17 décembre 2018

Clint Eastwood

Clint Eastwood
Nationalité : AméricainMétier : Acteur, RéalisateurDernier film : Le 15h17 pour ParisCrédits photographiques : Warner Bros France




CLINT EASTWOOD : 60 ANNEES AU SERVICE DU CINEMA

 

Un cavalier approche, sa silhouette se dessine de façon précise à l'horizon. Une voix off dit : "connaissez-vous Joe le solitaire ? Il ne fait confiance à personne, il ne doit rien à personne. Il n'a confiance qu'en son colt 45, et s'il lui reste un dollar, c'est pour recharger son colt 45." Sur ces bonnes paroles, apparaît un grand gaillard, vêtu d'un poncho et d'un Lévis noir, le visage mangé par une barbe de plusieurs jours, un cigare aux lèvres. La crosse de son revolver est ornée d'un serpent ; dans un mouvement rapide, il abat quatre brigands mexicains aux mines patibulaires.

C'est dans une bande-annonce, avant sa sortie le 25 mars 1966 sur les écrans, que les spectateurs de l'époque découvrirent un inconnu du nom de Clint Eastwood, héros d'un western tourné deux ans auparavant. A priori, rien ne distingue ce film de la production courante de westerns-spaghettis qui irritent l'amateur du genre lassé par ce spectacle de ces faux cow-boys évoluant dans un décor qui ne ressemble guère à l'Ouest américain, où les histoires, plutôt débiles, sont reléguées à l'arrière-plan par un défilé constant de bagarres et de duels qui défient toute structure narrative. Pourtant, une surprise attend le spectateur : l'interprétation de l'acteur et la qualité de la mise en scène signée par un inconnu du nom de Sergio Leone.

Voici le point de départ d'une des plus belles carrières du 7ème Art. Dans cette perspective, et en profitant de la sortie de "Le 15h17 pour Paris", le 07 février dernier, nous vous proposons une analyse thématique de la carrière de Clint Eastwood, étude centrée sur son parcours à la télévision et sur les deux rencontres déterminantes qui ont jalonné son impressionnant parcours : Sergio Leone et Don Siegel.



UN ACTEUR FORME A LA TELEVISION

Clinton Eastwood junior est né le 31 mai 1930 à San Francisco, à l'époque de la Grande dépression aux Etats-Unis. Cette période noire oblige ses parents à chercher du travail à travers tout l'Etat de Californie. La famille mène une vie de nomade qui marquera profondément le jeune homme. Pendant son service militaire, il rencontre à Fort Ord deux jeunes acteurs : Martin Milner et David Janssen. Ces derniers le poussent vers le métier d'acteur et le jeune Clint gagne Los Angeles, en février 1953.

L'année suivante, il intègre les studios Universal et subit l'apprentissage en vigueur à l'époque pour tous les apprentis comédiens. En compagnie de John Saxon, George Nader et de Tony Curtis, l'élève-modèle, il suit des cours de maintien, de danse, de combat à l'épée. Surviennent alors quelques apparitions dans des films tels que " La revanche de la créature " de Jack Arnold, en 1954, ou " Tarantula " du même Arnold, l'année suivante.

Toutefois, ces prestations ne lui laissent pas un souvenir impérissable et l'incitent à se tourner vers le petit écran, alors en pleine expansion. Clint parvient à décrocher un petit rôle dans la série " Highway Patrol ", un programme produit par Jack Herzberg et Vernon E. Clark et diffusé en 1955/1956, en syndication, sur les chaînes régionales américaines. Il y incarne un policier à moto qui intègre l'équipe dirigée par Dan Matthews, interprété par Broderick Crawford.

Après cette première expérience pour la télévision, survient, quelques années plus tard, un rendez-vous avec la chance et, surtout, un emploi stable. Lors d'une visite à son amie Sonia Chernus au département des scénarios de la chaîne C.B.S., Eastwood est accosté par Robert Sparks, un producteur pour cette même chaîne. Ce dernier remarque la stature de Clint (1m93) et lui propose un rôle pour une série western : " Rawhide ".

Robert Sparks était, à l'époque, le responsable des programmes fiction pour le célèbre réseau. Homme avisé et de talent, il avait demandé à Charles Marquis Warren de développer un nouveau concept de série western : "Rawhide". Charles Marquis Warren a bâti cette série à partir de deux sources essentielles. Tout d'abord, le récit de George C. Duffield : Journal des convoyeurs de bétail, et le film de Howard Hawks, "La rivière Rouge", réalisé en 1948, et tiré d'un roman de Borden Chase, The Chisholm Trail, film qui valut à John Wayne un de ses rôles les plus importants. L'histoire se passe au Texas durant les années 1870 lorsque des petits ranchers décident de se grouper afin d'aller vendre leurs troupeaux à des prix intéressants en les convoyant jusqu'aux lignes de chemin de fer au Kansas.

Clint devient donc Rowdy Yates, un convoyeur de bétail qui seconde Gil Favor, le héros interprété par Eric Fleming. Un contrat est signé pour 30 épisodes dont le premier est diffusé le 09 janvier 1959 à 20 heures. Le thème musical signé Dimitri Tiomkin est chanté par Frankie Laine. Il accompagnera les spectateurs du réseau C.B.S. pendant 217 épisodes, jusqu'au 08 février 1966.

Lors de la production de ce programme, Clint Eastwood profite de l'expérience des nombreux metteurs en scène utilisés par Marquis Warren et son équipe : Ted Post (qu'il retrouvera, en 1973, pour "Magnum force"), George Sherman, Buzz Kullik, Tay Garnett, Jesse Hibbs, Stuart Heisler, etc. Les délais accordés pour la réalisation d'un épisode, 6 jours de tournage pour 52 minutes, ont laissé une trace indélébile dans la façon qu'eut Eastwood d'envisager la mise en scène au début des années 1970 : rapidité de tournage, nombre de prises limité, fidélité à des techniciens et/ou à des musiciens.


UN AMERICAIN A CINECITTA


Alors que la série entre dans sa cinquième saison, Clint Eastwood est l'objet d'une bien curieuse sollicitation. Un certain Sergio Leone voudrait lui faire tourner un western en Espagne ! La première réaction de Clint est de prendre tout ceci pour une blague. Cependant, son agent s'est engagé à lire le script, puis à le lui transmettre. Clint y reconnaît la trame d'un film japonais intitulé "Yojimbo" et trouve que cela peut faire un bon western dans la lignée des "Sept Mercenaires" également tiré du fameux "Les Sept Samouraïs" d'Akira Kurosawa.

Toutefois, son entourage est peu favorable à ce projet. S'il part pour l'Italie, Clint peut dire adieu à sa carrière. Les studios de Cinecitta, en Italie, sont pleins d'acteurs ratés ou sur le déclin. Pourtant, se fiant à son instinct, il décide d'accepter. A Rome, il rencontre Sergio Leone dont la carrière est déjà bien fournie.

Leone a débuté en 1948 comme assistant de Vittorio de Sica pour "Le Voleur de Bicyclette", puis travaille avec des pointures telles que Luigi Comencini, Mario Soldati ou Carmine Gallone. Il collabore également avec des cinéastes américains qui tournent beaucoup en Italie au début des années 1950. Ainsi, assiste-t-il Mervin le Roy pour "Quo Vadis" ou Raoul Walsh pour "Hélène de Troie". En 1959, il supervise, avec Andrew Marton et le cascadeur Yakima Canutt, la fameuse course de chars de "Ben Hur" puis dirige, en 1961, un péplum, "Le Closse de Rhodes", avec Rory Calhoun et Léa Massari.

Face au succès du film, les propositions de péplum affluent cependant Leone ne s'y intéresse guère. Il préfère le western, un genre qui est pourtant en perte de vitesse. Aux USA, on en tourne plus beaucoup. En Europe, c'est la série allemande des "Winnetou", tirée des romans de Karl May, avec Pierre Brice, qui connaît un vif succès. Malgré cela, Léone veut réaliser un western et attend la bonne histoire. C'est "Yojimbo" de Kurosawa qui lui donnera le matériau de départ. Il en écrit l'adaptation avec Duccio Tessari. Puis, le budget du film est estimé à 200 000 dollars.

En mars 1963, Léone se rend en Espagne, à Colmenar, près de Madrid où y subsiste un village western conçu pour les tournages et abandonné depuis trois ans. Ce studio en plein air convient à Léone. Pour le choix de l'acteur principal, il retient un jeune acteur aperçu à la télévision : Clint Eastwood qui est bien moins coûteux que Lee Marvin ou James Coburn initialement envisagés.

Le tournage de la photographie principale nécessite sept semaines émaillées de nombreux incidents. Puis, à Rome, le film est postsynchronisé et nanti d'une musique signée par un illustre inconnu : Ennio Morricone. La première projection a lieu à Florence, en août 1963, et tout semble réuni pour un enterrement de première classe selon ceux qui l'ont vu et qui restent imperméables à l'univers de Léone. Pourtant, le miracle se produit. Un cas unique dans les annales du cinéma. Sans aucune publicité, sans aucune critique, uniquement par le bouche à oreille, le film trouve son public.

Pour l'acteur principal, débute alors une double carrière : le gentil Rowdy Yates aux USA et le mercenaire froid, impassible en Europe. Deux autres opus viendront s'ajouter à la liste : "Et pour quelques dollars de plus", en 1965, puis "Le bon, la brute et le truand", en 1966. L'influence de Léone sera déterminante sur le futur cinéaste Eastwood. Il suffit de revoir "L'homme des hautes plaines" qu'il dirigea, en 1973, ou "Pale Rider", en 1983, pour s'en rendre pleinement compte.


LA RENCONTRE AVEC UN CERTAIN DON SIEGEL

A la fin des années 1960, Clint Eastwood est devenu une personnalité qui compte dans l'industrie du 7ème Art. Aussi, peut-il se permettre de créer sa propre société de production, la Malpaso Company, malpaso signifiant " mauvais pas " en souvenir des temps plus difficiles qu'il connut dans sa jeunesse.

La première proposition intéressante qui arrive sur son bureau émane du studio où il fît ses débuts quelque quatorze ans auparavant : Universal. Le script expédié s'intitule "Coogan's Bluff", un film policier qui va lui permettre de rencontrer celui qui sera l'artisan de sa gloire aux USA : Don Siegel.

Ce dernier a déjà, à l'époque, une longue carrière derrière lui. Né le 26 octobre 1912 à Chicago, il fait des études aux USA et en Grande-Bretagne. Il entre à la Warner en 1934 au titre de bibliothécaire. D'abord assistant-monteur puis chef du département inserts, il devient superviseur des montages avec Byron Haskins à la fin des années 1930. En trois ans, il fera de ce secteur l'un des plus dynamiques de la firme. La Warner sera alors réputée pour le côté incisif et dramatique de ses films.

Siegel, grâce à ce travail, acquiert un sens de récit et de la concision qui constituera sa marque de fabrique. Parallèlement, il devient metteur en scène de 2ème équipe, en charge des scènes d'action, sur plus d'une quarantaine de productions Warner. Citons au passage : "Sergent York" de Raoul Walsh avec Gary Cooper ou "Passage à Marseille" de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart. Après la Seconde Guerre mondiale, ce sont ses premières réalisations. Pour la RKO (Radio Keith Orpheum)? il dirige "Ca commence à Vera Cruz", avec Robert Mitchum, puis pour la firme Universal, "Duel sans merci", avec Audie Murphy.

Dans les années 1950, il se distingue dans le fantastique avec l'incontournable chef-d'œuvre qu'est "L'invasion des profanateurs de sépultures". Il s'intéresse également à la télévision où il réalise de nombreux pilotes pour plusieurs séries dont celui de "La Quatrième Dimension" et produit 34 épisodes de 26 minutes de la série "La Légende de Jesse James" (diffusés du 13 septembre 1965 au 9 mai 1966 sur le réseau ABC).

C'est en 1968 qu'il entame sa collaboration avec Clint Eastwood. "Un shérif à New York" est le premier opus qui jette les bases du film policier urbain et violent en vogue aux Etats-Unis dans les salles de cinéma. Il est à noter que le personnage de Walt Coogan sera repris en moins violent dans la série "Mc Cloud", interprétée par Dennis Weaver dans une production Glen A.Larson et Leslie Stevens, programmée du 16 septembre 1970 au 28 août 1977 sur la chaîne NBC.

Suivront "Sierra Torride", un western tourné en 1970, où Clint a pour partenaire Shirley Mc Laine. Puis, en 1971, un premier choc avec "Les Proies" ou Clint se fait littéralement émasculer par une troupe de jeunes filles, pendant la guerre de Sécession. Le film fut légitimement taxé d'ultra-violence.

Que dire alors de "L'inspecteur Harry", sorti sur les écrans en 1971, qui fit entrer l'acteur dans la mythologie du 7ème Art grâce à un film policier particulièrement dur et choquant pour une partie de la population en plein traumatisme post-Vietnam ? Les deux hommes se retrouveront une dernière fois pour "L'évadé d'Alcatraz", en 1979, film admirable.

Sur un scénario signé Richard Tuggle, Siegel dirige ainsi Eastwood dans une véritable ode à la liberté. Sobrement et efficacement, le film décrit la tentative d'évasion de Frank Morris tout en mettant en parallèle l'affrontement inévitable avec le directeur du pénitencier incarné par Patrick Mc Goohan. La mise en scène dépouillée, le montage à la fois sec et incisif font de ce film un travail exemplaire.

Ce sont ces qualités que l'acteur-cinéaste Eastwood a intégrées depuis sa première réalisation, en 1971, preuve de l'inévitable influence de Siegel, mais aussi de Sergio Leone, sur le parcours d'Eastwood, depuis 1971, jusqu'à aujourd'hui.

Christophe Dordain


(Sources consultées : dossier de presse du film, dictionnaire du cinéma Jean Tulard, dictionnaire du cinéma Jean-Loup Passek et archives Le Quotidien du Cinéma).
Filmographie :EN TANT QU'ACTEUR

1955 - Francis in the Navy (Arthur Lubin)

1955 - La revanche de la creature (Jack Arnold)

1955 - Lady Godiva of Coventry (Arthur Lubin)

1955 - Tarantula (Jack Arnold)

1956 - La Corde est prête (Charles F. Haas)

1956 - Ne dites jamais adieu (Jerry Hopper)

1956 - Brisants humains (Joseph Pevney)

1956 - The First travelling sales lady (Arthur Lubin)

1957 - Escapade au Japon (Arthur Lubin)

1958 - Ambush at Cimarron Pass (Jodie Copelan)

1958 - C'est la guerre (William A. Wellman)

1964 - Pour une poignée de dollars (Sergio Leone)

1965 - Et pour quelques dollars de plus (Sergio Leone)

1966 - Le Bon, la brute et le truand (Sergio Leone)

1966 - Les Sorcières (Vittorio De Sica)

1967 - El Magnifico extranjero (Jus Addiss)

1968 - Pendez-les haut et court (Ted Post)

1969 - Quand les aigles attaquent (Brian G. Hutton)

1968 - Un shérif à New York (Don Siegel)

1969 - La Kermesse de l'Ouest (Joshua Logan)

1970 - De l'or pour les braves (Brian G. Hutton)

1969 - Sierra Torride (Don Siegel)

1971 - L'inspecteur Harry (Don Siegel)

1971 - Les Proies (Don Siegel)

1971 - Un frisson dans la nuit (Clint Eastwood)

1972 - Joe Kidd (John Sturges)

1973 - Breezy (Clint Eastwood)

1973 - L'homme des hautes plaines (Clint Eastwood)

1973 - Magnum Force (Ted Post)

1974 - Le Canardeur (Michael Cimino)

1975 - La sanction (Clint Eastwood)

1976 - Josey Wales hors la loi (Clint Eastwood)

1976 - L'inspecteur ne renonce jamais (James Fargo)

1977 - L'épreuve de force (Clint Eastwood)

1978 - Doux, Dur et Dingue (James Fargo)

1979 - L'évadé d'Alcatraz (Don Siegel)

1980 - Bronco Billy (Clint Eastwood)

1980 - Ca va cogner (Buddy van Horn)

1982 - Firefox, l'arme absolue (Clint Eastwood)

1982 - Honkytonk Man (Clint Eastwood)

1983 - Le retour de l'inspecteur Harry (Clint Eastwood)

1984 - Haut les flingues ! (Richard Benjamin)

1984 - La Corde Raide (Richard Tuggle)

1985 - Pale Rider, le cavalier solitaire (Clint Eastwood)

1986 - Le Maître de Guerre (Clint Eastwood)

1988 - L'Inspecteur Harry est la dernière cible (Buddy van Horn)

1989 - Chasseur Blanc, Coeur Noir (Clint Eastwood)

1989 - Pink Cadillac (Buddy van Horn)

1990 - La Relève (Clint Eastwood)

1992 - Impitoyable (Clint Eastwood)

1993 - Dans la Ligne de Mire (Wolfgang Petersen)

1993 - Un monde parfait (Clint Eastwood)

1995 - Casper (Brad Silberling)

1995 - Sur la Route de Madison (Clint Eastwood)

1997 - Les Pleins Pouvoirs (Clint Eastwood)

1998 - Jugé Coupable (Clint Eastwood)

2000 - Space Cowboys (Clint Eastwood)

2002 - Créance de sang (Clint Eastwood)

2004 - Million Dollar Baby (Clint Eastwood)

2008 - Gran Torino (Clint Eastwood)

2012 - Une nouvelle chance (Robert Lorenz)

EN TANT QUE REALISATEUR

1971 - Un frisson dans la nuit

1973 - Breezy

1973 - L'homme des hautes plaines

1975 - La sanction

1976 - Josey Wales hors la loi

1977 - L'épreuve de force

1980 - Bronco Billy

1982 - Firefox, l'arme absolue

1982 - Honkytonk Man

1983 - Le retour de l'inspecteur Harry

1985 - Pale Rider, le cavalier solitaire

1986 - Le maître de guerre

1987 - Bird

1989 - Chasseur blanc, coeur noir

1990 - La Relève

1992 - Impitoyable

1993 - Un Monde Parfait

1995 - Sur la route de Madison

1997 - Les Pleins Pouvoirs

1997 - Minuit dans le jardin du bien et du mal

1998 - Jugé Coupable

2000 - Space Cowboys

2002 - Créance de sang

2002 - Mystic River

2004 - Million Dollar Baby

2006 - Lettres d'Iwo Jima

2006 - Mémoires de nos Pères

2008 - Gran Torino

2008 - L'Echange

2009 - Invictus

2010 - Au-Delà

2011 - J. Edgar

2014 - Jersey Boys

2015 - American Sniper

2016 - Sully

2017 - Le 15h17 pour Paris
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