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"G.I. Joe 2 : Conspiration". Un film de Jon Chu avec Bruce Willis, Dwayne Johnson, Channing Tatum, Adrianna Palicki, Ray Park, Ray Stevenson. Sortie le 27 mars 2013. Crédits photographiques : Paramount Pictures France.
A l'occasion de la sortie prochaine du film "G.I. Joe 2 : Conspiration", nous vous proposons un dossier consacré à Bruce Willis. A 57 ans, il fait partie depuis bien longtemps du panthéon des stars d'Hollywood, dont le seul nom suffit à construire un film voué a être vu par un large public. Pourtant le chemin qui mène à la gloire ne fut pas facile, car la liste est longue que celle des acteurs qui ont connu un vaste succès grâce aux séries télévisées. Pour mémoire, on peut citer Steve Mc Queen ("Au nom de la loi", 98 épisodes diffusés de 1958 à 1961), Clint Eastwood ("Rawhide", 214 épisodes diffusés de 1959 à 1967) ou Michael Douglas ("Les rues de San Francisco", 98 épisodes diffusés avec la star de 1972 à 1976). Cependant, nombreux sont également les acteurs qui sont bien vite retombés dans l'anonymat après une grande carrière télévisuelle. Bruce Willis fait partie des exceptions qui confirment la règle grâce au show "Clair de lune". Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'acteur dispose d'un sacré tempérament. Ainsi, ses relations avec la co-star de "Clair de lune", Cybill Sheperd, furent particulièrement orageuses. Fiction et réalité se rejoignant quotidiennement sur les plateaux de tournage. Du tempérament, pourtant, il en faut pour parvenir à imposer ses choix et sa "gueule". Les années d'apprentissage sont inévitables avant de décrocher le jackpot, avant le grand rendez-vous avec la gloire. Voici, rien que pour vos yeux, une évocation du parcours de Bruce Willis. LES AVENTURES D'UN SALE GOSSE A NEW-YORK Bruce Willis est né le 19 mars 1955, en Allemagne, où ses parents se trouvaient stationnés dans une base militaire puisque son père était membre de l'armée américaine. Ce dernier, se lassant des hamburgers "made in america", du base ball et des puissantes limousines, finit par rendre son uniforme. C'est pourquoi toute la famille Willis se retrouve, à la fin des années 1960, à Camden, dans la banlieue de Philadelphie. Il ne vous paraîtra pas surprenant d'apprendre que le jeune Bruce se distingue plus que significativement à l'école en tant que chef de bande et grand amuseur public. On peut affirmer que cette propension au chahut ne s'est pas atténuée avec l'âge, au contraire. Il est vrai aussi, que tout le monde n'appréciait pas complètement ce trublion. Les victimes de ses farces et les professeurs le haïssaient profondément. Mais Bruce n'en avait cure : seuls l'humour et les copains comptaient alors pour lui. Le jeune homme découvre par ailleurs le théâtre ainsi que la musique blues. Finalement et miraculeusement diplômé de la Penns Grove High School, en 1973, Bruce Willis doit sacrifier au parcours obligé qui consiste à accepter les petits boulots. Cependant, sa santé est assez précaire et Bruce se demande s'il tiendra longtemps le choc, s'il assumera longtemps cette nécessaire alternance entre travailler pour survivre et continuer à s'intéresser au théâtre ainsi qu'à la musique. C'est pourquoi il décide de rejoindre New-York dès 1977. New-York est une ville fascinante pour les touristes qui, appareils en bandoulière et bobs vissés sur la tête, y admirent les immenses gratte-ciels et s'ébahissent face au gigantisme des grands magasins. Elle l'est beaucoup moins lorsqu'on y débarque avec seulement quelques sous en poche. Les conditions furent donc bien pénibles au début, obligeant Bruce à cumuler, à nouveau, petits métiers et cours de comédie sous la direction de Barbara Contardi, dont la grande spécialité était l'apprentissage de l'actorat basé sur l'improvisation. C'est au cours d'une représentation théâtrale que Willis est remarqué par Sidney Lumet. Si on doit juger la carrière d'un acteur à la qualité des metteurs en scène qui l'embauchent, alors Bruce Willis est un grand comédien. Avec Sidney Lumet, c'est l'une des références du 7è Art américain : "Serpico", "Un après-midi de chien", "La colline des hommes perdus", "Le gang Anderson", etc... Bref ce réalisateur est une sacrée pointure! Bruce Willis se retrouve ainsi intégré dans le casting d'"Un prince à New-York", dont Treat Williams est la vedette. En 1982, Sidney Lumet le convoque à nouveau, cette fois pour "Verdict" avec Paul Newman, excusez du peu ! Entre temps, Bruce, sur les conseils de son agent, fait un petit détour par la télévision et apparaît dans un épisode de la série TV "Pour l'amour du risque". Bien lui en a pris, car la petite lucarne magique va être son tremplin vers la gloire. LES ANNEES "CLAIR DE LUNE" Faisant désormais partie de l'agence Triad Artist depuis quelques années, Bruce Willis écoute les conseils avisés de ses dirigeants, qui lui demandent de se présenter à une importante audition en vue de la création d'une nouvelle série télévisée. Pour cette dernière, les producteurs, la chaîne ABC, et le créateur Glenn Gordon Caron, recherchent un homme et une femme. Le rôle proposé est celui de David Addison et près de 3000 candidats postulent pour la place. Le producteur est convaincu par la prestation de Willis mais pas les patrons de ABC. On décide alors de patienter et de tester Bruce Willis dans un show très populaire à l'époque : "Deux flics à Miami". Ainsi le comédien est-il amené à participer au tournage de l'épisode "Un oeil de trop", programmé le 09 novembre 1984, sur la chaîne NBC. Bruce profite de la circonstance pour se lier d'amitié avec Don Johnson et parvient à emporter la décision. Il sera David Addison aux côtés de Cybill Sheperd. "Clair de lune" suivait alors une voie peu explorée par les innombrables séries télévisées : la comédie policière. La diffusion débute en mars 1985 et s'étalera jusqu'en mai 1989, pour un total de 65 épisodes. Ce programme va confirmer tous les espoirs que ses géniteurs avaient placés en elle. Les conflits permanents entre les deux personnages, avec répliques fusantes, et les objets qui volent, pimentent chaque épisode. Si, sur l'écran, David et Maddy se disputaient, il en était de même sur les plateaux entre le bouillant Bruce Willis et la têtue Cibyll Sheperd. Cependant, ces prises de bec quotidiennes n'empêchèrent pas la série de s'inscrire comme l'une des plus parfaites réussites du genre, mêlant l'humour à l'enquête policière et la séduction à la dérision. En juin 1989, Bruce Willis confirme sa volonté d'arrêter la série, car trop lassé du manque de temps pour approfondir les personnages. Il ne supporte plus par ailleurs le rythme infernal du tournage : 7 jours pour tourner un épisode de 48 minutes, soit 14 à 16 heures de travail par jour. Qui plus est, le cinéma a commencé à s'offrir à lui, non plus pour de petits rôles, mais pour le haut de l'affiche. Ainsi, profitant du succès de "Clair de lune", il a été engagé, en 1987, par Blake Edwards, pour tourner "Boire et déboires" avec Kim Basinger. Il y interprète un cadre jeune et dynamique qui rencontre une charmante demoiselle dont le principal défaut, quand elle a bu, est de transformer son environnement immédiat en chaos indescriptible. Le film ne fut pas un gros succès, mais Bruce avait mis le pied à l'étrier et gagné la confiance de Blake Edwards qui l'emploie à nouveau, en 1989, dans "Meurtres à Hollywood". Il y incarne cette fois Tom Mix, une vedette de cinéma des années 1910/1930, qui s'était plus que spécialisée dans le western, au point de devenir une icône pour le jeune public de cette époque. Blake Edwards a imaginé pour le scénario d'inscrire le personnage de Tom Mix dans le contexte d'une intrigue policière. Qui plus est, il a décidé de l'associer à une autre légende vivante de l'époque du cinéma muet : Wyatt Earp incarné par James Garner (le héros de la série TV : "The Rockford files", diffusée de 1974 à 1980). Ajoutons à ces deux comédiens, Malcolm Mc Dowell et l'ensemble tient sérieusement le route. Toutefois, le succès ne fut pas au rendez-vous. Bruce Willis n'avait-il donc aucun avenir au cinéma ? Certains se posaient la question. Mais, c'était sans savoir que Bruce Willis avait rendez-vous avec un certain Mc Clane... LE SAUVEUR DU MONDE Joel Silver, producteur de son état, s'intéresse, à la fin des années 1980, à un roman de Roderick Thorpe : "Nothing last forever", et comprend tout de suite qu'il a en main un matériau à même de lui fournir un film d'action dont il a le secret, et qui lui permettrait d'appliquer, à nouveau, sa "Whomma chart", c'est à dire l'introduction régulière, en moyenne toutes les dix minutes, d'une séquence d'action très spectaculaire. Il contacte John Mc Tiernan et Steven E. de Souza pour l'écriture du scénario. On pense à Schwarzenegger mais ce dernier s'est déjà engagé pour "Double détente". Après mûre réflexion, la production opte pour Bruce Willis. Celui-ci accepte de relever le défi et s'engage même dans une préparation physique forcenée afin d'être à la hauteur dans les scènes dangereuses. La majeure partie de l'action ayant pour cadre un building, les prises de vue se déroulèrent, pour l'essentiel, dans le building du Fox Plaza, et au studio 15 de la Twentieth Century Fox. Bruce Willis arrive au tournage avec une batterie d'idées sur la présentation de son personnage, son profil, son caractère et on comprend mieux pourquoi il y eut deux suites au méga-hit que sera "Piège de cristal", durant l'été 1988. En effet, ce film est une réussite incontestable, un modèle du genre à montrer à tout apprenti cinéaste (sauf à ceux de la FEMIS, école de formation des metteurs en scène, en France, qui vous diront, avec leur habituelle arrogance, que ce n'est que du cinéma commercial...). Le film est présenté à Deauville, en 1988, dans le cadre du festival du cinéma américain. L'occasion est alors donnée à votre serviteur de rencontrer Bruce Willis. Moment inoubliable avec un comédien non seulement talentueux mais aussi fort sympathique. Par la suite, Bruce enchaîne avec "Un héros comme tant d'autres" de Norman Jewison (il a décidément le chic pour ne choisir que des bons metteurs en scène) et avec "Hudson Hawk" de Michael Lehman, une comédie d'action dès plus réussie. Suivent "58 minutes pour vivre" de Renny Harlin, "Le bûcher des vanités" de Brian de Palma. Cette série de productions montre que Bruce Willis souhaite varier ses prestations afin de ne pas s'enfermer dans un type de rôle. Depuis, malgré quelques difficultés au début des années 1990, son statut de star ne s'est pas démenti. Certes, le pitoyable "Cinquième élément" (que l'on peut classer parmi les pires films de l'histoire du cinéma), ou le trop patriotique "Armaguedon" n'ajoutent rien à sa gloire. Cependant, Bruce force le respect par ses autres choix dont "Pulp fiction" de Quentin Tarantino qui relance sa carrière ou, plus récemment, "Breakfast of champions" d'Alan Rudolph et "Le sixième sens" qui est l'événement de l'année 2000. Il n'est donc pas surprenant de voir se reformer le tandem entre Willis et le cinéaste d'origine hindoue pour "Incassable". Et le résultat final est à la hauteur de nos espérances. En janvier 2002, Willis est associé à Billy Bob Thornton pour le nouveau film de Barry Levinson, « Bandits », une comédie mouvementée mettant en vedette un couple de braqueurs, puis à Colin Farrell pour "Mission évasion". Après avoir été la vedette, aux côtés de Monica Bellucci, du film "Les Larmes du Soleil", mis en scène par Antoine Fuqua, le réalisateur de "Training Day", un film qui n'hésitait pas à utiliser l'alibi humanitaire afin de renouveler le genre du film de guerre, on pouvait craindre une sérieuse baisse de régime en contemplant le désastre que sont "Mon Voisin Le Tueur 1 et 2", ou en observant sa courte apparition, quoique savoureuse, dans "Ocean's Twelve". 2005 a été l'année du retour en force avec "Otage", puis avec "Sin City" que Willis a tourné sous la direction conjointe de Robert Rodriguez et de Frank Miller, et enfin avec "16 Blocs" sous la direction de Richard Donner cette fois. 2007, elle, a signifié le retour de l'intrépide John McClane avec "Die Hard 4". Entretemps, Bruce Willis était à l'affiche d'"Alpha Dogs" et de "Dangereuse Séduction". Pour cette fin d'année 2009, on a revu le grand Bruce dans "Clones" sour la direction de Jonathan Mostow, malheureusement une déception. A suivi la comédie "Top Cop" et le choc au sommet dans "Unité Spéciale". Après "Red" réjouissante comédie distribuée au cours de l'automne 2011, l'année 2012 a été intense avec au programme "Sans Issue", "Moonrise Kingdom", "Expendables 2" et "Looper" ! 2013 sera du même acabit avec "Die Hard 5", "G.I. Joe 2" et"Red 2"... (Sources consultées : dossier de presse du film). 
FILMOGRAPHIE 1980 - De plein fouet (Hutton) 1981 - Le Prince de New York (Lumet) 1982 - Verdict (Lumet) 1987 - Boire et déboires (Edwards) 1988 - Meurtre à Hollywood (Edwards) 1988 - The Return Of Bruno (documentaire) 1988 - Piège de cristal (McTiernan) 1989 - Un héros comme tant d'autres (Jewison) 1990 - 58 minutes pour vivre (Harlin) 1990 - Le bûcher des vanités (De Palma) 1991 - Pensées mortelles (Rudolph) 1991 - Le dernier samaritain (Scott) 1991 - Hudson Hawk, gentleman cambrioleur (Lehmann) 1991 - Billy Bathgate (Benton) 1992 - The Player (Altman) 1992 - La mort vous va si bien (Zemeckis) 1993 - Piège en eaux troubles (Herrington) 1993 - Alarme fatale (Quintano) 1993 - Pulp Fiction (Tarantino) 1994 - North (L'irrésistible North) (R. Reiner) 1994 - Un homme presque parfait (Benton) 1994 - Color Of Night (Rush) 1994 - Une journée en enfer (McTiernan) 1995 - L'armée des 12 Singes (Gilliam) 1995 - Four Rooms (Anders, Rockwell, Rodriguez, Tarantino) 1996 - Dernier Recours (Hill) 1996 - Le cinquième élément (Besson) 1997 - Le Chacal (Caton-Jones) 1997 - Mercury Rising (Becker) 1998 - Armageddon (Bay) 1999 - Breakfast of Chamions (Rudolph) 1999 - Mon Voisin Le Tueur (Lynn) 1999 - Le Sixième Sens (Shyamalan) 2000 - Incassable (Shyamalan) 2000 - Sale Môme (Turteltaub) 2001 - Bandits (Levinson) 2002 - Mission Evasion (Hoblit) 2003 - Les Larmes du Soleil (Fuqua) 2004 - Mon Voisin Le Tueur 2 (Deutsch) 2004 - Ocean's Twelve (Soderbergh) 2005 - Otage (Siri) 2005 - Sin City (Rodriguez) 2006 - 16 Blocs (Donner) 2006 - Fast Food Nation (Linklater) 2006 - Alpha Dogs (Cassavetes) 2007 - Dangereuse Séduction (Foley) 2007 - Die Hard 4 (Wiseman) 2009 - Clones (Mostow) 2010 - Top Cop (Smith) 2010 - Expendables - Unité Spéciale (Stallone) 2010 - Red (Schwentke) 2012 - Sans Issue (El Mechri) 2012 - Moonrise Kingdom (Anderson) 2012 - Lady Vegas (Frears) 2012 - Exependables 2 (West) 2012 - Looper (Johnson) 2013 - Die Hard 5 - Belle journée pour mourir (Moore) 2013 - G.I. Joe : Conspiration (Chu) 2013 - Red 2 (Parisot) 2013 - Sin City 2 (Hartigan) 2014 - Expendables 3 |