RECHERCHE

INTERVIEWS

Interview de Romain Duris pour le film L'Ecume des Jours.

Image

"L'Ecume des Jours". Un film de Michel Gondry avec Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maïga, Philippe Torreton.

Sortie le 24 avril 2013.

Crédits photographiques : Studio Canal.

Lire la suite...
 

CYCLES ET FESTIVALS

Le 8ème Festival Cinémas d’Afrique du 22 au 25 août 2013.

 

 

 

L'actualité des festivals de cinéma et des sorties en salles vue par la rédaction du magazine.

Lire la suite...
 

SYNDICATION

Liens RSS
Hannibal de Ridley Scott avec Anthony Hopkins, Julianne Moore, Gary Oldman, Giancarlo Giannini. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Christophe Dordain   
27-07-2010

Image

Sortie le 28 février 2001.

Crédits photographiques : UIP.

Il y a dix ans, le docteur Hannibal Lecter s'échappait de sa cellule. Clarice Starling, agent du FBI sur la touche, n'a pas oublié sa rencontre avec lui, sa présence troublante et le son grave de sa voix qui hantent toujours ses nuits. Mason Verger, un ancien patient, se souvient également d'Hannibal, puisqu'il a été sa quatrième victime. Malgré le fait qu'il ait été atrocement défiguré et mutilé, il a survécu. Il nourrit sa vengeance depuis dix ans. Devenu extrêmement riche, il promet une récompense de trois millions de dollars pour quiconque le repérera. L'inspecteur Rinaldo Pazzi lui téléphone pour l'informer de sa présence en Italie. En effet, après avoir changé d'identité, Hannibal est devenu le conservateur d'un musée à Florence. Et pour attirer ce dernier dans ses filets, Mason connaît un appât irrésistible : Clarice Starling. L'heure de la vengeance va peut-être sonner.

 

Image

 

1°)AVIS : POUR

Il y a maintenant dix ans, en matière de film horrifique, le spectateur moyen pensait avoir atteint le sommet avec la sortie du film de Jonathan Demme : "Le Silence des Agneaux". Hannibal Lecter, qui n'était pourtant pas le personnage central de ce premier opus, était devenu sans conteste le serial killer le plus terrifiant de toute l'histoire des meurtres en série. Aussi, l'idée d'une suite apparaissait, au premier abord, peu envisageable. C'était mal connaître ce vieux pirate de producteur qu'est Dino de Laurentis. Ce dernier pris contact avec Thomas Harris pour qu'il écrive une suite cohérente à l'affrontement teinté d'attirance mutuelle entre Clarice Starling et Hannibal Lecter. Le roman fut publié en 2000, comprenant 700 pages truffées de surprise et de suspense. 

Dirigé par Ridley Scott, qui a donné ses lettres de noblesse au film de terreur avec "Alien", en 1979, la suite tant attendue du film de Demme tient nombre de ses promesses. Tout d'abord, par l'évidente qualité plastique de la mise en scène. Scott est un esthète, formé aux beaux-arts, et qui n'a jamais renié cette formation initiale. On peut ainsi observer une continuité dans la composition de ses plans et la maîtrise de son cadre, depuis "Blade Runner" jusque "Traquée". "Hannibal" ne déroge donc point à cette règle et la localisation de l'intrigue dans la ville de Florence permet au cinéaste d'origine britannique de concevoir une succession de séquences reflétant ce qu'est Florence, en l'occurrence le repaire idéal de Lecter. Cette ville italienne a connu, en raison de son histoire, un enchevêtrement d'événements tragiques et extraordinaires à la fois. Place forte de la Renaissance et lieu d'affrontements politiques débouchant sur les pires atrocités, Florence constitue le décor idoine pour accueillir Hannibal Lecter, ce monstre tant fasciné par la beauté des oeuvres florentines. 

Le film répond également à notre attente quant à l'affrontement inévitable entre Starling et Lecter. Les rapports particuliers entre la proie et le chasseur du FBI qu'est Starling, ces liens étroits entre deux personnages que tout oppose et qui ne semblent pourtant pas pouvoir se passer l'un de l'autre, constituent l'axe majeur sur lequel s'appuie Scott pour développer son intrigue. Le spectateur sait, dès le départ, que les retrouvailles concluront le film. Toutefois, cela se terminera-t-il par un carnage ? Lecter se laissera-t-il aller à ses vils instincts ? A ce titre, l'une des dernières scènes apporte une réponse édifiante. 

Il est de même acquis que l'intérêt de cet affrontement réside pour beaucoup dans la qualité de l'interprétation. Nulle inquiétude ne pointait à l'horizon au moment de l'élaboration du casting quant au choix d'Anthony Hopkins, tant ce dernier avait marqué Lecter de son empreinte. Par contre, l'appel aux services de Julianne Moore en remplacement de Jodie Foster pouvait laisser perplexe. Au final, vous n'avez aucun souci à avoir puisque cette actrice nous livre une composition vibrante et aboutie de Clarice Starling. Elle parvient, en quelques secondes, à nous faire accepter le passage du temps et l'évolution de l'agent Starling dans ses fonctions. Tout aussi impressionnante est la composition de Gary Oldman dans le rôle de Mason Verger. Les tourments qui l'agitent et son désir de vengeance sont magnifiquement traduits par son horrible et fascinant visage. Entouré d'oeuvres d'art, symbolisant sa beauté perdue, mais mutilées elles-aussi, tout comme lui, Verger ne vie que pour le moment, où, Lecter à sa merci, il pourra le faire mourir de la pire des façons.

En définitive, se pose la classique question de la comparaison avec le film de Jonathan Demme. Le second est-il meilleur que le premier ? Comparaison n'est pas forcément raison. Demme avait fait le choix du thriller psychologique. Scott a fait celui du thriller horrifique qui n'évite pas les scènes-chocs, peu nombreuses au fond, ce qui renforce leur impact. Qui plus est, il nous livre une ultime rencontre finale entre Hannibal Lecter et un jeune garçon dont le propos est bien plus terrible que tout ce que l'on a pu voir durant les deux heures écoulées.

Magnifiquement soutenue par la partition musicale de Hans Zimmer qui, pour une fois, a délaissé le style pompier qui est le sien, "Hannibal" est globalement une réussite où le seul regret réside dans une séquence de fusillade qui ouvre le film et dont on n'en saisit pas l'absolue nécessité.

Christophe Dordain

 

2°)AVIS : FAVORABLE

C'est bien connu, quand un film fait des entrées, il a généralement droit à une suite destinée à doubler la mise, surtout quand le livre dont il est l'adaptation est un succès partout dans le monde… 

Jonathan Demme avait impressionné tout le monde il y a quelques années en offrant à Jodie Foster et Anthony Hopkins les rôles des personnages imaginés par Thomas Harris. C'était Le silence des agneaux, thriller magistral, film naviguant entre polar et effroi avec une maîtrise parfaite qui devait contribuer à lancer la carrière des tueurs en série sur les écrans du monde entier. Depuis, les choses ont changé, Jodie Foster a été remplacée par Julianne Moore dans le rôle de Clarice Sterling, quant au personnage d'Hannibal Lecter, il a quitté sa cellule pour la cité de Florence où, en connaisseur averti, il profite des richesses artistiques de la ville italienne. Le problême, c'est que Mason Verger, mutilé par Lecter dans l'épisode précédent espère bien se venger. Pour cela, il entend se servir de Clarice pour attirer le monstre hors de son antre…

Ridley Scott, revenu sur le devant de la scène depuis le triomphe de Gladiator l'an dernier se lance dans l'aventure avec le talent qu'on lui connaît. De ce côté, force est de reconnaître que le film est une réussite incontestable, Scott pose sa caméra où il faut, jouant avec les nerfs et les yeux de son spectateur jusqu'au bout. Le reste (malgré les efforts de David Mamet) n'est rien de plus qu'une énième intrigue à la fois violente et raffinée à l'image du personnage de Lecter. Les interprètes sont convaincants et les images jolies mais il faut bien reconnaître que le film ne provoque pas l'enthousiasme. Tout au plus quelques frayeurs…

Un exercice de style accompli avec application par le cinéaste et son équipe mais qui n'apporte rien de nouveau au genre. A réserver aux amateurs.

Guillaume Branquart

 

3°)AVIS : CONTRE

Les mauvaises recettes du cuisinier Lecter.

Dix ans ont passé depuis que le docteur Hannibal Lecter s'est évadé de la clinique psychiatrique de haute sécurité où l'agent du FBI Clarisse Starling l'avait interrogé. Apres avoir changé d'identité et échappé aux polices du monde entier, le tueur en série a trouvé refuge à Florence, la ville qui sied le mieux à sa culture et à ses goûts cruels et raffinés. Entouré de symboles de la Renaissance, son époque favorite, ce sybarite parait avoir effacé ses abominables forfaits. Mais Clarisse, elle, n'a rien oublié. Ni le richissime Mason Verger, l'une des victimes de Lecter, laissé vivant et défiguré mais dont la vengeance est en marche.

La suite extrêmement attendue du terrifiant Silence des Agneaux avait de quoi rendre le spectateur perplexe tant son réalisateur Ridley Scott, après le refus de Jonathan Demme de remettre le couvert, s'avère capable du meilleur (le premier volet de la saga Alien) comme du pire (Christophe Colomb). En fait, le film souffle le chaud et le froid avec plus ou moins de réussite. Si Hannibal, dans sa première partie, recèle un humour glaçant qui ravira le spectateur gourmet grâce à un Anthony Hopkins convaincant composant avec saveur un psychopathe affable et inquiétant, Ridley Scott ne peut s'empêcher de signer un film maniéré aux accents baroques qui plombent considérablement l'intrigue et les personnages.

En esthétisant à outrance l'atmosphère délétère du récit, il annihile toute la tension et bascule dans l'horreur basique avec un final stupide et balisé (absente du roman de Thomas Harris puisque les producteurs ont exigé du scénariste une fin différente) qui laisse le champ libre à un troisième volet.

Filmé à hauteur d'estomac, Hannibal est un pavé saignant lourd à digérer...

Patrick Beaumont

 

4°)AVIS : PLUTOT FAVORABLE

Par amour du goût...

Donner une suite au Silence Des Agneaux était déjà tentant en 1991 et est devenu inévitable en 1999 à la sortie de "Hannibal", le livre de Thomas Harris. Même si les éléments sont sensiblement différents : Jodie Foster et Jonathan Demne n’étant plus de la partie, on peut en tout bien tout honneur lever son chapeau à Rydley Scott qui, à peine Gladiator terminé, s'est attaqué à un défi on ne peut plus risqué, celui de donner une suite à un film dont la qualité exceptionnelle imposait la réussite en évitant l’écueil de la redite. Rydley Scott a choisi la solution la plus légitime : à nouveau film, nouvelle mise en scène, ce qui lui permet d’échapper au crime d’usurpation de création. Mais, c’est là que le bas blesse, car si Demne faisait peur en suggérant, Scott effraie en montrant tout, et plus qu’il n’en fallait.

Ceci dît, soyons francs : c’est bien pour çà que l’on va voir Hannibal, pour avoir peur. Quand Lecter était enfermé, il foutait déjà les jetons, maintenant qu’il est libre… Le spectateur en a pour son argent, même s’il est tenté de se cacher les yeux, comme par exemple dans la scène d’ouverture où la seule victime de Lecter à avoir survécu est si violemment défigurée qu’on en vient à espérer qu’elle meure avant la deuxième bobine. Mais non, elle tiendra jusqu’au bout et ainsi des scènes de frayeur qui iront crescendo.  Par ailleurs, Rydley Scott met en pratique une technique chère à Hitchcock en ne se souciant pas de la vraisemblance pour faire avancer l’intrigue. Les exemples ne manquent pas : comment Hannibal Lecter après s’être enfui des Etats-Unis devient-il bibliothécaire à Florence pour ensuite retourner en Amérique sans contrariété alors qu’il est l’un des dix criminels les plus recherchés ? De plus, il met l’accent sur le côté manichéen autoproclamé de Lecter : figure emblématique du mal, (la meilleure depuis Robert Mitchum dans La Nuit du Chasseur de Charles Laughton), il choisit ses victimes au nom du Bien, du sien en tout cas. Cela permet de mettre en lumière la relation qu’il entretien avec Clarice, parfois égalitaire, parfois « contre nature », toujours trouble. Lui, il est un chat noir jouant avec une souris qu’il finit par aimer ; elle, elle est attirée par Lecter qui la fascine et qu’elle admire pour son machiavélisme virtuose et dont la capture lui est un défi permanent.

Alors que dans "Le Silence Des Agneaux", il aidait Clarice àcapturer un tueur en série en échanges de détails personnels, ici il l’amène à lui dans un but non avoué : est-ce pour la séduire ou pour se détruire lui-même ? On laisse le choix au spectateur.  Anthony Hopkins, après sa stupéfiante prestation dans le Silence, emploie ici- contrairement à Scott- la technique utilisée par Brando : qui peut le plus peut le moins. Il sous-joue, accompagné de l’aura maléfique du personnage qu’il incarne et le résultat est le même : voilà Hannibal Lecter qui vient nous manger tout cru.

Seul un comédien de sa trempe, un britannique cultivé, qui a joué Shakespeare, pouvait interpréter Lecter l’esthète raffiné et fin gourmet au-delà d’Hannibal le Cannibale. Quant à Julianne Moore, dont le talent n’est plus à prouver, elle fait de son mieux mais elle ne peut que souffrir de la comparaison –inévitable- avec Jodie Foster, la surdouée, dont le jeu fiévreux servait à merveille la personnalité trouble de Clarice Starling.

Rydley Scott, en bon amateur d’effets visuels qu’il est, fait ce qu’il sait faire de mieux : transposer l’histoire et les personnages dans un décor travaillé dans tous les détails.  En définitive, chacun fait de son mieux pour tenter de combler les flagrantes carences du scénario et faire de ce film un thriller correct et bien troussé s’il n’avait pas eu à suivre les traces de son glorieux aîné.

Pierre Lucas 

Dernière mise à jour : ( 22-04-2012 )
 
< Précédent   Suivant >

CONCOURS

PODCASTS RADIO

LE MAGAZINE DES SERIES

BOX OFFICE

Le box office en France.

Image

Les chiffres de la fréquentation des films en France.

Bilan du 01 au 07 mai 2013.

En partenariat avec www.cbo-boxoffice.com.

Lire la suite...
 

PROCHAINS FILMS

Man Of Steel de Zack Snyder avec Henry Cavill, Russell Crowe, Kevin Costner, Diane Lane.

Image

L'actualité des prochaines sorties en salles vue par la rédaction du Quotidien du Cinéma.

Lire la suite...
 

PORTRAITS DE STARS

Nicole Kidman

Image

"Stoker". Un film de Park Chan-wook avec Nicole Kidman, Mia Wasikowska, Matthew Goode, David Alford.

Sortie le 01 mai 2013.

Crédits photographiques : Twentieth Century Fox France.

Lire la suite...
 

STATISTIQUES (2008/2013)

Membres: 1104
Publications: 2534
Liens: 64
Visiteurs: 19245851

ESPACE MEMBRE






Mot de passe oublié ?