16 décembre 2018

Roschdy Zem

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Nationalité : FrançaisMétier : Acteur, RéalisateurDernier film : Le JeuCrédits photographiques : Mars Films


Elevé dans la banlieue de Bobigny, Roschdy Zem a 20 ans lorsqu'il franchit pour la première fois la porte d'un cours de théâtre. Suite logique : on le voit apparaître épisodiquement dans des petits rôles sur scène, rôles qui ne le satisfont que moyennement.

Le cinéma lui sourit timidement en 1987 grâce à Josiane Balasko, qui lui offre un petit rôle dans "Les keufs". Mais, peu enclin à tenir le profil de petite frappe maghrébine de rigueur, Zem poursuit sa quête sur les planches. En 1991, nouveau sourire du cinéma, mais plus engageant cette fois, puisque, par l'entremise d'un assistant, Zem rencontre Téchiné qui l'engage sur "J'embrasse pas", et le reprend sur "Ma saison préférée".

Encore quelques courtes années de galère et le début 1995 le voit finalement exploser sur le grand écran. Le rôle, pourtant peu reluisant, qu'il endosse dans le film en question ("N'oublie pas que tu vas mourir") est celui d'un malfrat camé jusqu'à la moëlle qui entraîne Xavier Beauvois (réalisateur et héros du film) vers de dangereuses pentes...

La suite de sa carrière est (sans mauvais jeu de mots) vertigineuse : Roschdy Zem est partout. On le voit aussi bien dans des œuvres graves et cérébrales ("Le cœur fantôme") que dans des comédies dramatiques très contemporaines ("En avoir (ou pas)", "Mémoires d'un jeune con"), ou des comédies ("Le plus beau métier du monde", "La divine poursuite"). Autant de genres où son indéniable talent de composition fait des merveilles.

Début 1996 sort "L'autre côté de la mer", où il tient son rôle le plus important à ce jour, celui d'un ophtalmo beur en quête d'identité et qui se trouve une figure paternelle en celle de Claude Brasseur. La critique et le public applaudissent, et Roschdy Zem est sur les droits rails en direction de la gloire.

Après "Vive la république !", on le retrouve à l'affiche du film de Patrice Chéreau, "Ceux qui m'aiment prendront le train". Il investit brièvement le territoire de Lætitia Masson pour un petit rôle dans "A vendre", histoire d'un détective privé lancé aux trousses d'une femme mystérieuse.

Roschdy Zem continue alors sa collaboration auprès de grands réalisateurs et recroise le chemin d'André Téchiné pour "Alice et Martin", avec Juliette Binoche et Alexis Loret, emportés dans une relation passionnelle. Il tourne également dans des premiers longs, comme celui de l'énigmatique Siegfried, Louise ("Take 2"), en compagnie d'Elodie Bouchez, fable contemporaine dans un Paris filmé caméra à l'épaule, où il est Rémi, un jeune vagabond dandy. 1999 sera l'année de la consécration, puisque, avec "Ma petite entreprise", il obtient le César du Meilleur second rôle. il y est Sami, un proche d'Ivan (Vincent Lindon), dont la PME flambe alors qu'il n'est pas assuré...

Après avoir tenu des rôles de plus en plus importants comme dans le drame de Christian Vincent "Sauve-moi" ou "La parenthèse enchantée", sous les traits de Paul, jeune homme qui aborde la frénésie des années 70 et la libération des mœurs avec appréhension, on le voit, tendre et attentionné, en serveur dans "Stand-by", aux côtés de Dominique Blanc devenue figure fantôme d'Orly-Sud depuis que son mari l'y a abandonnée.

Enchaînant jusqu'à cinq films par an, on retrouvait l'acteur, exilé à New York pour le pire (un mariage blanc) dans "Little Sénégal", puis chaussé de talons aiguilles et en guêpière latex, travesti arpentant les trottoirs de Paris dans "Change-moi ma vie", où il sauvait néanmoins une femme à la dérive (Fanny Ardant). sans oublier "Betty Fisher et autres histoires", où, dans le rôle d'un médecin, il va conquérir le cœur de cette fameuses Betty Fisher qui a perdu son fils et qui règle ses comptes avec sa mère.

Roschdy Zem enchaîne les projets avec les comédies grand public ("Le Raid", "Blanche", ou "Chouchou" dans lequel il campe l'inénarrable Frère Jean) ou films psychologiques ("Ordo"). Indic dans "36 Quai des Orfèvres", flic dans "Le Petit lieutenant" de son vieux complice Beauvois (avec à la clé une nouvelle nomination au César), ce grand acteur de composition, qui apprend l'hébreu pour "Va, vis et deviens" et prend l'accent serbe pour "La Californie", obtient en 2006 à Cannes le Prix d'interprétation masculine, partagé avec ses partenaires, pour "Indigènes", film de guerre sur les soldats nord-africains mobilisés en 1943. Cette riche année est aussi marquée par ses débuts de réalisateur avec "Mauvaise foi" (dont il est aussi l'interprète principal), une comédie sur un couple mixte, elle juive (Cécile de France), lui musulman.

En 2008, on le retrouve épris de "La Fille de Monaco" surentraîné pour son rôle de flic risque-tout dans "Go Fast" ou fêtant ses retrouvailles avec Pierre Jolivet pour "La Très très grande entreprise". Sa prestation d'avocat en proie à une crise de conscience dans "Commis d'office" (2009) est remarquée par la critique, tout comme celle dans le premier film de son ami Pascal Elbé, "Tête de Turc".

L'année 2010 marque le retour des tirailleurs d'Afrique du Nord à Cannes avec "Hors-la-loi", de nouveau sélectionné, et permet à l'acteur de retrouver ses co-lauréats du Prix d'Interprétation Jamel Debbouze et Sami Bouajila. Roschdy Zem réalise la même année un second long métrage, "Omar m'a tuer", inspiré de la sanglante affaire Omar Raddad.

En parallèle de sa carrière naissante de réalisateur, Roschdy Zem continue de sillonner le polar à la française, le gun toujours en bandoulière : il est une légende du banditisme dans "A bout portant" (2010) de Fred Cavayé, un commandant à la Brigade Mondaine dans "Une nuit" (2011), un patron au trafic d'armes à Marseille dans "Mains armées" (2012) ou encore un mystérieux étranger chez David Marconi dans "intersections" (2013).

Changement de registre en 2014, où le gangster du cinéma français campe le collègue sans-abri d'Anaïs Demoustier dans le fantaisiste "Bird People", puis un grand chef étoilé dans la comédie "On a failli être amies", aux côtés de Karin Viard et Emmanuelle Devos. Parallèlement, Roschdy Zem sortait en octobre dernier son troisième long-métrage, "Bodybuilder", l'histoire d'un adolescent de vingt ans rencontrant pour la première fois son père (François Yolin Gauvin) qu'il ne connaissait pas et découvre en même temps la passion de ce dernier pour le culturisme.

Associé à Benoît Poelvoorde pour le film "La Rançon de la Gloire", sous la direction de Xavier Beauvois, Roschdy Zem s'était fait depuis plus discret ces deux dernières années. Il aura opéré ensuite un retour en force avec "Les Hommes du Feu" et "Le Prix du Succès". Ont suivi "Ma Fille" et "Le Jeu" mis en scène par Fred Cavayé.


(Sources consultées : dossier de presse du film).
Filmographie :1987 - Les keufs (Josiane Balasko)

1991 - Sup de fric (Gion)

1991 - J'embrasse pas (André Téchiné)

1992 - Ma saison préférée (André Téchiné)

1995 - N'oublie pas que tu vas mourir (Xavier Beauvois)

1995 - En avoir (ou pas) (Lætitia Masson)

1995 - Le cœur fantôme (Garrel)

1995 - Mémoires d'un jeune con (Patrick Aurignac)

1996 - Le plus beau métier du monde (Gérard Lauzier)

1996 - Fred (Pierre Jolivet)

1996 - La divine poursuite (Michel Deville)

1996 - Lola (Zauberman)

1996 - L'autre côté de la mer (Cabrera)

1997 - Vive la République ! (Eric Rochant)

1997 - Ceux qui m'aiment prendront le train (Patrice Chéreau)

1997 - A vendre (Laetitia Masson)

1997 - Alice et Martin (André Téchiné)

1997 - Le monde à l'envers (Colla)

1997 - Louise (Take 2) (Siegfried)

1998 - Vivre au Paradis (Guerdjou)

1998 - Stand-by (Stephanik)

1999 - Ma petite entreprise (Pierre Jolivet)

1999 - La parenthèse enchantée (Spinosa)

2000 - L'origine du monde (Jérôme Enrico)

1999 - La ville (Nasrallah)

2000 - Sauve-moi (Christian Vincent)

2000 - Little Sénégal (Bouchareb)

2000 - Change-moi ma vie (Liria Begeja)

2000 - Betty Fisher et autres histoires (Claude Miller)

2001 - Ma femme est une actrice (Yvan Attal)

2001 - Le raid (Djamel Bensalah)

2001 - Blanche (Bernie Bonvoisin)

2002 - Dreams of Trespass (Danan)

2002 - Chouchou (Merzak Allouache)

2002 - Filles Uniques (Pierre Jolivet)

2003 - A quoi ça sert de voter écolo ? (Aure Atika)

2002 - Monsieur N. (Antoine de Caunes)

2003 - Merci... Dr Rey ! (Andrew Litvack)

2003 - Les clefs de bagnole (Laurent Baffie)

2003 - Sansa (Siegfried)

2003 - Ordo (Laurence Ferreira Barbosa)

2004 - 36 (Olivier Marchal)

2004 - Tenja (Hassan Legzouli)

2004 - Va, vis et deviens (Radu Mihaileanu)

2004 - Camping à la ferme (Jean-Pierre Sinapi)

2004 - Le Petit lieutenant (Xavier Beauvois)

2006 - Indigènes (Rachid Bouchareb)

2005 - La Californie (Jacques Fieschi)

2006 - Mauvaise foi (Roschdy Zem)

2006 - Détrompez-vous (Bruno Dega)

2008 - La Fille de Monaco (Anne Fontaine)

2007 - Go fast (Olivier Van Hoofstadt)

2008 - La très très grande entreprise (Pierre Jolivet)

2008 - Commis d'office (Hannelore Cayre)

2008 - London River (Rachid Bouchareb)

2009 - Tête de Turc (Pascal Elbé)

2009 - Happy Few (Antony Cordier)

2010 - Hors-la-loi (Rachid Bouchareb)

2010 - Omar m'a tuer (Zem)

2010 - A bout portant (Fred Cavayé)

2011 - Une nuit (Philippe Lefebvre)

2011 - Mains armées (Pierre Jolivet)

2012 - Sans Issue (Mabrouk el Mechri)

2012 - Intersections (David Marconi)

2013 - Girafada (Rani Massalha)

2013 - Bird People (Pascale Ferran)

2013 - On a failli être amies (Anne Le Ny)

2013 - Bodybuilder (Roschdy Zem)

2014 - La Rançon de la Gloire (Beauvois)

2017 - Les Hommes du Feu (Jolivet)

2017 - Le Prix du Succès (Modeste)

2018 - Ma Fille (Naidra Ayadi)

2018 - Le Jeu (Fred Cavayé)
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