. De même, on n'a jamais été sur un roller coaster, c'était dans un studio avec un fond d'écran, puis dans un parc se trouvant dans un désert. Tout était faux dans ce générique. Après 13 ans de super boulot avec Larry Hagman, mon meilleur ami jusqu'à sa mort ; j'ai eu de la chance avec Suzanne Somers, ma femme dans la série qui est devenue mon nouveau Larry Hagman. Je suis fière des actrices qui jouaient les filles car elles ont toutes bien réussi dans la vie, devenues productrices ou avocates. Elles m'écrivent encore des cartes pour la fête des pères. »

Extrait de la parodie de la scène de douche de DALLAS dans un épisode du dessin animé LES GRIFFIN (FAMILY GUY) avec le retour de Bobby Ewing, puis du soap AMOUR, GLOIRE ET BEAUTE où Patrick Duffy jouait Stephen Logan en 2011 : « Je n'arrive pas à arrêter de faire des soap opera, hein ? Seth McFarlane était dingue de DALLAS et nous a demandé à Victoria et moi si on acceptait de faire la parodie pour LES GRIFFIN et on s'est bien amusés. « Amour, Gloire et Beauté », c'était la chose la plus difficile à faire dans ma carrière. Sur DALLAS, on tourne 3 pages de dialogues par jour, parfois 6 à 8 pages. Sur le soap, c'est 25 à 35 pages de dialogues par jour ! Je devais me concentrer et bien connaître mes dialogues pour ne pas rater les prises de vue car on a droit qu'à une prise. Cela m'a fait du bien car sur des séries comme DALLAS, on devient un peu fainéant en allant à sa roulotte, puis on dîne, puis on revient tourner 2 lignes, tout le monde vous dit que vous êtes formidable, puis on retourne à sa roulotte et on rentre à la maison. Cela m'a réveillé, c'était une expérience qui m'a rappelé l'humilité et très enrichissante sur le plan personnel. Ceux qui pensent que les soap operas, cela ne vaut pas grand-chose, venez voir comment ils travaillent dur sur une journée et vous changerez d'avis. »

Il y a eu des rumeurs quant à la sortie d'un film de DALLAS avec Bruce Willis dans le rôle de J.R. avec Jennifer LOPEZ en Sue Ellen mais fianlement, la série est revenue sous forme de reboot en 2012 sur TNT : « Je voulais que Woody Allen joue Bobby ! (Rires) Chaque fois que je pensais à Larry Hagman, je souriais. On a eu tellement de bons moments ensemble, on allait pêcher, manger. A la fin, il avait le cancer et il m'a dit que tourner avec ses amis, c'était ce que la vie avait de plus beau à lui offrir. Il est mort pendant qu'on tournait le reboot. La scène la plus difficile à tourner était celle des funérailles car Linda et Larry ont partagé une telle histoire tumultueuse à l'écran, c'était très dur à tourner pour elle et c'était une des meilleures performances. Je pense tout le temps à Larry en train de sourire. »

Extrait d'une scène du reboot de DALLAS, avec Ken Kercheval (Cliff Barnes) qui vient faire un esclandre pendant la veillée funéraire de J.R. Alexandre Letren demande si le public a noté ce qui cloche dans la scène : dans la scène, on voit Gary Ewing (Ted Schackelford) de « Côte Ouest » alors que la résurrection de Bobby n'a jamais eu lieu dans le spin-off ; David Jacobs l'a toujours refusé. « Bobby est resté mort et Gary ne l'a pas remarqué. On n'en a pas discuté. Ce qui est bien dans cette série, c'est que les personnages reviennent avec pour mot d'ordre : ne dites rien, personne ne va rien remarquer. »

Quels étaient les meilleurs moments de sa carrière ? Patrick Duffy : « Quand je suis revenu sous la douche car quitter DALLAS, très honnêtement, était la pire décision que j'ai prise. Quand je suis revenu dans la série, je suis revenu dans une meilleure position que quand je l'ai quitté. Ensuite, c'était le jour où j'ai appris que j'avais le rôle de Mark Harris dans L'HOMME DE L'ATLANTIDE. J'étais charpentier et réparais un bateau à San Pedro quand j'ai reçu un coup de fil de NBC m'annonçant que j'avais le rôle. Je passais de 4 $ de l'heure pour devenir une star, c'était incroyable. »

Questions du public :

  1. Auriez-vous aimé avoir le rôle de J.R. ? « Non car je n'aurais pas pu le jouer comme Larry Hagman l'a fait et c'est la raison du succès de DALLAS durant 13 ans. Tous les acteurs ont eu leur carrière bien établie avec DALLAS, y compris Jim Davis (Jock) qui avait fait 200 films et Barbara Bel Geddes (Miss Ellie) qui avait joué avec Hitchcock et était amie avec Tennesse Williams. Par rapport à Bobby, j'aurais aimé avoir son argent mais Bobby aurait aimé avoir ma femme dans la vie. C'est la différence. »
  1. Est-ce qu'il y a des séries actuelles dans lesquelles vous aimeriez apparaître ? « Si vous produisez une série, je veux bien jouer dedans. Vous ne produisez pas de série ? Je ne veux pas vous parler ! (Rires) J'adore travailler, l'atmosphère sur un plateau de tournage, la manière de travailler sur un plateau, y compris réaliser, est le moment le plus joyeux sur le plan professionnel pour moi, je peux aller n'importe où et faire n'importe quoi. Ecrivez quelque chose et je serais dedans. »
  1. Est-ce que vous viendrez jouer en France comme l'a fait Antonio Fargas (Huggy les bons tuyaux) dans un épisode de CHERIF : « Oui, absolument, je ne dois pas rentrer chez moi pour dimanche, je peux rester ici. DALLAS a été très populaire partout en Allemagne, Italie, Angleterre, ... Personne dans ces pays ne m'a jamais proposé de rôles. Invitez-moi ! Maintenant, la télévision est devenue sans frontières et c'est ce qui est beau dans l'art, cela change rapidement, cela s'étend et j'aimerais le voir si je vis assez longtemps. »

Une fan prend le micro et dit à Patrick Duffy qu'elle l'avait vu à Mirande en 2011 et qu'elle est très heureuse d'être là. Patrick Duffy monte dans le public l'embrasser. Tout le monde applaudit chaleureusement, la salle est remplie de joie. Patrick Duffy remercie tout le monde d'être fan de ses séries depuis toutes ces années : « Cela me touche en plein cœur et j'apprécie énormément. »

Le lendemain, jeudi 3 mai, Patrick Duffy a présenté au public sa carte blanche, soit les deux pilotes de DALLAS (50') et L'HOMME DE L'ATLANTIDE (90'), toujours au complexe UGC, en présence d'un public ultra-fan et toujours nombreux. « Je n'ai pas vu l'épisode pilote de DALLAS depuis 25 ans, c'est la raison un peu égoïste pour laquelle je vous le montre. Quand une série dure aussi longtemps que DALLAS, c'est intéressant de voir le début, comment tout a commencé, c'est la graine qui a donné lieu à toute la suite, pour comprendre ce qui s'est passé. Le début de DALLAS, c'est Bobby qui a épousé Pamela et la ramène à la maison. Et ensuite, L'HOMME DE L'ATLANTIDE est important car cela a forgé le début de toute ma carrière professionnelle. Je venais de nulle part et j'ai eu le rôle. Dans DALLAS, j'ai appris ce qu'un acteur devait faire, comment se comporter avec son équipe, ses partenaires. Etre le premier arrivé, le dernier parti, faire peu d'erreurs heureusement. Tandis que L'HOMME DE L'ATLANTIDE, c'était des expériences où c'était compliqué et où j'ai souvent frôlé la mort. »

Animateur de la séance, Alexandre LETREN rappelle qu'il y avait d'autres super-héros comme Wonder Woman, L'incroyable Hulk, L'homme qui valait 3 milliards à l'écran, à la même époque, au milieu des années 70. Est-ce que Patrick Duffy voit Mark Harris comme un cousin éloigné d'AQUAMAN ? « Vous parliez de Wonder Woman et justement, avec Linda Carter de la série, on est devenu bons amis. Nous étions un petit groupe de super-héros à la télé : Wonder Woman, L'homme qui valait 3 milliards, L'homme de l'Atlantide, L'incroyable Hulk, sans effets spéciaux mais avec énormément de travail derrière. »

Le début de l'histoire de DALLAS court sur 5 épisodes. Est-il vrai que le créateur David Jacobs voulait tuer Bobby au bout du 5ème épisode ? Patrick Duffy fait semblant de pleurer (rires) et répond : « Oui. Dans le 5ème épisode, Bobby devait mourir et dans l'esprit de David Jacobs, Pamela restait au ranch et se battait contre les Ewing. Le producteur Leonard Katzman a discuté avec le directeur exécutif de CBS et leur a demandé : Pourquoi Pamela reste au ranch ? Parce qu'elle se bat avec J.R., etc. Il a répété la question : Pourquoi Pamela reste au ranch ? Elle a hérité de 100 millions de dollars, elle peut habiter le meilleur appartement de Dallas en ville. Et là, un des cadres de la chaîne a répondu : Peut-être que Bobby ne va pas mourir ? Et cela a sauvé ma carrière ! (Rires) ».

Autre scène importante du pilote : la scène entre Ray Krebbs et Lucy dans la grange. Or, quelques épisodes plus loin, Ray est devenu le frère caché de Bobby et donc le tonton de Lucy. Cela a-t-il été difficile à gérer ? « David Jacobs n'avait pas prévu que Ray devienne un Ewing au début. En dvd, ces scènes ont été coupées. Ce serait chouette si dans nos vies, on pouvait faire ça et couper les erreurs qui ne nous conviennent pas et tout irait bien dans nos vies avec des mariages heureux et des enfants qui ne fuguent pas. »

Autre moment fort concernant les parents Jock et Miss Ellie dans DALLAS. A partir de quand Patrick Duffy a senti qu'il y avait un lien particulier entre eux et lui ? « Jim Davis jouait mon père et dès le premier jour de tournage, il ne m'a jamais appelé par mon prénom Patrick et je l'appelais « Papa ». Il a perdu une fille dans un accident et il a senti que toute la distribution de la série était comme sa nouvelle famille. Avec Barbara, c'était parfois Maman ou Barbara. Mais avec Jim Davis, il disait Bobby avec sa grosse voix et moi, Papa. » Patrick Duffy dit à la traductrice de faire comme Jim Davis en imitant sa grosse voix qui dit « Bobby ! » (Rires).

L'an prochain, le film AQUAMAN sort sur les écrans avec Jason Momoa. Les producteurs du film ont-ils contacté Patrick Duffy pour faire une apparition en tant que vedette invitée : « Non parce qu'Aquaman fait partie de l'écurie DC Comics et L'homme de l'Atlantide de Marvel. Quand vous regarderez le pilote de L'HOMME DE L'ATLANTIDE, je vous invite à faire un petit test et à retenir votre respiration car cela a été tourné avec une seule caméra et voir combien de temps vous pouvez retenir votre souffle comme lui. »

Le public applaudit chaleureusement. Il faut souligner la qualité d'image exceptionnelle, remastérisée de L'HOMME DE L'ATLANTIDE, une copie aux couleurs éclatantes et d'une netteté épatante. Un grand moment sur grand écran pour un téléfilm pilote résistant bien à l'épreuve du temps. Merci Patrick Duffy pour tous ces grands moments de chaleur humaine passés ensemble et pour votre générosité, votre sincérité. Un grand professionnel doublé d'un bel être humain.

 

Emmanuel FRANCQ