19 novembre 2018

Thierry Lhermitte

Thierry Lhermitte
Nationalité : FrançaisMétier : Acteur, RéalisateurDernier film : La FinaleCrédits photographiques : Orange Studio Cinéma / UGC Distribution



Né à Boulogne-Billancourt le 24 novembre 1952, Thierry Lhermitte se découvre des affinités avec le théâtre en fréquentant sa bande de joyeux drilles du lycée Pasteur de Neuilly. Parmi ceux-ci, certains Michel Blanc, Gérard Jugnot et Christian Clavier. Pour faire plaisir aux parents, Thierry poursuit des études d'économie, mais suit aussi des cours d'art dramatique qui vont le mener, dès sa création, au Théâtre du Splendid, où il retrouve ses amis d'adolescence qu'il n'a d'ailleurs jamais vraiment quittés. Pendant sept ans, toute la troupe écrit, monte et joue des spectacles de café-théâtre qui vont en faire rapidement des gloires montantes de la scène “off” parisienne. On les voit dans "Ma tête est malade", "Le pot de terre contre le pot de vin", "Je vais craquer", etc.

Pendant ce temps, Thierry Lhermitte, comme ses petits camarades, trouve quelques rôles au cinéma, généralement très secondaires comme dans "Les valseuses" ou "Que la fête commence", réalisés par Blier et Tavernier, alors inconditionnels du Splendid. Le succès de la petite structure théâtrale ne tarde pas à trouver un écho auprès des producteurs de cinéma, qui proposent à la troupe de transposer leur pièce "Amour, coquillages et crustacés" sur grand écran, sous le titre Les bronzés. Lhermitte y reprend son personnage de Popeye, dragueur impénitent qui s'amuse à compter en kilos les filles avec lesquelles il a couché pendant l'été. Le succès du film est fulgurant, Thierry Lhermitte d'emblée catalogué dans le registre “beau gosse”, haute stature, voix de velours et regard bleu acier aidant.

La troupe continue de se suivre dans diverses comédies plus ou moins réussies, notamment "Clara et les chics types" (pour lequel il reçoit le premier prix Jean-Gabin), autour des déboires d'un orchestre itinérant, et "Les hommes préfèrent les grosses", satire impitoyable sur les canons de beauté inaccessibles. Mais c'est avec "Le père Noël est une ordure" que Lhermitte et les autres atteignent leur apex comique... entonnant, du même coup (si on passe – on ne le fait pas – sur "Papy fait de la résistance") leur chant du cygne. Dans "Le père Noël...", Thierry Lhermitte est Pierre Mortez, employé de SOS Détresse Amitié sexuellement frustré et qui fantasme en secret sur sa collègue Thérèse.

A partir du début des années 80, Thierry Lhermitte, physiquement en phase avec les critères de l'époque, varie les plaisirs en changeant de registre. Il donne dans le polar ("Légitime violence", "Un été d'enfer", "L'indic"), mais son domaine de prédilection reste avant tout la comédie. Il retrouve Coluche, avec lequel il avait joué "Ginette Lacaze 1960" au café-théâtre, pour "La femme de mon pote", et Charles Némès, dont il avait été du premier film ("Les héros n'ont pas froid aux oreilles en 1983") pour La fiancée qui venait du froid.

Il est un banquier ultra-chic dans le film américain "French lover", de Richard Marquand, un policier dans "La smala", un play-boy qui séduit une princesse de pacotille dans "Le mariage du siècle", et décroche avec le personnage de François, flic incorruptible – pour très peu de temps – dans "Les ripoux", la clé d'un très grand succès commercial, transformant l'essai populaire trois ans plus tard avec une suite, Ripoux contre ripoux, à nouveau signée Claude Zidi.

Entre-temps, la pièce dont il était co-auteur, "Nuit d'ivresse", est adaptée à l'écran, avec lui-même dans le rôle d'une personnalité de la télévision, et puis il est un odieux aveugle dans "Fucking Fernand", un homosexuel heureux dans "La fête des pères", un ministre ignoble dans "Promotion canapé", et il tient le rôle-titre des "Secrets professionnels du docteur Apfelglück". Un film important dans la carrière de Thierry Lhermitte puisque, s'il signe l'un des sketches qui composent le film, il en assure aussi la production, activité qu'il va énormément développer dans les années 90.

En attendant, il partage avec Bud Spencer la vedette d'une invraisemblable série Z comique, "Ange ou démon", puis est traqué par Nadia Farès dans "Elles n'oublient jamais", est un sévère lieutenant français dans "L'honneur de la tribu" (tourné en Algérie), l'avocat d'une petite fille qui accuse son père d'inceste dans "L'ombre du doute", puis écope de la garde d'un enfant turbulent et amazonien dans "Un Indien dans la ville". Réalisé par son vieil ami Hervé Palud, ce dernier film, qui triomphe en France à l'hiver 1994, est une production Ice3, soit la propre maison de production du comédien, ce qui lui permet de faire fructifier son capital et de continuer à produire des films.

Lhermitte monte parallèlement France Cinéma Interactif, qui édite des CD-Rom relatifs au 7ème Art, mais continue aussi de tourner beaucoup, même si ses rôles sont plus des apparitions (dix secondes à l'écran en médecin barbu et trucidé dans "Le loup-garou de Paris") ou des seconds rôles (Louis XIV dans "Marquise", un député dans "Trafic d'influence", un recteur dans "Le prof") que de véritables prestations d'envergure. Néanmoins, dans le rôle du très puant Pierre Brochant dans "Le dîner de cons" puis en obèse (!) ami du héros dans "Deuxième vie", il continue à être très drôle, mais d'une drôlerie souvent emprunte de cynisme, d'une certaine noirceur.

En cavale dans les îles polynésiennes dans "Le prince du Pacifique" (qu'il a co-écrit et produit au sein de Ice3), on a pu le voir également dans "Bon plan", dans le rôle d'une gloire fanée du disco retranchée dans une île grecque. Encore une production Lhermitte à ajouter à une liste qui commence à être conséquente. On revoit ensuite les yeux les plus bleus de France en amoureux d'une donzelle de vingt ans sa cadette (Claire Keim) dans "Le roman de Lulu", avant d'achever la comédie de Francis Veber, "Le Placard" où il est un cadre grisonnant qui mène Gérard Depardieu en bateau.

Après une apparition dans "La bande du Drugstore" de François Armanet (sur les minets de la fin des années 60), et un passage discret chez Lelouch ("And now... Ladies and Gentlemen"), l'acteur plonge dans les méandres d'"Une Affaire Privée" de Guillaume Nicloux, privé enquêtant à la recherche d'une jeune femme. Un contre-emploi tel que Thierry Lhermitte a rarement eu le loisir d'en incarner. Il revient ensuite avec le plus classique "Effroyables Jardins", en assureur gentiment véreux qui se remémore ses souvenirs de guerre, et son actualité vrombit de mille films, puisque outre son rôle de politicien Casanova (il y conte fleurette à Kate Hudson) dans le très bourgeois "Le divorce", on le revoit dans "Cette femme-là", où Guillaume Nicloux lui fait un clin d'œil en lui faisant réincarner, le temps d'une scène, le personnage de Manéri, celui-là même d'Une affaire privée, mais cette fois plâtré jusqu'au cou. Suivront les retrouvailles avec le flic corrompu que l'on connaît dans "Ripoux 3", toujours réalisé par Claude Zidi, le drame de Giacomo Battiato, "Entrusted" et la comédie " Qui perd gagne", de Laurent Bénégui avec Elsa Zylberstein.

Du drame à la comédie, Thierry Lhermitte s'essaie aux différents genres du cinéma, mais c'est surtout dans le registre de l'humour qu'il récolte ses plus grandes réussites. En effet, en 2005, le film "Les Bronzés 3" pour la vie crée l'événement en réunissant pour la première fois depuis de nombreuses années la troupe du Splendid. Après quelques seconds rôles au cinéma, c'est à la télévision que Thierry Lhermitte décide de faire son retour en janvier 2011 dans la série "Doc Martin". L'année suivante, le comédien revient au grand écran dans le drame "Le Noir (Te) Vous Va Si Bien" de Jacques Bral. Ont suivi "Misere - La Marque des Anges" et "Quai d'Orsay" ainsi que "Nos Femmes" aux côtés de Daniel Auteuil et de Richard Berry. Ont suivi "La Nouvelle Vie de Paul Sneijder" et "Ma famille t'adore déjà". Dès le 21 mars prochain, ce sera "La Finale"..


(Sources consultées : dossier de presse du film).
Filmographie :1973 - L'An 01 (Jean Rouch)

1974 - Les Valseuses (Bertrand Blier)

1974 - Que la fête commence (Bertrand Tavernier)

1978 - Les Bronzés (Patrice Leconte)

1979 - Les Bronzés font du ski (Patrice Leconte)

1980 - Clara et les chics types (Jacques Monnet)

1981 - Les Hommes préfèrent les grosses (Jean-Marie Poiré)

1981 - L'année prochaine si tout va bien (Jean-Loup Hubert)

1982 - Elle voit des nains partout ! (Jean-Claude Sussfeld)

1982 - Légitime défense (Serge Leroy)

1982 - Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)

1983 - Papy fait de la résistance (Jean-Marie Poiré)

1983 - Stella (Laurent Heynemann)

1983 - L'indic (Serge Leroy)

1983 - Un homme à ma taille (Annette Carducci)

1983 - La fiancée qui venait du froid (Némès)

1983 - La femme de mon pote (Bertrand Blier)

1984 - La smala (Jean-Loup Hubert)

1984 - Les Ripoux (Claude Zidi)

1985 - Le Mariage du siècle (Philippe Galland)

1986 - Un verano de Infierno

1986 - Un été à Tanger (Alexandre Arcady)

1987 - Fucking Fernand (Gérard Mordillat)

1989 - La fête des pères (Joy Fleury)

1990 - Les Mille et une nuits (Philippe de Broca)

1989 - Ripoux contre ripoux (Claude Zidi)

1990 - Ange ou démon (Enzo Barboni)

1990 - Promotion canapé (Didier Kaminka)

1991 - La totale (Claude Zidi)

1991 - Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück (Thierry Lhermitte)

1992 - Le zèbre (Jean Poiret)

1992 - Tango (Patrice Leconte)

1993 - L'ombre du doute (Aline Isserman)

1993 - Fanfan (Alexandre Jardin)

1994 - Elles n'oublient jamais (Christopher Frank)

1994 - Grosse fatigue (Michel Blanc)

1994 - La vengeance d'une blonde (Swarcz)

1994 - Un Indien dans la ville (Hervé Palud)

1995 - Augustin (Fontaine)

1995 - Ma femme me quitte (Kovacks)

1996 - Fallait pas (Gérard Jugnot)

1997 - Marquise (Véra Belmont)

1997 - Les soeurs Soleil (Swarcz)

1997 - Quatre garçons pleins d'avenir (Jean-Paul Lilienfeld)

1998 - Le loup garou de Paris (Waller)

1998 - Le Dîner de cons (Francis Veber)

1999 - Beurgarou (Smain)

1998 - Trafic d'influence (Dominique Farrugia)

1999 - C'est pas ma faute (Jacques Monnet)

1999 - Le plus beau pays du monde (Marcel Bluval)

1999 - Le Prof (Alexandre Jardin)

1999 - Meilleur Espoir Feminin (Gérard Jugnot)

2000 - Le prince du Pacifique (Alain Corneau)

2000 - Deuxième Vie (Patrick Braoudé)

2000 - Le Roman de Lulu (Pierre-Olivier Scotto)

2000 - Le Placard (Francis Veber)

2001 - Bon Plan (Jérôme Lévy)

2001 - And now... Ladies and Gentlemen (Claude Lelouch)

2001 - Une Affaire Privée (Guillaume Nicloux)

2002 - Snowboarder (Olias Barco)

2002 - La bande du Drugstore (Armanet)

2002 - Le Divorce (James Ivory)

2002 - Effroyables Jardins (Jean Becker)

2003 - Mauvais Esprit (Patrick Alessandrin)

2003 - Super Ripoux (Claude Zidi)

2003 - Un Rêve Américain (Eddy Mitchell)

2003 - Entrusted (Battiato)

2004 - Qui perd gagne (Laurent Bénégui)

2004 - L'Enfant de l'Aube (Marc Angelo)

2004 - Au secours, j'ai 30 ans ! (Marie-Anne Chazel)

2003 - L'Américain (Patrick Timsit)

2004 - L'ex-femme de ma vie (Josiane Balasko)

2004 - L'Antidote (Vincent de Brus)

2005 - Foon (Benoît Pétré)

2006 - La Clef (Guillaume Nicloux)

2005 - Les Bronzés 3 (Patrice Leconte)

2005 - Incontrôlable (Raffy Shart)

2006 - Comme tout le monde (Pierre-Paul Renders)

2007 - L'Invité (Laurent Bouhnik)

2009 - Le Siffleur (Philippe Lefebvre)

2009 - Thelma, Louise et Chantal (Benoît Pétré)

2012 - Le Noir Vous Va Si Bien (Jacques Bral)

2012 - La Marque des Anges (Sylvain White)

2012 - Quai d'Orsay (Bertrand Tavernier)

2015 - Nos Femmes (Richard Berry)

2016 - La Nouvelle Vie de Paul Sneijder (Thomas Vincent)

2016 - Ma famille t'adore déjà (Jérôme Commandeur / Alan Corno)

2018 - La Finale (Robin Sykes)
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