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Sortie le 23 mai 2012. Crédits photographiques : Sony Pictures Releasing France.
En quinze ans de carrière chez les Men in Black, l'agent J a vu beaucoup de phénomènes inexplicables… Mais rien, pas même le plus étrange des aliens, ne le laisse aussi perplexe que son partenaire, le sarcastique K. Lorsque la vie de K et le destin de la Terre sont menacés, l'agent J décide de remonter le temps pour remettre les choses en ordre. Il va alors découvrir qu'il existe certains secrets de l'univers que K ne lui a jamais révélés. Il est cette fois obligé de faire équipe avec l'agent K, plus jeune, pour sauver la vie de son partenaire, l'agence, et l'avenir même de l'humanité… 
Dix ans après le très dispensable "Men in Black 2", Hollywood continue aujourd’hui de surfer sur la vague des reprises de vieilles sagas à grand renfort de nostalgie teintée d’opportunisme ("Indiana Jones", "Scream" etc.). Ce nouveau volet sort donc, sans grande attente, et les retours suite à un tournage laborieux sont plutôt de mauvais augures, pour ce genre de production. Et pourtant, force est de constater que pendant les quinze premières minutes, le film fonctionne très bien, retrouvant l’esprit décalé et original du premier opus, le duo Smith/ Jones se donne à cœur joie d’anéantir tout extraterrestre sur leur passage. La suite se gâte sérieusement, la faute à un scénario banal et des plus prévisibles. Tout était réuni pour servir au spectateur un produit de bonne facteur, des moyens colossaux, la même équipe devant et derrière la caméra, le seul ingrédient à ne pas rater était un scénario à la hauteur. Hélas, les studios ont choisi de commencer à tourner sans même que celui-ci ne soit terminé. Le résultat final, moins catastrophique que prévu, s’avère rempli de raccourcis. Pire, l’humour si particulier de l’original a totalement disparu, laissant place à des blagues peu inspirées et souvent lourdes. Tommy Lee Jones laisse sa place pour une grande partie de l’intrigue au nouveau venu Josh Brolin, parfait en K des années 60, donnant un coup de jeune à la saga. Will Smith quant à lui, absent des écrans depuis plusieurs années, semble toujours aussi à l’aise pour l’action en costume, adepte du second degré dans toutes les situations possibles et imaginables. Une autre déception concerne le bestiaire auquel est habitué le spectateur : Encore une fois, exceptée la première partie, le film se révèle dans l’ensemble assez avare en aliens, la plupart n’étant que de passage et les rares présents semblent peu inventifs. Les nombreux effets spéciaux semblent déjà datés tant ils apparaissent tape à l’œil et immédiatement identifiables.
Malgré ces nombreux défauts, le film n’est jamais ennuyeux, l’action est au rendez vous et les 1h40 passent très vite. Il y a un plaisir évident à retrouver ces « Men in Black » qui nous avaient bluffés en 1997, mais le manque d’inspiration et d’ambition de l’ensemble ne laisse aucun doute quant à l’honnêteté du projet. À ce titre, le dernier acte n’est pas le climax attendu, versant dans la facilité et le prévisible. En somme un divertissement moyen, sans grande surprise, dont la bonne humeur générale peut compenser la paresse d’écriture. L’effet de surprise n’est plus là, les retrouvailles poussives du second volet sont remises à neuf et la nostalgie attendue n’opère finalement pas. Sébastien Fournier |