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Interview de Laurent Tuel pour le film La Grande Boucle.

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"La Grande Boucle". Un film de Laurent Tuel avec Clovis Cornillac, Bouli Lanners, Ary Abittan, Elodie Bouchez, Bruno Lochet.

Sortie le 12 juin 2013.

Crédits photographiques : Wild Bunch Distribution.

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Le Festival Ciné-Clap à Chartres du 03 au 06 juin 2013.

 

 

 

L'actualité des festivals de cinéma et des sorties en salles vue par la rédaction du magazine.

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Star Wars - La Guerre des Etoiles de George Lucas. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Christophe Dordain   
08-02-2012

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Un dossier concu par Pierre Godon, Christophe Roussel, Christophe Dordain et Fabien Rousseau.

Sortie en France : le 19 octobre 1977 pour l'Episode IV de George Lucas, le 20 août 1980 pour l'Episode V d'Irvin Kerschner et le 19 octobre 1983 pour l'Episode VI de Richard Marquand. Le 19 octobre 1999, le 17 mai 2002 et le 18 mai 2005 pour les Episodes I, II et III réalisés par George Lucas.

Crédits photographiques : Twentieth Century Fox France.

LA SAGA "STAR WARS"

 

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Le combat final dans "L'Empire contre-attaque" en 1980

 

La trilogie de Georges Lucas constitue un phénomène rare du cinéma américain et mondial. Il y a presque trente-cinq ans sortait un "petit" film de science-fiction intitulé : " La Guerre des Etoiles ". Réalisé par un jeune réalisateur de 32 ans, ce space-opéra allait devenir le succès numéro 1 du box office, détrônant " Les Dents de La Mer " d'un certain Steven Spielberg... Vous connaissez la suite : une trilogie incontournable, un phénomène de société indéniable, "Star Wars" fait partie désormais de la vie de millions de personnes à travers le monde. Nous vous proposons un dossier qui revient sur les origines de ce phénomène et sur ce qu'il a pu apporter au cinéma, tant d'un point de vue cinématographique que culturel.

 

QUI ETES-VOUS Mr LUCAS ?

Georges Lucas est né en 1944 en Californie. Son enfance à Modesto est paisible et il assiste régulièrement son père au travail. Passionné de voitures et de vitesse dès son adolescence, il manque de se tuer dans un grave accident juste avant son entrée à l'USC Cinema School. Cet dramatique péripétie l'inspirera en partie pour sa deuxième réalisation, "American Graffiti".

L'université lui ouvre ses portes en 1964. Il réalise alors plusieurs petits films destiné à différents festivals. Chacun de ses travaux lui rapportera un prix. Sa première réalisation pour un studio est le film futuriste "THX 1138" avec Robert Duvall. Sortit en 1971, ce film de science-fiction et d'anticipation passa presque inaperçu. Il fut produit par la compagnie American Zoetrope, appartenant à un certain Francis Ford Coppola.

Manquant sérieusement d'argent, Lucas se lance dans le projet d'"American Graffiti", un film, comme il aime le dire, sur le rock'n roll, la conduite, la musique et les DJ. Cette production narre en partie sa jeunesse à Modesto, les soirées qu'il passait à remonter en voiture les avenues de sa ville. L'ambiance de cette œuvre est remarquable, ainsi que la sensibilité des personnages interprétés par Richard Dreyfuss et Ron Howard notamment. Le succès critique et commercial est immédiat. Mis en scène pour 700 000 dollars, il en rapporte près de 50 millions à Universal. Grâce à ce succès, Lucas a désormais les cartes en main et obtient un peu plus de liberté de la part des studios. Il peut donc s'atteler maintenant à son vieux projet d'adapter une nouvelle version de "Flash Gordon".

 

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Mark Hamil dans "Le Retour du Jedi" en 1983

 

LES ORIGINES DE STARWARS

Bercé par les fameuses matinées des cinémas américains, Lucas se retrouve complètement dans la science-fiction, Flash Gordon et les autres n'ayant plus de secrets pour lui. Les serials le font rêver comme d'autres enfants de son âge. L'accident, qui a failli lui coûter la vie, lui a permis de voir les choses autrement. Sa longue période de convalescence l'incite à découvrir d'autres horizons à travers la littérature. Joseph Campbell fait partie de ces auteurs qui l'inspirent. Toute la mécanique des mythes sera analysée et découpée par Lucas : La Grèce antique, la mythologie romaine, les légendes asiatiques, etc... Bref, tout ce qui se rapporte à l'éternel combat du bien et du mal, les combats entre les héros et les vilains. A ce titre, citons un extrait de l'article de Philippe Ross publié dans La Revue du Cinéma, en septembre 1983 : "Certains puristes à l'esprit étroit rattachent Starwars à la science-fiction et plus précisément au space-opera alors que la trilogie présente des éléments propres à l'heroic fantasy et a surtout contribué à son renouveau. Il est en effet incontestable que cette épopée fabuleuse présente un côté épique indéniable dans la sempiternelle lutte du Bien et du Mal symbolisés par le brave Luke Skywalker et le terrifiant Dath Vador dont l'accoutrement se veut un mélange harmonieux de l'armure du chevalier noir et des uniformes SS, tandis que les duels épiques avec épées au laser ou les batailles dans les galaxies étoilées entrecoupées d'apparitions de créatures extraordinaires, sympathiques ou malfaisantes, présentent des analogies flagrantes avec les grands romans classiques d'heroic fantasy des années trente."

Lucas tient alors son projet : un film de science fiction réunissant des héros fortement ancrés dans leurs valeurs, dans la technologie, l'héroïsme et l'inéluctable affrontement ente le bien et le mal . Malgré le succès d'"American Graffiti", plusieurs studios refusent le projet de Starwars, même le studio Universal, auquel le cinéaste a rapporté beaucoup d'argent, ne veut pas en entendre parler. Il faut souligner qu'à l'époque, la science fiction n'était pas très commerciale, ou alors sous forme de comics ou de romans, mais le cinéma ne s'était jamais vraiment intéressé à ce sujet . Certes, des succès tels que "La Planète des Singes" ou "2001, l'Odyssée de l'Espace" avaient ouvert certaines portes notamment dans le domaine des effets spéciaux, mais pas au point d'attirer l'attention des décideurs sur le projet de Lucas. Un seul courageux lui donnera une avance pour son script : Alan Ladd Jr, alors patron de la 20th Century Fox et futur producteur de "Blade Runner" et de "Outland".

L'affrontement final entre Darth Vador et Luke Skywalker dans "L'Empire contre-attaque". Une scène magnifiquement éclairée par le directeur de la photographie, Peter Schuzitsky, dans des conditions singulières puisque réalisée à la fin du tournage à un moment, où, George Lucas n'avait quasiment plus d'argent, ce qui explique l'emploi des fumigènes...

Selon lui, au vu de la précédente réalisation de Lucas, un film de science-fiction pourrait être un énorme succès. Il ne pensait certainement pas à l'époque à la bonne définition du mot succès... A l'origine, Lucas avait toujours pensé faire une trilogie voire même trois : celle de base (épisodes IV, V, VI), une préquelle (épisodes I, II, III) et une suite directe (épisodes VII, VIII, IX). Les synopsis existent bien dans l'esprit de Lucas mais malheureusement pas tous sur pellicule, puisqu'il est depuis acquis que Lucas s'arrêtera au moment de la sortie de l'épisode III en 2005.

La première version de Star Wars fut écrite au bout de 9 mois. Plusieurs idées étaient prévus par Lucas : une distribution uniquement asiatique, un film à la "Capitaine Blood", etc... Un an et demi après la première mouture, la pré-production du film peut enfin commencer, nous sommes au printemps 1975. Le budget se montait alors de 7 millions de dollars avant même d'avoir tourné une seule scène. L'aventure s'annonçait éprouvante pour Lucas et son équipe, surtout au début du tournage, sous le lourd soleil de la Tunisie...

 

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La photo qui a fait rêver toute une génération d'adolescents et même bien plus tard...

Au fond, c'est qui le meilleur ? C'est Harrison Ford dans "La Guerre des Etoiles" en 1977.

 

LES FILMS DE LA PREMIERE TRILOGIE

La Guerre des étoiles. Avec : Mark Hammill, Harrison Ford, Carrie Fischer, Alec Guiness, David Prowse, Peter Cushing, Kenny Baker, Anthony Daniels, Peter Mayhew.

Sujet : L'Empire règne en maître dans toute la galaxie, la répression fait rage. Un groupe de résistance baptisé la Rébellion tente quand même de contrecarrer les plans de l'empire. A sa tête se trouve la princesse Leïa Organa. De son côté, Luke Skywalker, jeune garçon fermier, rêve de devenir astropilote. Il le deviendra malgré lui, suite au massacre de sa famille, et à son entrée dans la rébellion, après sa rencontre avec le chevalier Jedi Obi-Wan Kenobi.

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Affiche de l'épisode IV.

Le premier volet de la trilogie est sorti sur les écrans américains en mai 1977. Il fut d'abord distribué dans un circuit fermé de quelques salles dans les plus grandes villes américaines. Au départ, Lucas ne croyait pas au succès du film. Il disait que tous les films de science-fiction fonctionnaient bien lors des des deux premières semaines, mais que le soufflet retombait vite. Il n'en cru pas ses yeux quand, le soir du premier jour d'exploitation, il vit de longues files d'attente devant le fameux Mann's Chinese Theatre d'Hollywood Boulevard. Il pense tout d'abord à une avant-première quelconque, mais il leva les yeux et aperçut STAR WARS inscrit sur la façade du cinéma.

Ce premier volet est, certes, basé sur une trame simple et classique, mais il est terriblement efficace. C'est un film familial de science fiction, une oeuvre qui ouvre les portes d'un univers sans pareil. Combien de parents, emmenés de force par leurs enfants, y sont retournés avec les grands parents pour leur monter ce que le cinéma pouvait encore apporter de magique? Cet épisode IV a aussi influencé beaucoup de réalisateurs de la jeune génération. Nous pouvons notamment penser à Robert Zemeckis, Brian Singer et tant d'autres.

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L'Empire contre-attaque. Avec : Mark Hammill, Carrie Fischer, Harrison Ford, Billy Dee Williams, Alec Guiness, David Prowse, Kenny Baker, Anthony Daniels, Frank Oz, Peter Mayhew.

Sujet : Victorieux avec la bataille de Yavin, les rebelles sont obligés de se cacher des troupes impériales qui les traquent sans cesse, surtout le seigneur Vador à la recherche du jeune Luke Skywalker. Celui-ci va d'ailleurs commencer sa formation de Jedi, grâce au maître Jedi, Yoda.

Ce deuxième volet a été réalisé par Irvin Kershner en 1979 et sortit sur les écrans américains en 1980. Cet épisode V est beaucoup plus sombre que le précédent. Les personnages sont beaucoup plus adultes, cela étant du aux épreuves qu'ils ont traversées. Georges Lucas les a donc laissés mûrir pour ce deuxième opus. Le combat demeure toujours le même : celui du bien contre le mal. Le scénario peut paraître à certains manichéen, mais Georges Lucas construit une histoire bien plus complexe qu'on ne le pense et qui débouche sur une terrible révélation... De nouveaux personnages font leur apparition : Yoda le maître Jedi, petit par la taille mais grand par le pouvoir, Bobba Fett personnage très mystérieux et énigmatique, Lando Calrissian, premier personnage de couleur dans la trilogie.

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Un croiseur impérial

Ce deuxième épisode marque aussi la consécration technique pour Industrial Light and Magic (ILM), société d'effets spéciaux créée lors de la production de Starwars. Cette jeune équipe de " magiciens " de l'image dispose à présent de tous les crédits possibles et a pu améliorer ses capacités techniques sur d'autres réalisations prestigieuses comme " Les aventuriers de l'arche perdue " qui sortira en 1981. L'épisode V ne rapportera pas autant d'argent que le précédent, mais il se classera quand même parmi les plus gros succès de l'année 1980. Qui plus est, ce film est devenu pour nombre de fans le meilleur de toute la série.

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Le retour du Jedi. Avec : Mark Hammil, Harrison Ford, Carrie Fischer, Billie Dee Williams, Alec Guiness, David Prowse, Anthony Daniels, Kenny Baker, Frank Oz, Peter Mayhew.

Sujet : Après le demi-défaite de la cité des nuages, les rebelles partent à la recherche de Han Solo sur Tatouïne .Pendant ce temps, l'Empire décide la construction d'une nouvelle étoile Noire, plus puissante que la précédente. Luke, quant à lui, poursuit sa formation de Jedi et pense pouvoir faire revenir son père, le sombre Dark Vador, du bon côté de la force.

Réalisé par Richard Marquand, cet épisode final de la trilogie originelle, sort aux Etats-Unis pour l'été 1983. Le projet fut longtemps gardé secret par Lucasfilms Limited. Le scénario circulait à Hollywood sous le nom de " Blue Harvest ". Lucas avait peur des fuites en direction des fans impatients. En effet le plateau construit dans le désert du Nevada pour une des scènes clés du film fut en partie détruit durant une nuit par des fans déchaînés. Le film devait d'ailleurs s'appeler au départ " Revenge of the Jedi " mais Lucas décida que le mot " vengeance "ne convenait pas à la philosophie des Jedis. Toutefois, des objets dérivés du film sont sortis avec cette appellation, ainsi qu'une bande annonce ! Autant dire que ce type de matériel a acquis, depuis, le statut de collector.

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Attaque de l'Etoile de la Mort à la fin de l'épisode VI

Pour les fans purs et durs, "Le retour du Jed " représente le moins bon film de la première saga. Son aspect enfantin (surtout les fameux Ewoks) les a beaucoup agacés et ils attendaient plus du dénouement final. Le regretté réalisateur ne laissa pas d'ailleurs un souvenir mémorable chez les cinéphiles. Quant à Harrisson Ford, devenu une star mondiale, il souhaitait que son personnage de Han Solo meurt dans cet épisode, perspective que Lucas refusa.

 

 

Natalie Portman, héroïne marquante de la nouvelle trilogie

 

LA NOUVELLE TRILOGIE

La Menace Fantôme. Avec : Liam Neeson, Ewan Mc Gregor, Jake Loyd, Nathalie Portman, Samuel L.Jackson, Ian Mc Diarmind, Ray Park, Terence Stamp.

Sujet : Ce nouvel épisode constitue une préquelle à la trilogie originelle. Un conflit commercial éclate entre la pacifique planète Naboo et la toute puissante fédération du commerce. Le sénat en est alerté, ainsi que le chancelier, qui dépêche sur les lieux deux chevaliers Jedis. Tout ne se passe pas comme prévu. Les deux chevaliers vont devoir fuir la planète avec la Reine Amidala. Sur leur route vers Coruscant, planète où se trouve le Sénat, ils rencontreront le jeune Anakin Skywalker, qui semble être doué afin de devenir un grand chevalier Jedi.

Réalisé par Lucas lui même, après une période de 22 ans sans activité, le film est sorti sur les écrans US en Mai 1999 (et 6 mois plus tard en France). La campagne marketing orchestré par Lucasfilms avait démarrée un an avant la sortie. Les américains faisaient la queue pour voir sur grand écran la première bande annonce ! Celle-ci passée, ils quittaient la salle. On peut sans doute reprocher à Lucas une certaine platitude à certains moments du scénario. Cependant,lorsqu'on regarde le premier Starwars, le constat est identique. Il répond à quelques questions mais tout en nous en posant d'autres, c'est là que réside le tour de force. Les effets spéciaux de ILM sont superbes. Le travail effectué pendant presque deuxans mérite largement la vision du film. Toutefois, force est de reconnaître que ce film s'adresse avant tout aux fans. Ainsi, Lucas se permet des " private jokes " avec eux. Il tente aussi de rajeunir son public avec des personnages tels que le fameux Jar Jar Binks, qui a été condamné plusieurs fois sur des sites Web qui voulaient le voir mort . En fait, Lucas nous a servi ce film tel un amuse-bouche, en attendant la suite en 2002...

 

L'attaque des Clones. Avec Hayden Christensen, Ewan McGregor, Samuel L. Jackson et Christopher Lee.

Sujet : Depuis le blocus de la planète Naboo par la Fédération du commerce, la République, gouvernée par le Chancelier Palpatine, connaît une véritable crise. Un groupe de dissidents, mené par le sombre Jedi comte Dooku, manifeste son mécontentement envers le fonctionnement du régime. Le Sénat et la population intergalactique se montrent pour leur part inquiets face à l'émergence d'une telle menace. Certains sénateurs demandent à ce que la République soit dotée d'une solide armée pour empêcher que la situation ne se détériore davantage. Parallèlement, Padmé Amidala, devenue sénatrice, est menacée par les séparatistes et échappe de justesse à un attentat. Le Padawan Anakin Skywalker est chargé de sa protection. Son maître, Obi-Wan Kenobi, part enquêter sur cette tentative de meurtre et découvre la constitution d'une mystérieuse armée de clones...

 

Avis n°1 :

Voilà ! Nous y sommes. Après trois d’attente, voici les spectateurs du monde entier replongés, de gré ou de force, dans l’univers de Georges Lucas. Pour sa cinquième réalisation, il effectue un retour aux sources. En effet, après avoir vu « L’attaque des clones », on se rend plus facilement compte que « La menace fantôme » constituait une introduction, un prologue, une mise en bouche dans l’univers Star Wars. Il est certain que Lucas n’est pas resté insensible aux critiques émanant des fans lors de la sortie de l’épisode I.

Comment Lucas revient-il aux véritables sources ? En donnant tout simplement un peu plus de profondeur à ses personnages, même si ce n’est pas encore le niveau souhaité. Leur charisme, leur caractère permet de les identifier immédiatement, surtout le jeune Anakin Skywalker. Néanmoins, Lucas n’a pas forcement évolué dans le domaine de la réalisation. Toutefois, ce n’est pas ce qui est recherché en allant voir un Star Wars. Lucas n’est pas un grand réalisateur mais un formidable narrateur. Il emmmène le spectateur où il veut et quand il veut, même dans les prairies de la planète Naboo, où flirtent le jeune padawan et la sénatrice.

Quant au côté obscur, il envahit progressivement son récit. Ce qui était limpide lors de « La Menace Fantôme », commence à s’obscurcir. Lucas propose des dizaines de pistes différentes, qui ne manqueront pas de vous faire réfléchir à la fin du film. Il satisfait et réconforte les fans en répondant à certaines questions et, subtilement, en en posant d’autres. Les choses deviennent un peu plus claires concernant l’ancienne trilogie. Il est évident que le jeu de piste scénaristique que propose Lucas va dérouter plus d’un fan. Cependant, le principal y est : le début de la descente vers le côté obscur du jeune Anakin. Certes, l’histoire d’amour avec Amidala peut paraître un peu niaise voire un peu longue à l’écran, mais elle est indispensable pour le reste de l’œuvre de Lucas. Si elle n’existait pas, il n’y aurait pas d’épisodes IV, V et VI ! Son scénario est à peu près calqué sur celui de « L’empire contre-attaque » : de l’action au début, du calme et une dernière demi-heure époustouflante.

Ces dernières scènes sont absolument fabuleuses au niveau des effets spéciaux. Lucas montre largement à l’écran la contribution de son autre bébé I.L.M. (Industrial Light and Magic). Même si, de temps en temps, ces effets sont perceptibles à l’œil nu. Peut-être que le trop plein d’effets digitaux que nous connaissons sur les écrans depuis quelques temps rend notre vision plus experte. L'oeil s'est aiguisé avec le temps. Il faut néanmoins souligner le formidable travail du département artistique de Lucasfilm. C’est un nouveau défi largement relevé pour chaque Star Wars. Tout en ne parlant pas des costumes, véritable trésor de guerre, notamment pour Natalie Portman !

Natalie Portman qui s’affirme d’avantage dans cet épisode. On sait par avance que ce type de films n’est pas fait pour des rôles de composition, ni pour des rôles à Oscars. Mais la progression des personnages dans leur personnalité, surtout Anakin Skywalker, montre que ce ne sont pas forcément des rôles à prendre à la légère, si on y ajoute la « pression » des fans. Hayden Christiensen, nouveau venu dans la galaxie Star Wars, impose sa présence. Le personnage n’est pas encore Darth Vador, mais il n’est plus non plus le jeune garçon innocent de « La menace fantôme ». Son destin se dessine peu à peu. Ce jeune acteur a été judicieusement choisi par Lucas. Son regard est sombre, et même si on peut lui trouver par moment un air de premier de la classe confinant au statut de jeune minet, la profondeur de son regard, même si les expressions demeurent peu variées, ne trompe pas : il est Darth Vador.

Obi-wan Kenobi prend la place de Qui-Gon Jin dans le précédent épisode. Il est plus sûr de lui, plus intransigeant aussi. On voit les responsabilités qu’il a dans l’avenir du jeune Anakin . Ewan McGregor paraît s’installer de mieux en mieux dans le personnage. Il tend peu à peu vers l’interprétation d’Alec Guiness. Quant à Natalie Portman, elle prend les allures d’un général vers la fin du film. On sait alors de qui tiendra sa future fille Leïa... « L’attaque des clones » est largement supérieur à « La menace fantôme ». Il est vrai que ce n’était pas très difficile tant, avec le recul, l’épisode précédent semblait un peu terne.

L’épisode III s’annonce d’ores et déjà plus sombre encore, et moins grand public, comme l’est déjà celui-ci. Aussi, laissez vous porter par la Force...

 

 

Avis n°2

La Force est enfin avec eux...

L’attaque des clones est de loin l’épisode le plus riche et le plus représentatif de la série.

En 1977, George Lucas avait réalisé avec Star Wars le premier film post-moderne de l’histoire du cinéma. Le principe du post-modernisme est de mélanger, de recycler différents genres et de créer ainsi un genre nouveau qui est le plus-un de tous les autres. C’est bien en cela que L’attaque des clones est représentatif de toute l’entreprise de Lucas. Le film mélange brillamment le thriller politique, le film d’action, la romance, le péplum, le film de cape et d’épée, le western, le récit d’apprentissage... Lucas n’invente rien (sa réalisation d’ailleurs est toujours aussi classique et dépourvue d’originalité...) mais parvient avec ce film hybride à un résultat réellement plus convaincant que l’épisode 1 sorti il y a trois ans.

Reprenant la structure scénaristique de L’empire contre-attaque, Lucas nous fait suivre deux intrigues en parallèles : le jeune Anakin (Hayden Christensen) doit protéger la princesse Padmé Amidala (Natalie Portman) victime d’un attentat dès son arrivée sur la planète Coruscant (la République est effectivement menacée par de dangereux Séparatistes...). Il l’emmène sur la planète Naboo et leur histoire d’amour commence. Mais Anakin est torturé par le souvenir de sa mère et veut la revoir à tout prix. Il va donc regagner, accompagné de la princesse, la planète Tatooine, celle de son enfance comme nous le montrait l’épisode 1. Pendant ce temps, Obi-Wan Kenobi (Ewan McGregor) se lance à la poursuite de Boba Fett, le chasseur de prime (déjà présent dans la seconde trilogie). Ses recherches l’amènent jusqu’à la planète Kamino où il découvre toute une armée de clones destinée à combattre auprès de la République. A moins que cela ne soit l’inverse...

Les péripéties sont nombreuses et Lucas réussit un habile dosage entre les scènes d’actions et celles plus intimistes entre Anakin et Padmé. Certains critiques (Les Cahiers du cinéma pour ne pas les nommer...) avaient taxé Lucas de misogyne à cause des tenues que portait Natalie Portman dans le premier épisode. Là, il n’en est rien. Lucas filme une femme partagée entre son devoir et son amour pour le ténébreux Anakin et surtout il filme une jeune comédienne très convaincante qui apporte un peu d’émotion et d’humanité à ce spectacle qui croule, il est vrai, sous la technologie, ère numérique oblige... Comme dans La menace fantôme, les acteurs côtoient toujours des personnages virtuels (Jar Jar Binks; le maître Yoda...) et leurs expressions sont parfois retouchées par morphing... On peut regretter à raison la simplicité et l’économie des effets spéciaux de la seconde trilogie (pour ma part, je reste un nostalgique des épisodes 4, 5 et 6). Ici, l’économie a laissé place à la surabondance. C’est l’éternel bémol lancé sur tous les films hollywoodiens de cette envergure. L’attaque des clones, aussi réussi soit-il, n’échappe pas à la règle. Evidemment, la musique est toujours aussi envahissante, les bestioles de plus en plus nombreuses jusqu’à l’outrance et l’accumulation des péripéties peuvent provoquer une certaine lassitude.

Si rien de nouveau n’émerge de ce film, on retrouve un élément très important que Lucas avait omis de mettre dans le premier épisode : l’humour grâce aux Laurel et Hardy intergalactiques, R2D2 et C3PO. A cela, il faut ajouter les combats aux sabres lasers toujours aussi visuellement jouissif, des poursuites aériennes impressionnantes et surtout l’évolution d’Anakin dont le futur changement vers le côté obscur de la Force nous est expliqué. Les liens avec la seconde trilogie abondent : on découvre le futur oncle Owen qui s’occupera de Luke Skywalker; le sénateur Palpatine décèle peu à peu son vrai visage, celui de l’empereur qu’il deviendra; la gestuelle de la princesse rappelle celle de Léïa, sa future fille...

Le vrai retour de Star Wars s’opère donc avec L’attaque des clones. Le prochain sera à coup sûr le plus tragique, le plus romanesque et le plus noir.

Comme le dirait le maître Yoda : "difficile d’attendre jusqu’en 2005 il sera..."

Christophe Roussel

 

Hayden Christensen

 

L'EMPIRE DE GEORGE LUCAS

Georges Lucas, par son œuvre principale qu'est "La Guerre des Etoiles", a aussi construit un empire plus que lucratif . Grâce au premier volet de la trilogie, Lucas a pu créer la plus grande compagnie actuelle d'effets spéciaux : Industrial Light and Magic.

Cette entreprise, à laquelle on doit les effets des Star Wars, mais aussi les dinosaures de Jurassic Park, est installée près de San Francisco. Elle fut créée en 1977, avec une vingtaine d'étudiants en effets spéciaux. Ils furent rapidement embarqués par Lucas dans une aventure exceptionnelle. Leur moyenne d'âge n'excédait pas les 22 ans à l'époque. Parmi eux, on peut citer Phil Tippett, Dennis Murren, John Dykstra. Ils ont réussi à développer, à l'aide de nouvelles technologies, de nouveaux effets spéciaux. On se souvient notamment des extra-terrestre d'Abyss, Du T-1000 de Terminator 2. Lucas s'est aussi empressé de rendre ses films et ses productions visibles dans les meilleures conditions.

A ce titre, le système sonore T.H.X, inspiré par le titre du premier film de Lucas THX 1138, en est la preuve. Le premier film a en avoir bénéficié fut "Le Retour du Jedi". Ce système draconien permet au spectateur de suivre un film dans les meilleures conditions possibles, et ainsi d'obtenir un plaisir certain. Il est à noter que tous les films n'obtiennent pas la licence THX facilement. Une charte doit être respectée. Un exemple probant est le "Jeanne d'Arc" de Luc Besson qui voulait l'obtenir pour la sortie DVD du film mais qui a essuyé un refus. Il en va de même pour les propriétaires de salles de cinéma qui se doivent de rendre des comptes à Lucasfilms régulièrement quant à la bonne tenue de leur exploitation sonore et visuelle.

Le son Skywalker Sound est aussi un gage de qualité mis en place par Lucas lui-même. Ce système est moins répandu que le THX, car il ne concerne pas directement l'image mais essentiellement le son. Ces deux systèmes sont pour un spectateur un gage de qualité. Ils peuvent même être recrées chez vous par la magie du Home Cinéma . De même, le grand enfant qu'est Lucas ne pouvait rester insensible aux jeux vidéos. Il a créé Lucasarts, compagnie éditrice et créatrice de jeux inspirés des productions Lucas. Cette entreprise est la première dans son domaine, que ce soit tant au niveau des bénéfices que de celui de la créativité.

Mais le plus grand tour de force de Lucas au point de vue business fut l'introduction du système des licences. En 1976, alors qu'il demandait une rallonge de budget à la Fox, Lucas, essuyant un refus, eu l'idée de renoncer à son salaire en échanges des licences de produits dérivés. Les patrons du studio les lui donnèrent facilement, car aucun film jusqu'à présent n'avait eu suffisamment de succès au point de susciter la vente de produits dérivés. Ils doivent maintenait s'en mordre les doigts puisque les recettes des produits dérivés rapportèrent à l'époque trois fois plus d'argent que le film. George Lucas fût ainsi le premier réalisateur à organiser une production en tenant compte de ces éléments. Chaque fois que vous achetez un jouet, un livre, des céréales, un T-shirt, la musique, ou bien un objet d'art comme c'est le cas des nos jours, une partie de l'argent que vous versez finit dans les caisses de Lucasfilms Licencing.

On peut reprocher cela à Lucas mais il vous faut savoir qu'il est un cinéaste indépendant avec des moyens colossaux. On peut aussi parier qu'à l'avenir, et avec le développement d'Internet, Lucas va pouvoir très bien se passer des distributeurs. Même si le style Lucas peut paraître simpliste voire enfantin, il n'en est pas moins un réalisateur novateur et qui voue une admiration sans limites à des maîtres ou des confrères tels que Kurozawa, Spielberg ou Scorcese.

Pleinement lancé dans la révolution du numérique, Il lance alors un nouveau défi aux exploitants de salles : s'équiper en système numérique pour la diffusion de ses films. Nous pouvons parier qu'il leur proposera, depuis son Skywalker Ranch de la Lucas Valley, un système concocté par ses équipes performantes. Ainsi, il pourra de nouveau nous emmener dans une galaxie lointaine, très lointaine….

Pierre Godon

 

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Darth Vador : le côté obscur de La Force à son paroxysme.

 

L'AURA DES JEDI

 

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(Un dossier conçu par Fabien Rousseau)

 

Voici un dossier qui analyse ce mythe des temps modernes en le décortiquant pour mieux comprendre ses mécanismes et ses influences. Une légende devenue une référence incontournable dans le domaine de l'anticipation en faisant partie intégrante de notre culture cinématographique. Cela au même titre que la fanfare de la Fox, l'introduction façon conte de fées (Il était une fois...) et le prélude défilant pour s'estomper dans le vide intergalactique.

Avec des références comme la Force qui nous rappelle le droit chemin s'opposant au Côté Obscur qui ne cesse de vouloir nous séduire. Un mythe resté intact, qui a bercé notre enfance et qui continue d'enthousiasmer de nouvelles générations. C'est cela, la magie du cinéma !

Si George Lucas, grand fan de la bande dessinée d’Alex Raymond, avait adapté les aventures de Flash Gordon (Guy l’éclair en VF), la mythique saga n’aurait sans doute jamais vu le jour. Lorsque Lucas apprit que le producteur Dino de Laurentiis avait déjà acquis les droits de la bande dessinée culte (plus tard, Mike Hodges réalisera en 1980, un navet interplanétaire rythmé par la musique du groupe Queen), il décida de créer son propre univers. Une épopée interstellaire s’inspirant entre autres des légendaires chevaliers de la table ronde en quête du Graal et de la mythologie grecque baignant dans un univers anachronique où se côtoient technologie futuriste, mysticisme et valeurs chevaleresques.

Pour cela, Lucas ambitionne de réaliser trois trilogies pour n’en retenir finalement que deux. Ce space opéra se heurtera pourtant au scepticisme de plusieurs studios avant que la Fox ne donne son aval au projet en 1975. A la sortie du film en 1977, c’est un succès inespéré pour Lucas : les séquences de batailles spatiales et de duels au sabre laser (orchestrés par les fanfares et les symphonies composées par John Williams) resteront dés lors gravés dans toutes les mémoires en même temps que sur la pellicule. Le film qui révolutionne le cinéma de science-fiction, ouvrant la voie à l’ère du numérique et des images de synthèse, avec notamment le développement de la société d’effets spéciaux, Industrial Light And Magic et la première expérimentation du format sonore THX. Lucas déléguera ensuite la réalisation des épisodes suivants (L’Empire contre-attaque en 1980 et Le Retour du Jedi en 1983) à deux autres cinéastes (Irvin Kershner et Richard Marquand), tout en gardant un œil attentif au scénario. La célèbre trilogie récoltera même plusieurs nominations et récompenses aux Oscars pour la bande son, les costumes et les effets sonores et visuels. Ecrite et produite par George Lucas, la saga engrangera par la suite des millions de fans à travers le monde.

La saga Star Wars, c’est une anthologie de toute les légendes antiques et médiévales, avec parfois quelques emprunts à la Bible. C’est le symbole de l’éternel combat entre le bien et le mal avec une dimension à la fois épique et spirituelle. Si dans la première trilogie, les chevaliers Jedi sont relégués au second plan et cela au profit des leaders de la Rébellion, ils n’en restent pas moins des personnages mystérieux. Leur philosophie prônant des valeurs de justice, de loyauté et de sagesse avec un style s’inspirant des samourais du Japon féodal (la ressemblance entre le casque de Dark Vador et celui d'un samourai est frappante). Pour se protéger ou se défendre, ces êtres vertueux manient aussi bien le sabre laser que des pouvoirs psychiques comme la télékinésie, la télépathie, la lévitation et le pouvoir de suggestion, sans oublier leur don prémonitoire. Ils sont constamment confrontés aux guerriers Sith (également appelés Jedi noirs) qui servent le côté obscur de la Force en se nourrissant des sentiments négatifs comme la peur, la tristesse, la haine ou la colère pour étendre leur suprématie dans la galaxie. Les Rebelles semblables aux pilotes et soldats de la seconde guerre mondiale, se battent contre l’Empire galactique qui dans sa hiérarchie, est comparable aux légions de la Rome Antique. Star Wars demeure avant tout un conte de fées moderne avec son lot de chevaliers, de sorciers, de magiciens et de princesse en péril. Tout au long de la trilogie, Lucas reprend les grandes lignes de la légende Arthurienne. Ainsi plusieurs éléments peuvent être associés : Luke et Arthur, le Graal et la Force, Merlin et Obi Wan, Lancelot et Yan ou Mordred et Dark Vador. Grâce à son univers simpliste et positif, Lucas a su faire ressortir la part d’émerveillement qui sommeillait en nous.

L’Episode IV (La Guerre des Etoiles) décrit le parcours d’un jeune fermier nommé Luke Skywalker (Mark Hamill) dans sa croisade contre l’Empire et son âme damnée, Dark Vador (Dave Prowse), le seigneur noir de Sith. Sur sa route, il rencontrera deux droids : R2-D2 (Kenny Baker) et Z6-PO (Anthony Daniels) dont les mésaventures sont directement tirées de La forteresse caché d’Akira Kurosawa, Yan Solo (Harrison Ford), une sorte de desperado sorti tout droit d’un western et dont la tête sera mise à prix par la mafia locale commandée par l’infâme Jabba le Hutt , son fidèle compagnon Chewbacca (Peter Mayhew), la princesse Leia Organa (Carrie Fisher), vaillante, dévouée et rebelle mais surtout il sera initié à la Force par le maître Jedi Obi Wan Kenobi (Sir Alec Guinness), qui deviendra son guide spirituel. Une bonne introduction pour faire connaissance avec les principaux personnages dont les petits querelles nous valent quelques répliques savoureuses avec comme finale, une mémorable bataille spatiale.

Dans l’Episode V (L’Empire contre-attaque), les personnages ont acquis une certaine maturité et leurs liens fraternels se resserrent : l’amitié entre Luke et Yan se renforce malgré qu’ils soient épris de la même femme. La séquence de la bataille dans les neiges atteint une dimension homérique : tels des cyclopes, les machines de l’Empire avancent pour écraser la Rébellion (évoquant Ulysse et ses compagnons dans l’Odyssée) tandis que celle-ci arrive à les repousser par la ruse. Luke cherche sa propre voie afin de succéder à son père, pour cela il sera formé par Yoda et devra affronter son propre reflet dans une scène cruciale. Comme dans une tragédie grecque, le coup de théâtre final amplifie l’intensité dramatique avec la terrible révélation de Dark Vador : le pire ennemi de Luke est son propre père. On note l’apparition de deux nouveaux personnages : Lando Calrissian (Billy Dee Williams) et le chasseur de primes Boba Fett. L’épisode le plus sombre de la trilogie, qui développe la notion de destinée et prend une orientation mystique.

L’épopée se conclue avec l’Episode VI (Le Retour du Jedi) : Luke est en phase de devenir un Jedi. Comme David et Goliath, l’affrontement entre le jeune Jedi et le Rancor (la créature carnivore dans la grotte souterraine du palais de Jabba) est l’illustration de la victoire de l’esprit sur la bestialité. Il sauve Yan d’une mort certaine et révèle à Leia qu’elle est sa sœur jumelle. Pour devenir un Jedi, Luke doit passer l’épreuve du feu : tuer son propre père en duel. Malgré le mal intérieur qui ronge celui-ci, Luke croit encore en lui et c’est l’amour qu’il lui porte qui le sauvera : voyant la détermination inébranlable de son fils qui tente de résister aux assauts de l’Empereur, Vador retrouve son humanité et trouve sa rédemption en offrant sa vie pour sauver celle de son enfant. Le passage le plus émouvant reste le dialogue final où Anakin Skywalker (Sebastian Shaw) affirme à son fils qu’il avait raison d’espérer et qu’il l’a sauvé de lui-même. Luke devient alors le précurseur d’une nouvelle lignée de chevaliers Jedi. Cette dernière partie est certainement celle où l’on a droit à un impressionnant panel de morceaux de bravoure mais se tourne vers un esprit infantile avec l’apparition des Ewoks. On pourrait aussi reprocher à cet épisode de recycler certains éléments de l’Episode IV (L’Etoile noire devient l’Etoile de la mort).

En 1997, Lucas décide de restaurer la pellicule en incrustant quelques effets numériques et remixe les effets sonores et la bande son pour la sortie de l’Edition Spéciale. A l’occasion du 20ème anniversaire de la saga, il rebaptise l’Episode IV, Un Nouvel Espoir. Sur les trois films, seul le dialogue entre Jabba et Yan Solo est vraiment différentiable de l’ancienne version, les autres ajouts ne sont visibles que si l’on est vraiment attentifs aux détails qui ont été glissés (la célébration finale sur les trois planètes dans Le Retour du Jedi, aurait gagné à être développé). Seul le vrai fan fera la différence.

22 ans après la sortie du premier film, Lucas revient derrière la caméra pour tourner l’Episode I : La Menace Fantôme. Le premier segment d’une nouvelle trilogie, chronologiquement antérieure à la précédente qui raconte la jeunesse d’Anakin Skywalker (Jake Lloyd), le futur Dark Vador, qui va aider la reine Amidala (Natalie Portman) et les Jedi, Qui Gon Jinn (Liam Neeson) et Obi Wan Kenobi (Ewan Mc Gregor) dans leur lutte contre la fourbe fédération du commerce commandé en secret par le seigneur Sidious, un maître du côté obscur. Celui-ci envoie son meilleur élève, Dark Maul (Ray Park) pour exécuter ses noirs desseins. Le personnage d’Anakin est à certains moments, assimilé au Christ. On apprend également que les Jedi tirent leurs pouvoirs de la Force grâce à une particularité génétique et que ceux qui sont soumis au côté obscur sont appelés guerriers Sith. Par ailleurs, la séquence de poursuite dans les eaux hostiles de la planète Naboo renvoit à l'attaque de la pieuvre géante du 20.000 lieues sous les mers de Richard Fleischer (d'après le récit de Jules Verne). Malgré le flot d’effets spéciaux pourtant bien soignés et l’intérêt de retrouver des personnages familiers, le jeu des acteurs reste limiter et l’histoire reprend les bases du scénario de l’Episode IV (Un nouvel espoir).

La sortie de l’Episode II a eu lieu le 17 mai 2002 en France et Lucas l'a réalisé de nouveau. Dans les rôles principaux, on retrouvait Ewan Mc Gregor, Natalie Portman et Samuel L. Jackson. Dans les nouveaux venus, c’est Hayden Christensen qui incarne Anakin à 21 ans avec également les présences au générique de Jimmy Smits (qui tient le rôle du sénateur Bail Organa, le père adoptif de Leia) et de Christopher Lee. Le récit s’oriente autour de la romance entre Anakin et Amidala. L’Episode III est prévue pour 2005.

Outre les maquettes, figurines et autres produits dérivés, le mythe de Star Wars se prolonge dans toute une série de nouvelles et de bandes dessinées où l’on retrouve les personnages réguliers mais aussi de nouveaux qui viennent enrichir l’univers connu.

 

Sources consultées :

- Starwars-Universe.com, le site,

- Les dossiers de presse originaux des trois films (Collection du Quotidien du Cinéma),

- Le numéro 7 de la revue Starfix (août 1983),

- "The Starwars Trilogy" de George Lucas, Donald F. Glut et James Kahn (éditions Del Rey/1987),

- "British Films Studios : An illustrated history" de Patricia Warren (éditions Watsford/1995),

- La Revue du Cinéma, n°386, de septembre 1983 pour l'article de Philippe Ross consacré à l'Heroic Fantasy, p 72.

 

 

 

Vous en voulez plus encore ? Voici notre dossier spécial :

 

STAR WARS - EPISODE III : LA REVANCHE DES SITH

 

PREAMBULE

L’histoire prend place 2 ans après l’Episode II : L’attaque des clones et 19 ans avant l’Episode IV : Un nouvel espoir. Tout ce qui s’est déroulé entre l’Episode II et III est relaté dans le cycle Clone Wars : la série animée (2 saisons soit 20 épisodes), les bandes dessinées (5 tomes) et 1 roman. D'autres bd et romans ont également été publiés en anglais.

 

PRESENTATION

Si Star Wars a inauguré le concept de trilogie au cinéma, la saga sera désormais connue en tant qu’hexalogie. Ce riche univers influencé par les légendes antiques et médiévales, doit également son succès au compositeur John Williams qui a su créer une véritable thématique musicale. Avec ses accents de tragédie grecque, l’épopée Star Wars devient un opéra spatial en six actes ayant pour thème central, la filiation car il s’agit bien de l’histoire de la famille Skywalker et de ses pères spirituels.

Les premières images annoncent un film au ton résolument pessimiste dans la lignée de L’Empire contre-attaque. Les évènements vont se succéder : l'effondrement de la République, le déclin de l'ordre Jedi, le retour des Sith et l'affrontement attendu entre Obi Wan et son disciple Anakin qui aura pour conséquence, la naissance de Dark Vador. Outre les récurrentes Coruscant, Naboo et Tatooine, de nouveaux mondes font leur apparition : Kashyyk, la planète des Wookies (Chewbacca reviendra pour quelques scènes) dont les habitations sont perchées sur de hauts arbres, Utapau avec ses villes construites dans les cavernes, Alderaan, terre du sénateur Bail Organa et berceau de la princesse Leia ainsi que Mustafar, dont la surface est recouverte de volcans en perpétuelle ébullition. Après Dark Maul et le comte Dooku (encore présent), c'est le général Grievous, être mi-mécanique mi-organique, qui représentera le plus redoutable adversaire des Jedi. Un palmarès bien fourni auquel s’ajoutent une bataille spatiale de grande envergure incluant de nouveaux vaisseaux et pas moins de quatre duels au sabre laser.

En outre, quelques questions restent en suspens : pourquoi Anakin Skywalker va-t-il trahir ses plus chers amis et embrasser le côté obscur ? Comment le seigneur Sidious va-t-il accéder aux rênes du pouvoir ? Palpatine et Sidious ne font-ils vraiment qu’une seule et même personne ? Des révélations seront-elle faites sur les Sith ? Quels destins vont connaître la sénatrice Amidala et le maître Jedi Mace Windu ? Certaines réponses sont déjà connues concernant l’avenir de Obi-Wan Kenobi, Yoda et des jumeaux Skywalker. Pour le reste, revoyez la saga sur Canal Plus ou ailleurs...

Fabien Rousseau

 

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Une affiche promotionnelle pour l'Episode III

 

LA SELECTION DES IMAGES

 

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Une guerre interstellaire éclate entre l'armée de la République et la flotte Séparatiste dans l'orbite de Coruscant

 

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Anakin pilote un nouveau modèle de Jedi Starfighter

 

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Sous les yeux de Palpatine retenu en otage, Anakin et le comte Dooku livrent un second duel à mort

 

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Le général Tarfull et le vaillant Chewbacca durant le siège de Kashyyk

 

 

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Le chancelier Palpatine devient le confident d'Anakin

 

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La sénatrice Padmé Amidala s'inquiète pour l'avenir d'Anakin

 

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Obi-Wan pendant le conseil Jedi qui vit ses dernières heures

 

 

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Afin d'enrayer la progression du mal, Yoda se sert de son sabre laser

 

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Le seigneur Sidious s'impose par les armes

 

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Les premiers signes du côté obscur

 

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Le vaisseau royal de Padmé quitte la planète Mustafar

 

 

 

LA CRITIQUE DU FILM "LA REVANCHE DES SITH"

 

1°)AVIS

Symphonie d’images et de lasers.

De l’avis du fan, du vrai, celui qui fume deux paquets de gitane sans filtre par jour pour retrouver la voix de Dark Vador, les deux premiers épisodes de Star Wars n’étaient pas à la hauteur des trois derniers. Tous attendaient alors le troisième volet. Ce mercredi 16 mai, c’est Noël. Ce jour que l’on attend des semaines et des mois et qui, une fois passé, semble n’avoir duré que quelques minutes. Star Wars III, sous-titré La Revanche des Sith, c’est Noël. Et donc une pluie de cadeaux. De toutes sortes. Le spectateur sera comblé, noyé sous les torrents d’images, de couleurs et de sons. George Lucas dit à présent qu’il pourra se concentrer sur un autre type de production cinématographique, fait surtout de couleurs et de formes.

A voir cet épisode, on en salive d’avance. Car, en accumulant les combats au sabre laser –évitez le premier rang lors de la projection- les cascades aériennes –la deuxième rangée également- et les folles poursuites sur toutes les planètes que peuvent compter le système Lucas, le spectateur est collé à son siège, plongé dans un univers que l’on redécouvre. Un univers Star Wars qui semblait loin après la passade amoureuse de l’épisode II. Et ici, que l’on soit fan ou non de la saga, il faut reconnaître que George Lucas vient de prendre une sacrée longueur d’avance sur tous ses adversaires. La vitesse d’exécution est vertigineuse, les incrustations des images de synthèse dans les prises de vue réelles passent inaperçues. C’est un spectacle prodigieux, que l’on n’avait sûrement jamais vu au cinéma. J’en veux pour preuve la scène d’ouverture dans laquelle Anakin et Obi-Wan Kenobi volent au milieu des soldats ennemis pour secourir le chancelier Palpatine aux mains du Général Grievous.

Palpatine ? Grievous ? Je vois les non-initiés de Star Wars plisser le front. Pourtant, Georges Lucas sait construire les différents niveaux de son film. Il y en a pour tous les publics. Les fans remarqueront les ficelles se tendre entre divers personnages, les débutants baveront devant la splendeur de certaines scènes d’action, et les étudiants en science politique prendront des notes pour leur futur exposé portant sur le Mal. Parce que la réflexion sur la frontière entre le Bien et le Mal est ici bien plus pointue que dans les trois précédents. Qu’est-ce que le Bien ? Quelque chose de subjectif. Si les guerres existent, c’est que les deux camps pensent défendre leur vérité et leur idée du monde. Il n’y a pas un Bien contre un Mal. Constat amer mais lucide. Et si les Jedi représentaient le Mal ? C’est l’idée que soulève Padmé Amidala, jouée par une toujours plus belle Nathalie Portman. Voici le vrai cinéma de divertissement : de l’action à outrance mais non dénuée d’une profondeur qui pourra ravir toute la famille.

Cet épisode III est d’une densité prodigieuse. Le spectateur retient son souffle jusqu’au générique final. La transition entre les deux séquences de la saga est parfaite. Et surtout l’ensemble parait d’une grande cohérence. Même l’atmosphère et les lumières ne sont plus aussi farfelues que dans le deuxième volet. Tout est noir et les éclairages se déclinent selon ce modèle de noirceur et d’obscurité. Tout se suit parfaitement. Si bien que l’on en oublie que ce troisième volet est le dernier. Et qu’il faut se faire une raison : Star Wars, c’est fini. Que dire de plus sinon que Georges Lucas a réussi son pari : avancer à pas feutrés dans les deux premiers épisodes pour réaliser un bouquet final de toute beauté. Final oui. Car, George Lucas l’affirme. Il ne réalisera pas les trois derniers volets comme peuvent le dire les fans. Tant mieux. L’ensemble est clos.

Finalement, Star Wars se résume à une scène, celle où Anakin enfile le masque de Dark Vador. La réalisation est ultrasimple mais fait mouche. La scène se grave dans la mémoire. Star Wars, c’est simple mais tellement bon.

Matthieu Deprieck

 

2°)AVIS

Les fans de George Lucas sont des gens courageux. Après avoir patienté plus de 15 ans entre Le retour du Jedi et la fumeuse menace fantôme, voilà que les deux premiers épisodes tant attendus sur les origines de la saga font grimacer jusqu’aux plus mordus de l’univers Star Wars. Aux personnages transparents voire carrément insupportables (qui n’a jamais rêvé de voir Jar Jar Binks mourir dans d’atroces souffrances ?) de l’épisode 1 répond la love story mielleuse et pénible de L’attaque des clones, opus moins raté mais néanmoins excessivement décevant. Mortifié par 15 années sabbatiques le mégalo George ? A l’entendre pourtant, les épisodes 1 et 2 sont des prouesses techniques incontestables qui posent des jalons quasi révolutionnaires dans l’histoire du septième art : images de synthèse exploitées au maximum, tournage en numérique, post production revue et simplifiée par le digital. Tous ces arguments imparables ne répondent pas à une question simple : pourquoi alors les films ne sont-ils pas meilleurs ? Acculé par des critiques parfois assassines, Lucas n’a plus qu’un film pour prouver à tout le monde que sa nouvelle trilogie n’est pas qu’une opération commerciale de génie. Aura-t-il retrouvé, du moins en partie, son inspiration d’autrefois ?

Sans aucun doute, La revanche des siths est le meilleur épisode de la nouvelle trilogie et ce pour une raison simple : enfin nous allons découvrir pourquoi et comment Anakin Skywalker va devenir le terrible Dark Vador. Tout au long d’une intrigue rondement menée, le mal grandit dans le cœur du héros comme dans les arcanes d’une république en passe de devenir une impitoyable dictature sous le joug de l’infâme Palpatine. Tout le mérite de cet épisode est d’avoir su se concentrer sur le trouble d’Anakin : ses doutes, ses peurs, ses frustrations décuplés par les manipulations d’un maître du côté obscur, le futur empereur. Abandonnant l’humour maladroit du premier volet et la guimauve du second, Lucas a habilement construit un récit parfaitement rythmé entre scènes intimistes captivantes –les échanges entre Palpatine et Anakin notamment- et action pure avec effets spéciaux de premier choix. Autant dire que dans la recette, il y en a pour tout le monde et surtout pour les fans qui verront enfin la déchéance d’Anakin lors d’un combat anthologique avec son ancien maître et sa funeste résurrection en Dark Vador. On s’étonnera d’ailleurs de la violence de certains combats : mains coupées, décapitations au sabre laser, enfants Jedis assassinés de sang froid et hécatombe multiples, un programme qui nous éloigne singulièrement des facéties de Jar Jar Binks…

Bien sûr, certains diront que le passage d’Anakin vers le côté obscur méritait plus qu’un film et que Lucas a finalement perdu beaucoup de temps avec l’épisode 1 et 2 avant d’attaquer enfin le vif du sujet dans cet ultime opus. Ils n’auront pas forcément torts mais cette démarche reste dans la logique du réalisateur qui a toujours eu un génie incontestable pour gérer sa franchise en frustrant ses fans dévorés d’impatience. On posera également un bémol sur l’utilisation à outrance du numérique qui vient parfois parasiter la cohérence visuelle de certaines scènes à l’image du combat final sur la lave où plusieurs incrustations hasardeuses laissent vraiment perplexes. A force d’en faire trop avec ses nouvelles technologies, Lucas finit par tuer une dimension poétique qui manque cruellement à cette nouvelle trilogie : fonds bleus voyants, images de synthèse plus proches du jeu vidéo que du cinéma, esthétique glacée due à une image digitale aseptisée de tout grain. Ses partis pris visuels, regrettés par les uns, célébrés par les autres, n’empêchent toutefois pas d’apprécier à sa juste valeur un film globalement réussi et euphorisant qui devrait enfin mettre tout le monde d’accord.

Frédéric Lanoy

 

3°)AVIS

Bas le masque !

Ultime volet de la saga Star Wars entamée il y a bientôt 30 ans, La revanche des Sith est sans conteste le film le plus attendu de cette année.

Attendu par les fans de la première heure prêts à camper pendant des mois en tenue de Dark Vador devant leur cinéma préféré. Attendu aussi par les détracteurs sans doute plus sensibles à la vision mercantile de l'empire Lucas Films qu'à l'oeuvre cinématographique en elle-même. Au final, il reste un film de qualité et un cinéaste rendu génial par le simple fait qu'il sut entraîner des millions de personnes dans les salles obscures pour suivre une histoire dont tous connaissaient l'issue.

Ne nous y trompons pas : ce troisième volet regorge toujours autant de combats spatiaux, de sabres laser, de créatures poilues et de drôles de droïdes. Mais surtout, il apporte, à toute une génération avide de comprendre, les réponses aux questions posées dans la saga originelle. Pourquoi Yoda vit-il reclus sur une planète inhospitalière ? Pourquoi Luke et Leiä ont-il été séparés dès leur naissance ? Comment les héros parviennent-ils à communiquer avec leurs défunts dans La revanche du Jedi ? Et surtout pourquoi Anakin Skywalker, l'Elu parmi les Elus, bascule-t-il du côté obscur de la Force en devenant le sombre Dark Vador ?

Pour fournir les réponses, George Lucas s'appuie ici sur une recette qu'il sait d'avance gagnante. En guise d'ouverture, c'est ainsi une scène de combat spatial de près de 20 minutes qui plonge le spectateur dans la bataille. Nos héros Jedi entament alors une vraie guerre contre leurs ennemis jurés, les Sith. Le sort de l'humanité est plus que jamais entre leurs mains. Un volet très sombre En pleine possession de la Force, Anakin Skywalker démontre tout son talent en éliminant le sombre comte Dooku. Un acte qui lui vaut la reconnaissance du conseil des sages mais le plonge aussi dans d'obscurs doutes. La transformation est en marche ! Et ce sont finalement des intérêts personnels qui le pousseront peu à peu à trahir les siens. Persuadé que sa femme, la reine Amidala, périra en donnant naissance à son enfant, il choisit le côté obscur de la Force pour tenter de la sauver. Peine perdue, la jeune femme interprétée par une Nathalie Portman au sommet de la mièvrerie, quittera bien la saga sur une scène dans laquelle elle fut d'ailleurs la plus convaincante : son enterrement.

Après un aperçu clin d'oeil de la planète des Wookies, Lucas nous replonge au coeur de l'intrigue : la métamorphose d'Anakin en Dark Vador. Et c'est finalement à l'issue d'un combat dantesque avec son mentor Obi-Wan Kenobi qu'elle interviendra. Déjà anthologique, la scène durant laquelle Anakin se drape de ses nouveaux oripeaux, masque et membres artificiels, témoigne d'ailleurs de la noirceur de ce dernier volet. Un volet qui risque fort de disputer le titre de meilleur film de la série avec les épisodes V et VI.

Dans un savant cocktail d'action, de romance et de tragédie, Lucas signe ici un film, n'en déplaise à ses détracteurs, qui restera gravé dans les annales cinématographiques.

Vincent Vantighem

Dernière mise à jour : ( 16-07-2012 )
 
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