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"La Fleur de l'Age". Un film de Nick Quinn avec Jean-Pierre Marielle, Pierre Arditi, Julie Ferrier, Artus de Penguern.

Sortie le 01 mai 2013.

Crédits photographiques : Mars Distribution.

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Interview d'Albert Dupontel pour le film Le Vilain. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Pierre Lucas   
25-11-2009

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"Le Vilain". Un film de et avec Albert Dupontel et Catherine Frot.

Sortie le 25 novembre 2009.

Crédits photographiques : StudioCanal.

Interview d'Albert Dupontel pour

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(Propos recueillis par Pierre Lucas à Lille le 6 novembre 2009).

 

"Le Vilain" est votre quatrième en tant que scénariste, acteur, réalisateur... Pourquoi se mettre autant de responsabilité sur le dos ?

Ce n'est pas ce que j'appelle une responsabilité. Elever son gamin, ça oui c'est une putain de responsabilité ! En l'occurrence Catherine Frot dans le film l'a ratée puisqu'elle a élevé un sale gosse sans s'en rendre compte. Non, ce n'est pas une responsabilité, c'est comme le type qui traverse l'Atlantique sur son bateau tout seul. Pourquoi faire ça ? Ca l'amuse le mec sinon il le ferait pas. Responsabilité est un mot très sérieux qui s'applique mal à cette entreprise qui est faite sérieusement mais qui a pour vocation à ne pas être sérieuse et à distraire les gens. 

 

N'empêche, en multipliant les tâches n'y a t-il pas des moments où on perd le fil, où on sait plus on va, ce qu'on fait là ?

Sur "Enfermés Dehors" il y a eu de grands moments de doute parce que je n'avais pas les moyens de faire ce film. C'était une succession de chutes, de cavalcades et j'ai même dit au producteur ''Je ne finirai pas.''. J'ai fait des pauses pendant le film, j'ai pris des produits totalement illicites – en l'occurrence de la cortisone, ce n'était pas méchant, c'est très fréquent dans le cyclisme ! (rires) - qui m'ont permis de tenir jusqu'au bout. J'ai vraiment cru que je n'y arriverais pas, c'était trop de travail. Je n'ai pas pris de plaisir à faire ce film et c'était une erreur. J'ai retrouvé le plaisir avec "Le Vilain" parce que la charge était beaucoup moins écrasante: je voulais presque un "Au Théâtre Ce Soir", un huis clos avec des portes qui claquent... Sauf que le mobile n'est pas libertin parce que ça ne m' intéresse pas : il veut tuer sa mère. Et on doit réussir à faire tenir ça dans ce terrain de bataille qui est la maison de son enfance. J'étais moins fatigué, plus détendu et je savais que j'allais aller au bout du film. Malgré tout il fallait terminer à l'heure dite. C'est un vrai plaisir, le mot ''responsabilité'' est disproportionné.

 

C'est en réaction à "Enfermés Dehors" que vous vous êtes dit ''Pour celui-ci je fais un plus petit film.'' ?

Pas du tout. D'abord parce que c'était mon plus gros budget, ne serait-ce que parce que j'ai pu m'offrir les services d'une star, Catherine Frot. Ensuite je ne fonctionne pas comme ça. Je ne me dis pas ''Je vais faire un petit film ou un gros film.''. Il se trouve que quand vous commencez un film il vous amène là il doit vous amener. Là j'attaque un nouveau film, c'est une histoire d'amour improbable, je ne sais pas encore ce que ça va donner mais je me borne à me dire ''Où est-ce que je vais pouvoir mettre les fantaisies qui m'amusent bien d'habitude ?''. Ce film-là, je l'ai commencé en ayant une grosse appréhension : ''C'est très moral !'', ou ''C'est sur le Bien et le Mal'' ou alors ''C'est super bénin''...

Et puis tout d'un coup est arrivé le docteur William et je me suis dit ''Ah ! Voilà un gars qui va foutre le chaos là-dedans !''. Et en tant que mec qui aime bien les gags, je m'y retrouvais. Et puis Pénélope la tortue est arrivée : ''Ah ! Formidable !''. Et j'ai commencé à m'amuser là-dessus, donc j'ai pu retrouver l'écrin que j'aime bien pour livrer une histoire qui a son fondement, sa sincérité. Dans le prochain le sujet me touche mais je n'ai pas encore trouvé les épices. Finalement on dit que le style fait l'homme, c'est très vrai : tant que je n'ai pas trouvé ce qui pouvait m'amuser il n'y aura pas de sujet véritable. Tous les sujets ont été racontés en littérature ou au cinéma, à vous de les réinventer à votre façon. Les rapports parents-enfants ça a été traité des bonnes centaines de fois mais de cette façon-là peut-être pas ! On réinvente un rapport freudien assez comique.

 

Vous êtes quelqu'un de fidèle, que ce soit envers votre équipe technique que vos comédiens...

Ce n'est pas une vertu quand on connaît des acteurs comme ça. Même quand ils ne sont pas ou trop connus on en profite. Je ne me dis pas ''Soyons fidèles.''. Si c'était des truffes, je ne les reverrais plus. il y a des acteurs qui m'ont déçu, leurs rôles ont été rétrécis et je ne les ai plus jamais revus. Je les aime bien sauf que ça ne collait pas, ce n'était pas qu' ils étaient mauvais mais avec moi ça ne collait pas, c'est tout. Ca ne marche pas à tous les coups.

 

En l'occurrence ça devait bien coller avec Bouli Lanners sur "Enfermés Dehors" pour que vous lui confiiez un rôle plus important dans "Le Vilain"...

C'est un mec super. Je trouve que c'est un acteur-réalisateur de génie, son "El Dorado" m'a scotché et comme acteur il fait des trucs incroyables, il dégage une humanité, une tendresse. Même en lui faisant faire un rôle de méchant il est épatant, clownesque. Il est formidable ce type, je le connais depuis longtemps. Et Nicolas Marié ça fait dix-sept ans que je fais des films avec lui. Duquesne je n'en parle pas : sa scène ne vaut rien si ce n'est pas lui qui l'a fait.

Catherine Frot, ça a été le grand risque et la grande révélation du film. Elle s'est complètement fondue dans ce moule de travail et fabrication. Je crois qu'elle a pris du plaisir. Le mieux pour le film était qu'elle prenne du plaisir dans ce travestissement parce que bizarrement d'être déguisé c'est contraignant au début, c'est très angoissant, mais quand on tient bien son personnage c'est très amusant. Comme ce petit vieux que je joue à la fin : j'en ai coupé beaucoup ; il y avait de véritables improvisations qui faisaient beaucoup rire l'équipe technique mais qui n'avaient absolument aucune place dans ce film, quoi que j'ai pu essayer ! Bizarrement se cacher derrière un clown ça aide. Si on ne le trouve pas c'est une catastrophe mais quand on le trouve, comme c'est le cas de Catherine, ça aide à raconter plein de choses sur elle, sur la vie, sur son rapport à la vieillesse... Elle s'est beaucoup cachée pour finalement beaucoup se livrer.

 

C'est un pari risqué de faire jouer votre mère par Catherine Frot...

C'était le véritable enjeux de ce film, beaucoup plus que des prouesses physiques ou de caméra, de capter ce truc qui était sur le papier vraiment improbable. Quand j'ai demandé à Catherine Frot de faire ma mère, plein de gens m'ont dit ': 'Mais t'es fou ! Pourquoi tu ne prends pas telle ou telle actrice qui a l'âge du rôle ?''. A tel point que j'en doutais beaucoup. Mais quand j'ai vu les premiers essais et que j'ai vu l'intérêt de Catherine j'ai tout de suite vu que ça pouvait être formidable.

 

Lors de ces essais vous vous laissiez, vous et Catherine, la possibilité de tout arrêter si ça ne convenait pas ?

Oui, absolument. On a été jusqu'à fin juin comme ça, on était à deux doigts du tournage. Tous les deux, pour la mettre à l'aise. Je lui disais : ''On est bien d'accord : si tu ne le sens pas...''. Un jour je vois les premiers essais que je trouvais pas mal et elle m'appelle en me disant ''Ca ne va pas du tout, t'es d'accord ?''. Je lui répondait que non. '' Ah bon ?''. Elle prêchait le faux pour savoir le vrai ! (rires) Elle était dans un tourment... Elle a d'autant plus de mérite parce que je crois que c'est l'actrice préférée des français avec Sophie Marceau. Elle ne mettait pas sa carrière en jeu mais elle prenait un putain de risque quand même. Et au-delà des pudeurs qu'elle peut avoir – elle est encore jeune par rapport au personnage – c'était vraiment un remue-ménage. Même si je lui disait que c'était du burlesque et qu'il n'y avait rien de sérieux là-dedans mais il fallait quand même qu'elle l'impose cette bonne femme !

 

Vous avez rencontré Catherine Frot sur "Odette Toutlemonde" d'Eric-Emmanuel Schmidt. Quel plaisir trouvez-vous à faire l'acteur chez les autres ? 

Je m'abandonne complètement. Je ne pense plus à moi, je ne suis plus moi, je suis un autre et la responsabilité appartient à l'autre. Je joue souvent dans des registres dramatiques parce que je ne sais pas du tout faire ça tout seul et je me vide bien la tête sur ces films-là. C'est presque de l'ordre de la thérapie : quand je sens que je comprends l'histoire, que le metteur en scène est digne de ce nom et que je pense que je peux apporter quelque chose alors je m'engouffre dedans avec la tentative de m'oublier totalement. Des fois, vous êtes déçu au bout d'une semaine de tournage en tant qu'acteur, ça ne colle pas du tout avec le mec en face. C'est arrivé quelque fois, des grosses expériences ratées qui à chaque fois apporte une méfiance par rapport aux autres . Mais il y a eu aussi des expériences réussies comme Deux Jours A tuer où j'ai passé un bon moment.

 

Envisagez-vous de réaliser un film sans y interpréter de rôle ?

Oui. A chaque fois je dis que je vais le faire, je suis un putain de menteur ! Mais à chaque fois j'ai des budgets qui ne me permettent de m'offrir Dupontel ! Alors Dupontel va faire un effort ! (rires) Et ensuite parce que les personnages que je joue sont des clowns que je connais bien. Tant que je sens que je pourrais le faire je le ferai, c'est quand même pratique. En plus ça me rapproche beaucoup des autres acteurs. J'ai toujours trouvé que mes acteurs donnaient beaucoup plus parce qu'il y avait un côté ''Pont d' Arcole'' : je suis vraiment proche d'eux, je transpire avec eux, je bafouille avec eux, je rate mes prises avec eux...

Catherine, il y a pas mieux pour la mettre en confiance que de partager la peine de jouer la comédie devant la caméra. Je ne suis pas didactique derrière mon combo à dire ''Fais ci, fais ça.'', j'essaie avec eux, parfois je me trompe et je recommence... Tout ça créé une fraternité, un lien et, indiscutablement, les acteurs se donnent corps et âmes pour faire plaisir à leur copain qui est acteur comme eux. Mais il y a des acteurs qui me font envie dans le cinéma français et international et j'aimerais bien les faire jouer donc à un moment donné il faudra quand même que je m'éclipse. Mais la mégalomanie je ne l'ai jamais pour jouer, c'est vraiment parce que je me sers de moi comme d'une marionnette. Ce qui est très pratique, je les connais bien ces bonshommes.

 

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Dernière mise à jour : ( 10-01-2010 )
 
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