10 décembre 2018

Fabrice Luchini

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Nationalité : Français

Métier : Acteur

Dernier film : Un Homme Pressé

Crédits photographiques : Gaumont Distribution


Fabrice Luchini est né le 1er novembre 1951 à Paris, de parents marchands de primeurs. Dès l'enfance, il cherche à se faire remarquer des autres, de façon à établir autour de lui, dixit l'intéressé, “un cercle attentif et sécurisant”. Indiscipliné au lycée, il se retrouve apprenti coiffeur dans un salon. Un peu plus tard il devient animateur d'un night-club à Angoulême. C'est là que le remarque le cinéaste et romancier Philippe Labro. Celui-ci, séduit par le bagout et la maîtrise du verlan du jeune homme, lui confie un rôle dans son premier film, "Tout peut arriver".

Pris au jeu, Luchini s'inscrit au cours d'art dramatique de Jean-Laurent Cochet. Là, rencontre décisive pour l'apprenti comédien en la personne d'Eric Rohmer, séduit par la capacité de Luchini de citer Nietzsche à tout bout de champ. Son rôle dans "Le genou de Claire" marquera le début d'une collaboration fructueuse qui portera sur cinq films, le dernier en date étant L'arbre, le maire et la médiathèque.

Mais les années 70, tout comme la décennie suivante, ne seront qu'une succession de hauts et de bas pour Fabrice Luchini. Spécialisé dans le cinéma d'auteur dans un premier temps (il tourne avec Pierre Zucca ou Pascal Aubier), il plonge au début des années 80 dans la pochade comique avec une capacité d'adaptation qui laisse pantois. On le retrouve ainsi en couple avec Aldo Maccione dans le "T'es folle ou quoi" de triste mémoire, et en obsédé sexuel dans trois films de Patrick Schulmann qui feront recette. On ira même jusqu'à le voir dans "Emmanuelle 4", un nanar érotique. L'érotisme, un genre qu'il avait déjà abordé sans inhibition dans "Contes immoraux", et ce dès le début de sa carrière.

Finalement, dans la deuxième moitié des années 80, Luchini est devenu un second rôle honorable, mais pas incontournable. Il faudra attendre 1990 et "La discrète" pour que le “personnage” Luchini commence à naître. Des attitudes, des phrases célèbres (“Elle est immooooonde !”) et une gestuelle inimitable associées à des apparitions télévisées mémorables en font un des acteurs les plus demandés des années 90. Le genre d'acteur dont le nom seul au générique permet de monter le financement d'un film. Et ils ne sont pas légion dans cette catégorie, du moins en France.

Alternant comédie ("Tout ça… pour ça", "L'année Juliette") et drames romanesques ("Le colonel Chabert", "Beaumarchais l'insolent", voire "Un air si pur…") il réapparaît, grandiose et pathétique à la fois, dans "Rien sur Robert", mais en revanche beaucoup plus pathétique, tout court, dans le vaudevillesque "Bernie et ses petites contrariétés".

En 2001, le comédien décide néanmoins de se consacrer davantage à la scène, où il rencontre un important succès en déclamant des textes de La Fontaine, Nietzche ou Céline. De retour sur les écrans avec "Le Coût de la vie", de Philippe Le Guay, un film choral où il campe un radin comme on en voit peu, il attend encore deux ans supplémentaires avant de tenir à nouveau le haut de l'affiche de "Confidences trop intimes" sous la direction de Patrice Leconte. Conseiller fiscal de son état, il y devient psy par erreur, à l'écoute malgré lui d'une Sandrine Bonnaire qui se confie sans retenue.

Après une nouvelle comédie ("La cloche a sonné", de Bruno Herbulot), il enchaîne avec "Jean-Philippe" de Laurent Tuel, dans le rôle d'un immense fan de Johnny, projeté dans une dimension parallèle où son idole n'existe pas encore. Charge à lui de convaincre l'anonyme Jean-Philippe Smet de devenir Johnny Hallyday…

Il se délecte ensuite à jouer les M. Jourdain dans le "Molière" de Laurent Tirard (2007), ce qui n'étonne guère de la part d'un comédien qui revient régulièrement sur les planches, où il se fait l'humble passeur des textes de La Fontaine, Céline ou Barthes. Lui qui se plaît à jouer seul en scène accepte volontiers de faire partie des castings pléthoriques de films choraux tels que "Paris" ou "Musée haut, musée bas" (2008).

Avec "La Fille de Monaco", Luchini côtoie Roschdy Zem et l'ex-miss météo de Canal+ devenue actrice, Louise Bourgoin, pour sa première collaboration avec Anne Fontaine, avant de rejoindre Anne Le Ny pour sa seconde réalisation, "Les Invités de mon père".

L'année suivante lui offre l'opportunité de travailler pour la première fois avec François Ozon dans le déluré "Potiche", sélectionné à Venise en Compétition officielle, et dans lequel il rejoint un casting prestigieux (Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Karin Viard). De plus en plus apprécié du grand public, Luchini est ensuite à l'affiche du succès surprise de 2011, "Les Femmes du 6ème étage" : il y joue un bourgeois engoncé dans son quotidien étriqué qui trouve l'épanouissement auprès des très folkloriques domestiques espagnoles du 6ème étage, délaissant par la même occasion sa femme, interprétée par Sandrine Kiberlain.

Fort de sa première collaboration avec Ozon, il réitère l'expérience en 2012 avec le thriller intimiste "Dans la maison". Il renoue pour l'occasion avec son amour des belles lettres puisqu'il y campe un professeur de français. Ce rôle sérieux n'empêche pas pour autant le comédien de se livrer à des expériences plus légères, en intégrant le casting de "Astérix et Obélix: Au service de sa Majesté", comédie gauloise par excellence dans laquelle il succède à Alain Delon sous les traits de l'Empereur Jules César.

En 2013, c'était "Alceste à Bicyclette" aux côtés de Lambert Wilson. Ont suivi "Gemma Bovary" sous la direction d'Anne Fontaine et "L'Hermine" de Christian Vincent. Après "Ma Loute", présenté lors de la dernière édition du Festival de Cannes, le voici de retour dans "Un Homme Pressé".


(Souces consultées : dossier de presse du film).



Filmographie :
1969 - Tout peut arriver (Labro)

1970 - Le Genou de Claire (Eric Rohmer)

1970 - Valparaiso, Valparaiso (Aubier)

1974 - Contes immoraux (Walerian Borowczyk)

1974 - Vincent mit l'âne dans un pré et s'en vint dans l'autre (Zucca)

1977 - Né (Richard)

1978 - Même les mômes ont du vague à l'âme (Daniel)

1978 - Violette Nozière (Claude Chabrol)

1978 - Perceval le Gallois (Eric Rohmer)

1980 - La femme de l'aviateur (Eric Rohmer)

1981 - T'es folle ou quoi ? (Gérard)

1983 - Emmanuelle 4 (Leroi)

1983 - Zig zag story (Schulmann)

1984 - Les Nuits de la pleine lune (Eric Rohmer)

1984 - Rouge gorge (Zucca)

1985 - Hôtel du paradis (Bokova)

1986 - Conseil de famille (Costa-Gavras)

1985 - P.R.O.F.S. (Patrick Schulmann)

1986 - Max mon amour (Oshima)

1986 - Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (Eric Rohmer)

1986 - Les oreilles entre les dents (Schulmann)

1987 - Alouette, je te plumerai (Zucca)

1988 - La Couleur du vent (Pierre Granier-Deferre)

1990 - La Discrète (Christian Vincent)

1990 - Uranus (Claude Berri)

1991 - Le Retour de Casanova (Edouard Niermans)

1992 - Riens du tout (Cédric Klapisch)

1992 - Tout ça... pour ça ! (Claude Lelouch)

1992 - Toxic affair (Philomene Esposito)

1992 - L'arbre, le maire et la médiathèque (Rohmer)

1993 - Le Colonel Chabert (Yves Angelo)

1993 - L'année Juliette (Le Guay)

1996 - Beaumarchais, l'insolent (Edouard Molinaro)

1996 - Hommes, femmes : mode d'emploi (Claude Lelouch)

1996 - Un air si pur (Yves Angelo)

1997 - Le Bossu (Philippe de Broca)

1998 - Par coeur (Benoît Jacquot)

1998 - Rien sur Robert (Pascal Bonitzer)

1998 - Pas de scandale (Benoît Jacquot)

2000 - Barnie et ses petites contrariétés (Bruno Chiche)

2002 - Le coût de la vie (Philippe Le Guay)

2003 - Confidences trop intimes (Patrice Leconte)

2004 - La Cloche a sonné (Bruno Herbulot)

2005 - Jean-Philippe (Laurent Tuel)

2006 - Molière (Laurent Tirard)

2007 - Musée haut, musée bas (Jean-Michel Ribes)

2008 - Paris (Klapisch)

2008 - La Fille de Monaco (Anne Fontaine)

2009 - Les invités de mon père (Anne Le Ny)

2009 - Potiche (François Ozon)

2010 - Les femmes du 6ème étage (Philippe Le Guay)

2011 - Alceste à bicyclette (Philippe Le Guay)

2012 - Dans la maison (François Ozon)

2012 - Astérix et Obélix: Au service de sa Majesté (Laurent Tirard)

2014 - Gemma Bovary (Fontaine)

2015 - L'Hermine (Vincent)

2016 - Ma Loute (Dumont)

2018 - Un Homme Pressé (Mirman)


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