16 décembre 2018

Roman Polanski

Roman Polanski
Nationalité : Franco-polonaisMétier : RéalisateurDernier film : La Vénus à la FourrureCrédits photographiques : Mars Films
La vie de Roman en est un de roman, justement... Commençons par le début. Raymond - dit Roman - Polanski naît de parents polonais le 18 août 1933, à Paris. Il a 3 ans lorsque sa famille décide de retourner en Pologne et de s'installer à Cracovie. C'est également le moment que choisit son père, Ryszard Lieblinz, pour changer son nom et opter pour Polanski.

La guerre éclate et les parents du petit Roman sont déportés dans un camp de concentration où sa mère meurt en captivité en 1941. Livré à lui-même, il est recueilli par plusieurs familles. L'horreur qui marque son enfance sera un des thème sous-jacent et récurrent de sa filmographie. Après un petit séjour dans un cour d'électronique, le jeune homme se tourne finalement vers la scène.

Dès l'âge de 14 ans, Roman monte sur les planches où il connaît une certaine notoriété. Il fait également de la figuration dans de nombreux films, tout en suivant les cours d'une école d'art de Cracovie, la Krakow Liceum Sztuk Plastycznych, où il s'initie à la peinture, à la sculpture et aux arts graphiques. Parallèlement, il tient de petits rôles dans les œuvres du cinéaste Andrzej Wajda : Génération, Une fille a parlé...

Titulaire du diplôme, il entre, en 1954, à la nouvelle Ecole du Cinéma de Lodz. A cette époque il tente son tout premier essai cinématographique, "La bicyclette", qui restera à jamais inachevé. A l'époque, Roman Polanski ne peut faire ses classes qu'en réalisant de très courts métrages où pointe déjà son goût prononcé pour les situations insolites, la violence... et le voyeurisme.

Cinq ans plus tard et autant de courts métrages derrière lui (les plus connus étant "Deux hommes et une armoire" ou encore "Rire de toutes ses dents"), et un nouveau diplôme en poche, il entre comme assistant-réalisateur dans la compagnie de production Kamera. Invité à Paris, non sans difficultés, par un producteur, Polanski tourne à nouveau un court métrage, "Le gros et le maigre", qui continue dans la veine burlesque pointant le nez vers le fantastique et l'étrange.

De retour en Pologne, il réalise en 1962 son dernier court, "Les mammifères", qui obtient plusieurs récompenses. C'est également en 1962 que sortira son premier long, "Le couteau dans l'eau", qui sera par ailleurs son dernier film polonais… Un huis clos psychologique à bord d'un yacht, nominé en 1963 pour l'Oscar du Meilleur film étranger.

Polanski entreprend alors une carrière internationale et retourne à Paris où il tourne le sketch, "La rivière de diamant", pour le film "Les plus belles escroqueries du monde". Diffusé en Angleterre, "Le couteau dans l'eau" attire de son côté l'attention du producteur Gene Gutowski, qui invite Roman Polanski à Londres et l'aide à produire "Répulsion", dans lequel Catherine Deneuve perd la tête et sombre dans la névrose sans quitter son appartement. L'étroite collaboration se poursuit avec "Cul-de-sac", dans lequel deux gangsters investissent une maison isolée (et leurs habitants, dont la ravissante Françoise Dorléac) sur une petite île irlandaise, et "Le bal des vampires", délirante parodie des films des vampires dans laquelle joue Sharon Tate, son épouse d'alors.

Installé aux Etats-Unis, Polanski réalise "Rosemary's baby" regroupant à nouveau deux des principaux thèmes de prédilection du réalisateur : l'horreur et l'angoisse, mais toujours sur leur versant psychologique plutôt que graphique. Mais quand la fiction rejoint la réalité : le 9 août 1969, Sharon Tate est sauvagement assassinée dans la résidence californienne du couple par des fanatiques de la secte de Charles Manson.

Roman Polanski suspend sa carrière durant quatre ans, et effectue son retour en réalisant une adaptation de l'œuvre de Shakespeare : "Macbeth", une commande de Hugh Hefner, le directeur du magazine "Play Boy". La machine est relancée et, après une récréation burlesque avec Sydney Rome, le mythique "Chinatown", qui réunissait Jack Nicholson et Faye Dunaway, et "Le locataire", tourné en France avec Isabelle Adjani, Polanski se retrouve à nouveau au milieu d'une sombre affaire, inculpé pour le viol présumé d'une adolescente de 13 ans. Après avoir passé quelque temps en prison, il quitte les quitte les Etats-Unis pour ne plus jamais y revenir, et s'installe définitivement en France.

En 1979, son "Tess" obtient les César du Meilleur film, du Meilleur réalisateur, et de la Meilleure photographie. Le réalisateur marque alors une nouvelle pause… de huit ans, durant laquelle il met en scène "Amadeus" de Peter Schaffer et écrit son autobiographie, "Roman". Avec "Pirates", Polanski réalise un vieux projet, d'une démesure toute polanskienne, mais le film est un semi-échec commercial. Le réalisateur enchaînera avec un thriller hitchcockien "Frantic", avec Harrison Ford et Emmanuelle Seigner, qui devient sa compagne.

En 1992, "Lunes de fiel", thriller tragico-érotique adapté d'un roman de Pascal Bruckner, réunit Emmanuelle Seigner, Peter Coyote et Hugh Grant. La même année il met en scène "Les contes d'Hoffmann" d'Offenbach à l'Opéra Bastille. "La jeune fille et la mort", un suspens psychologique avec Sigourney Weaver et Ben Kingsley, réalisé en 1995, est une nouvelle variation du huis-clos tendu comme Polanski les affectionne tant.

Le réalisateur fera pourtant une exception avec le plus gothique "La neuvième porte" où, une fois n'est pas coutume, il met en scène Emmanuelle Seigner en ange gardien ambiguë d'un Johnny Depp en bibliophile peu scrupuleux. Une œuvre plus commerciale que de coutume et un succès public relativement décent, avant le retour à l'austérité, via "Le Pianiste". Inspiré des mémoires du pianiste polonais Wladyslaw Szpilman, ce film est, certes, une adaptation, mais également une œuvre très personnelle pour le réalisateur, qui a lui-même connu le Ghetto de Varsovie. En le récompensant d'une Palme d'or au dernier Festival de Cannes, le jury présidé par David Lynch a autant récompensé le film que l'ensemble de la carrière d'un réalisateur déjà mythique.

Trois ans plus tard, il réalise "Oliver Twist", adaptation du classique de Charles Dickens. Après une longue parenthèse, Polanski revient en 2010 avec le thriller "The Ghost Writer", emmené par Ewan McGregor et Pierce Brosnan, qui est sorti en salles alors qu'il était assigné à résidence dans son chalet suisse, du fait de ses problèmes avec la justice.

C'est en France que Polanski voit la pièce Le Dieu du Carnage, de Yasmina Reza, qu'il décide assez rapidement d'adapter au cinéma, avec la dramaturge en co-scénariste. Le huit clos comique et caustique entre quatre adultes bourgeois est rebaptisé "Carnage", et se dote d'un casting quatre étoiles : Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly. Le film présenté en sélection officielle au festival de New York, est récompensé lors de celui de Venise où il obtient un petit Lion d'Or. Surtout, il rapporte au cinéaste un César de la meilleure adaptation en 2012.

Roman Polanski ne reste pas longtemps inactif. Alors qu'il est à Cannes pour la présentation de "Tess" en version restaurée, le cinéaste hérite du manuscrit de "La Vénus à la Fourrure" écrit par David Ives et qui triomphe à Broadway. Le coup de foudre est immédiat pour cette histoire d'un metteur en scène recherchant désespérément la comédienne de sa future pièce. En compagnie d'Ives, il réécrit la pièce et l'adapte au langage cinématographique, porté par Mathieu Amalric et sa femme Emmanuelle Seigner.


(Sources consultées : dossier de presse du film).

Filmographie :1962 - Le couteau dans l'eau (Polanski)

1965 - Répulsion (Polanski)

1966 - Cul de sac (Polanski)

1967 - Le bal des vampires (Polanski)

1968 - Rosemary's Baby (Polanski)

1971 - Macbeth (Polanski)

1972 - Quoi ? (Polanski)

1972 - Weekend of a Champion (Polanski)

1974 - Chinatown (Polanski)

1975 - Le Locataire (Polanski)

1979 - Tess (Polanski)

1985 - Pirates (Polanski)

1988 - Frantic (Polanski)

1992 - Lunes de fiel (Polanski)

1994 - La Jeune fille et la mort (Polanski)

1999 - La Neuvième porte (Polanski)

2001 - Le Pianiste (Polanski)

2004 - Oliver Twist (Polanski)

2005 - Le court des grands (Polanski)

2008 - The Ghost Writer (Polanski)

2011 - Carnage (Polanski)

2013 - La Vénus à la Fourrure (Polanski)
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