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Sortie le 24 décembre 2008. Crédits photographiques : Paramount Pictures France.
Jerry et Rachel ne se connaissent pas mais un cauchemar leur a donné rendez-vous. Parce que quelqu’un l’a fait passer pour un terroriste et qu’il est désormais recherché par toutes les polices, Jerry n’a d’autre choix que d’obéir à une voix mystérieuse qui contrôle chacun de ces faits et gestes. Rachel est elle aussi obligée de se soumettre aux ordres de cette voix sinon ce sera son fils Sam qui le paiera de sa vie. 
1°)AVIS Steven Spielberg avait prévu de réaliser lui-même cet "Œil du Mal". Finalement, il s’est contenté de le produire. Trop occupé par la réalisation de son denier "Indiana Jones" a-t-il déclaré… La genèse du film annonce en somme la couleur: la promotion d’un projet innovant qui tient d’avantage de la vente d’un nouveau produit que de la création cinéphilique. Nous serions ici en présence d’un « thriller visionnaire d’un nouveau genre » annonce le dossier de presse. D.J. Caruso, cinéaste peu connu en France, s’y est collé avec suffisamment de neutralité et de moyens pour nous servir un film certes distrayant et correctement réalisé mais sans grande nouveauté. Musique omniprésente, courses, poursuites, cascades en tous genres, Shia Labeouf et son air d’ado apeuré… tous les ingrédients du blockbuster sont là, prêts à satisfaire une addiction au cinéma de pure distraction et aux odeurs de pop corn. 
Le film se présente comme une longue série de poursuites, une course en avant effrénée de 2h00. Les acteurs ont des rôles très physiques. Ils doivent courir tout en jouant toujours la même expression : la peur et l’incompréhension face ce qui leur arrive. Entre deux cascades, Jerry et Rachel ont quand même un petit peu de temps pour faire connaissance et se racontent leur vie. Séquence émotion : Caruso veut alors nous arracher des larmes. Mais tout de suite il faut repartir sinon c’est la mort ! Le label Spielberg n’arrive pas à faire oublier la grande faiblesse du scénario, la psychologie vulgarisée des personnages et l’absence totale de crédibilité de certaines situations. Du cinéma bien formaté, prêt à consommer sur place. On appréciera quand même avec plus de plaisir les scènes dans l’antre secrète de cet « Eagle Eye », nom donné à l’ordinateur qui surveille tout, sait tout et tient les fils de l’intrigue. En faisant un effort, on pense à Hall 9000, l’ordinateur paranoïaque de 2001, le Big Brother de "1984" tourné par Michael Redford ou encore, plus lointainement, l’ordinateur mère de l’extraordinaire "Alien" de Ridley Scott. Sur ce versant, "l’œil du Mal" aurait pu s’aventurer avec plus d’audace et développer un scénario très intéressant. Le thème de la surveillance et du contrôle technologique étant de plus en plus présent dans nos sociétés contemporaines. Finalement c’est dans les cascades que le film s’en sort le mieux. La réalisation confirme un retour à la « tradition ». Caruso filme de vraies scènes d’action avec des personnages en chair et en os. Il utilise de manière pondérée les effets numériques qui, lorsqu’ils envahissent trop l’image, finissent par déshumaniser le cinéma. Ce besoin de revenir à une mise en scène réaliste redonne aux acteurs une vraie place. Ici on assiste à des poursuites et des cascades qui valent le coup d’œil car elles associent habilement un réel effort physique des acteurs et une touche discrète de numérique pour les effets spéciaux. Sur ce créneau, il faut reconnaître que les américains restent des maîtres. "L’œil du Mal" réserve donc quelques moments impressionnants de scènes d’action, notamment dans la dernière demi-heure, toute en puissance qui mène à une issue finale plutôt réussie. Est-ce suffisant pour faire un bon film ? A vous de juger. Pierre Vaccaro 
2°)AVIS Pour leur deuxième film ensemble après le sympathique "Paranoïak", D.J. Caruso et Shia LaBeouf poursuivent dans une voie qui semble plaire au public : le divertissement hi-tech, parfaitement improbable mais bien troussé. Polar paranoïaque (tiens tiens) mais destiné à tous les publics, "L'oeil du mal" brille par l'absurdité totale de son scénario, qui enfile les incohérences comme des perles avec ce qui ressemble à du premier degré mais n'en est certainement pas. Il faut d'ailleurs voir le film avec un peu de détachement, sous peine de le trouver juste débile, pas crédible du tout, et donc inintéressant au possible. Non, "L'oeil du mal", c'est d'abord un gros plaisir coupable, qui nous montre un nouveau Big Brother contrôler à la nano seconde près la vie de n'importe quel quidam. Le traitement fait qu'on n'y croit pas une seconde, mais c'est justement là qu'est tout le jus du film : n'importe quoi peut se produire à n'importe quel moment, surtout ce qui n'est pas possible. C'est d'autant plus réussi que Shia LaBeouf s'acquitte de son rôle avec un sérieux de plomb. De deux choses l'une : soit le "nouveau prodige d'Hollywood" (mouais) croit vraiment à ce qu'il joue (et alors c'est grave), soit c'est le roi du deuxième degré (et alors c'est génial). Bref, ne pas s'attendre à un nouveau Trois jours du condor ou à quelque réflexion sur la vidéo surveillance et les libertés individuelles : "L'oeil du mal", c'est le spectacle idéal d'après Noël, permettant de bien digérer et de savourer paisiblement les derniers jours de l'année avant d'attaquer 2009 avec des films tenant un peu plus au corps. Thomas Messias |