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Sortie le 31 janvier 2001. Crédits photographiques : Metropolitan Filmexport.
1789 : la Révolution française bat son plein, le vieux Marquis d'Apcher se souvient de l'hiver 1766 qui a vu débarquer chez son grand-père le Chevalier Grégoire de Fronsac. A l'époque, le Gévaudan est ravagé depuis déjà deux ans par une bête terrifiante et mystérieuse qui tue sauvagement les paysans qui tombent sous ses griffes. Pour élucider le mystère entourant cette créature, le roi envoie sur place le naturaliste de Fronsac. Avec son ami Mani, un indien revenu avec lui d'Amérique, le chevalier s'installe chez le vieux Marquis d'Apcher. Guidés par son petit-fils, ils font la connaissance des personnalités locales dont la séduisante Marianne de Morangias et son étrange frère. Malgré les efforts des chasseurs et l'organisation de grandes battues, la bête ne semble pas vouloir se laisser prendre ou étudier et le roi finit par envoyer sur place son lieutenant des chasses.
1°)AVIS Evènement annoncé et attendu depuis déjà plusieurs mois, "Le pacte des loups" avait de quoi séduire : casting impressionnant mélangeant toutes les générations du cinéma, scénario historico-fantastique mêlant aventures de cape et d'épées et scènes d'action virevoltantes, budgets impressionnant et acteurs de choix, le tout placé sous la direction d'un cinéphile amateur de films de genre et de belles images… Christophe Gans a fait d'indéniables progrès depuis "Crying Freeman", très beau film construit sur un scénario bancal : non content d'être rempli de très belles images, "Le pacte des loups" s'appuie sur une histoire reativement bien ficelée même si les plus perspicaces auront tôt fait de découvrir le fin mot de l'histoire (N.D.L.R. : le titre recèle un indice de taille...). A l'instar des récents "Sleepy Hollow" de Tim Burton ou "Tigre et Dragon" de Ang Lee, le film ressemble fort à l'hommage d'un réalisateur aux histoires qui ont bercé sa jeunesse : séduisantes princesses, cruels gredins, héros courageux, acolytes loyaux, sombre secret, monstre effrayant, coups de théâtre, batailles, duels; autant d'ingrédients que Gans marient plutôt bien. Ces références incessantes et ces hommages appuyés ont pourtant un inconvénient, celui de faire du film un fourre-tout certes magnifique mais sans réelle ligne conductrice. On passe de l'histoire d'amour au combat d'arts martiaux presque sans transition avant de replonger aussitôt dans un climat d'inquiétude et de mystère. Fort heureusement, dans chacun de ces domaines, le réalisateur en cinéphile averti s'en tire avec les honneurs soutenu en cela par des acteurs tous très bien dans leur rôle au premier rang desquels un Samuel Le Bihan à la fois familier et surprenant (mention spéciale à l'exotique Mark Dacascos qui compose un personnage d'indien taciturne de toute beauté). Pour toutes ces qualités on pardonnera à Christophe Gans d'avoir cédé à quelques clichés esthétiques à la mode (notamment les ralentis incessants et agaçants à force de répétition). Pourtant, au-delà de toutes ses qualités visuelles et narratives, le grand mérite de ce film c'est avant tout d'être français, Gans prouve ainsi de belle manière que lorsqu'il s'en donne les moyens, le cinéma français est capable de concurrencer le cinéma américain sur son terrain. Guillaume Branquart 2°)AVIS On l’attendait depuis un moment le nouveau film de Christophe Gans. Après avoir annoncé un film consacré au capitaine Némo, dans lequel aurait du jouer Ralph Fiennes, il se rabat sur un projet plus ambitieux, et surtout jamais traité au cinéma. La légende de la bête du Gévaudan, aspect du patrimoine bien français qui n’avait en effet pas encore vraiment intéressé les scénaristes, malgré l’aspect fantastique de l’histoire. Ceci est réparé puisque, 5 ans après « Crying Freeman », le cinéaste et cinéphile qu’est Christophe Gans nous livre ici une réalisation fort plaisante à regarder. Sa technique s’est largement améliorée et vous pourrez voir de splendides images de paysages. Par contre, les combats d’arts martiaux, et oui d’arts martiaux, ont l’air moins découpés que dans sa précédente réalisation. Ils sont de ce fait trop rapides, et le spectateur en appréciera moins la chorégraphie. Au-delà de cet aspect, ce film n’est exempt de défaut. Quelques longueurs s’inscrivent le long du récit. Le métrage de 2h20 minutes aurait mérité d’être légèrement raccourci. Toutefois, le plus gros point noir vient des acteurs et notamment de Samuel Le Bihan qui ne donne pas du tout l’impression de s’investir dans le rôle principal. Il a bien appris son texte et le récite aisément mais ne le joue pas correctement. C’est dommage pour un comédien prometteur comme lui. Qui plus est, le scénario vous dévoilera un peu trop tôt une partie de l’énigme, et cela à la vision d’un seul personnage. En définitive, « Le pacte des loups » constitue quand même un très bon divertissement qui ravira bon nombre d’entre vous. On aimerait que le cinéma français explore plus souvent ce type de scénario. Pierre Godon |