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"Demi-Soeur". Un film de et avec Josiane Balasko, Michel Blanc, Brigitte Roüan, Françoise Lépine.

Sortie le 05 juin 2013.

Crédits photographiques : Studio Canal.

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Public Enemies de Michael Mann avec Johnny Depp, Marion Cotillard, Christian Bale. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Frédéric Coulon   
08-07-2009

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Sortie le 08 juillet 2009.

Crédits photographiques : Universal Pictures International France.

En 1929, les Américains virent les économies de toute une vie fondre en quelques heures. Des millions d'entre eux se retrouvèrent sans emploi. Les banques les avaient trahis, et leur gouvernement était impuissant à surmonter cette Crise sans précédent. Il fallait à ces perdants un héros, un homme qui les venge en pillant les banques. Ce fut John Dillinger.

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1°)AVIS

Michael Mann parvient tout juste à associer le fond à la forme. La forme, virtuose, se risque parfois à écraser les interprétations et les sentiments. Ensuite par contre, le film monte en puissance, remarquablement servi par la prestation de Johnny Depp, acteur aux talents indispensables. Les vingt premières minutes sont superficielles, car les acteurs semblent n'être que dans du vidéoclip, zappés qu'ils sont par la caméra nerveuse de Mann. Le montage zappe trop, à mon goût, l'éclosion de l'histoire d'amour entre Dillinger et Billie Frechette : en clair c'est superficiel et semble arrangé pour mieux ménager la nervosité du scénario. Mais au change, on perd quelque chose. Michael Mann aurait bien fait, que de consacrer 15 minutes supplémentaires à ce couple, ne serait-ce que pour justifier les larmes qui viendront. Marion Cotillard joue donc les seconds rôles.

"American Gangster" avait réussi là où "Public Enemies" réussit à peu près : combiner dans une même intrigue, le point de vue de l'homme à abattre et de celui qui le pourchasse. Mais la comparaison s'arrête là : Michael Mann manque cruellement la reconstitution d'une ambiance « années 30 », là où Ridley Scott avait la chance de traiter d'une époque beaucoup plus proche de nous. M. Mann est en mode focus dès qu'il faut filmer un habitat, une rue ou un immeuble, cela empêche le spectateur de s'imprégner tout-à-fait du contexte. Alors il va sans dire que sans un réalisme sentimental ni une reconstitution aboutie d'une ambiance, Michael Mann peut très bien se montrer virtuose derrière la caméra que cela ne fait que lui faire rattraper des points perdus.

Éclosion de l'enquête scientifique, démonstration des nouvelles méthodes d'interrogatoires, armement lourd des agents : le FBI de Monsieur Hoover prenait son envol. Ce côté historique sur Hoover et le FBI, né de la confrontation avec le grand banditisme et la contrebande, est très agréable à suivre, bien que tout soit clippé, comme saupoudré tout au long du film. De même, la vie de John Dillinger, le plus grand braqueur que l'Amérique n'ait jamais porté dans ces années de prohibition, est somme toute fascinante à suivre. Le personnage en vaut la chandelle. Et quand c'est Johnny Depp qui en est l'interprète, vous comprenez qu'un tel film, basé sur ce héros « noir », ne peut qu'être réussi. Même si je minore le rôle constructif de Michael Mann, dans la profondeur du film, il est évident que ses talents donnent un coup d'accélérateur dans bien des détails du scénario. Le film séduit. Convainc-t-il ?

"Public Enemies" peut laisser insensible, car de facture terriblement US : donnant la priorité au choc de l'image (notamment des séquences de fusillades sans noms, qui décidément continuent de démontrer que Mann est le spécialiste du genre), à la forme et au montage, il en oublie de se reposer un peu sur le talent de Christian Bale ou Johnny Depp. Dommage, car l'idée de leur confrontation ne reste qu'une idée. Les traits humains de ces deux personnages sont étouffés.

Mais doit-il être considéré comme bon ? Pourquoi le combat mené par l'agent incarné par Christian Bale laisse-t-il insensible ? Pourquoi manque-t-il de réalisme dans l'histoire entre Dillinger et Frechette ? Et bien sûrement parce qu'à force d'user d'une caméra qui n'a rien de commun avec un œil humain, et bien on n'y croit plus.

Un beau film donc.

Frédéric Coulon 

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2°)AVIS

La frenchie ? Marion Cotillard. Le pirate ? Qui d'autre que Johnny Depp ? Les deux acteurs se retrouvent devant la caméra de Michael Mann pour une histoire de banques, de braquages et de Grande Dépression, autour de la figure mythique de John Dillinger.

Dire qu'on l'attendait est un doux euphémisme. Pensez donc, on nous promettait le mélange entre un grand réalisateur, un interprète incroyable et une actrice frenchie oscarisée... Un rêve de cinéphile, non ? Le film, c'est donc "Public Enemies". L'histoire, presque vraie, du jeu du chat et de la souris de John Dillinger et du FBI, personnifié par le grand patron, John Edgar Hoover, et par l'agent Purvis, celui qui finira par mettre la main sur le gangster. Presque vraie ? Parce que l'histoire a toujours plusieurs facettes et que, entre "la vérité et la légende, les journaux de l'époque ont préféré imprimer la légende..." Une réplique tirée de "L'homme qui tua Liberty Valance" de John Ford avec John Wayne et Lee Marvin, un autre film autour des cow-boys cette fois, des flingues toujours et des figures charismatiques. Des thèmes qui ont toujours plu aux grands réalisateurs américains.

Et il faut avouer que ce n'est pas un hasard si le personnage dont il est question ici a beaucoup inspiré le cinéma. Dillinger et son gang ont sévi pendant la Grande Dépression, et sa propension à la bravade et à tourner en ridicule les forces de police avaient fait de ce gentleman cambrioleur un Robin des Bois des temps modernes. Un héros romantique, qui collectionne aussi les femmes, forcément, et joue les beaux parleurs à merveille... Un gangster qui réussit, se moque de l'autorité et joue les justiciers, ne veut pas ralentir, mais vit au jour le jour, sachant pertinemment que son destin se trouve au fond d'un barillet de revolver, c'est presque trop beau pour être vrai.

Trop beau pour être vrai aussi : Johnny Depp... Un acteur aux multiples visages pour incarner un gangster adepte de la chirurgie esthétique. Depp lui prête son charisme, évident, son élégance, bien sûr, et son sourire accrocheur. Il lui prête aussi ce masque de cire qu'il sait si bien nous montrer, quand il le faut. Visage fermé ou oeil malicieux, il est juste, inspiré. On se rappelle de la détermination du Jesse James interprété par Brad Pitt il y a peu, on retrouve là la même interprétation impeccable, habitée. Le seul problème ? On en a trop l'habitude avec Johnny Depp ! Face à lui, une jeune actrice française. Pour son premier film « post-Oscar », Marion Cotillard se retrouve donc devant la caméra d'un des plus grands réalisateurs du cinéma hollywoodien, et elle y est parfaitement juste, elle aussi.

Rien à reprocher donc à ce "Public Enemies", signé d'un grand nom et interprété au cordeau. Rien, si ce n'est un manque de folie, d'une aspérité à laquelle s'accrocher pour se laisser emporter par le romanesque John Dillinger dans sa fuite en avant, jusqu'en enfer s'il le faut.

Fadette Drouard  

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3°)AVIS

Avec « Public Ennemies » Michael Mann reste dans le thème qui lui est très cher, celui des gangster et des bandits. Après l’adaptation de sa propre série au grand écran, « Miami Vice », et le très bon « Collateral » le réalisateur s’attaque cette fois ci au film d’époque avec reconstitution, costumes et tout le tralala.

En s’intéressant à John Dillinger c’est directement dans les années 30 et l’époque de la grande dépression que nous envoie Mann. Tout est là, l’environnement est excellemment reconstitué, le film est très bien documenté sur l’époque, mais à la vue de « Public Ennemies » on sent quelque chose qui ne tourne pas rond et sonne faux sur l’ensemble du film. Ce fléau s’appelle le numérique. Avec cette nouvelle technologie, Mann a cru trouver la solution magique pour faire des films mais on en est bien loin. Alors que la méthode se prêtait fort bien à « Collateral » et « Miami Vice » créant ainsi une image froide et mécanique s’adaptant à l’époque traitée, c’est tout un autre problème pour ce qui est des années 30. Tout le travail de reconstitution est gâché par un image qui donne à « Public Ennemies » un aspect à la fois de making-of, de clip, ou de premier court-métrage particulièrement énervant au bout de 2h15 de film.

Le principal argument du film repose bien sûr sur l’éventail de stars que compose le casting. Marion Cotillard signe son premier film post-oscar et montre qu’elle est bien partie pour conquérir l’Amérique. Christian Bale est relégué au second plan, mais remplit toujours sa mission du gars qui n’a aucune expression sur le visage mais qui en impose à l’écran. Et, pour finir, presque comme dans tout les films où il est présent, Johnny Depp attire toute l’attention tellement son jeu est excellent, et il signe ici un des plus grands rôles de sa carrière.

Toutefois, tout ce beau monde ne suffit pas à faire le film de l’année et « Public Ennemies » souffre de nombreuses choses. La principale est un problème de rythme. Les premiers trois quart d’heure du film sont dignes des plus grands films de gangster, mais rapidement la machine s’essouffle et le film connaît de nombreux vides. Au bout d’une heure quarante, le film commence totalement à fonctionner à vide et ce n’est que dans les dernières minutes que Michael Mann rétablit toute la tension que l’on peut attendre. Raccourci d’au moins un demi heure, « Public Ennemies » aurait était le carton annoncé car il ne faut pas non plus négliger les talents de réalisateur de Michael Mann qui met tout de même en scène d’excellentes séquences lorsqu’il s’agit d’actions, de fusillades et de braquages de banques.

« Public Ennemies » est donc loin d’être le grand film annoncé. La caméra numérique est sûrement son plus gros défaut, mais le film manque de nombreuses choses telle que l’utilisation plus importante de l’époque qui, dans le fond, n’est presque pas exploitée. On ne fait que survoler le personnage de John Dillinger alors que celui ci semble plus que fascinant. Sans tomber dans un bide artistique total, et tout en se laissant regarder, « Public Ennemies » est sûrement l’une des plus grosses déceptions de l’année comparé aux attentes du public !

Florent Capoen

Dernière mise à jour : ( 19-08-2009 )
 
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