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Sortie le 02 décembre 2009. Crédits photographiques : Europacorp Distribution.
Arthur est au comble de l'excitation: c'est aujourd'hui la fin du dixième cycle de la Lune, et il va enfin pouvoir rejoindre le monde des Minimoys pour y retrouver Sélénia, princesse miniature, et élue de son coeur. Mais son père choisit précisément ce jour tant attendu pour interrompre les vacances d'Arthur, et l'obliger à quitter plus tôt que prévu la maison de sa grand-mère. Au moment du départ, une araignée dépose dans sa main un message, gravé sur un grain de riz. Un message de détresse envoyé par les Minimoys. Pas de doute: Sélénia est en danger! Arthur n'a plus qu'une idée en tête: voler à son secours, quitte à tomber dans le piège de l'infâme Maltazard, bien décidé à prendre sa revanche… 
La débâcle Arthur et la vengeance de Maltazard commence avant même la première image. Face aux journalistes et invités, Luc Besson prend la parole, dispense deux ou trois mots gentils, puis, l'air de rien, apporte une précision sur la fin de son film. « Quand apparaîtra le panneau À suivre, c'est vraiment la fin. Souvent, les gens qui voient le film pensent qu'il manque une bobine, alors qu'en fait non ». Une heure et demie plus tard, on comprendra mieux le pourquoi de cette justification préalable : cet Arthur-là est si mal construit et écrit qu'il semble effectivement lui manquer des morceaux. Généralement, l'inscription À suivre vient sceller pour quelques mois un sommet de suspense ou d'angoisse ; ici, elle sert juste à prévenir les spectateurs que le film est fini, qu'ils peuvent sortir de la salle et reprendre une activité normale. Comme tout ce que touche Besson depuis au moins dix ans, "Arthur et la vengeance de Maltazard" a la tronche d'un film vite fait mal fait, exécuté à vitesse grand V afin de respecter la date de sortie prévue, mais oubliant du même coup toute notion de respect du public et du cinéma. Le film semble foncièrement brouillon, marquant une nouvelle régression par rapport à un "Arthur et les minimoys" qui était déjà très loin d'être emballant. Le principal recul de cette suite est d'ordre technique : beaucoup plus de scènes se déroulent dans le monde humain, donc beaucoup moins dans l'univers souterrain des minimoys. D'où deux conséquences notables. La première, c'est que les amateurs de cinéma d'animation risquent de ronger leur frein devant le peu de grain qu'on leur donne à moudre ; la seconde, c'est que les adultes déjà insupportables dans Arthur 1 le deviennent encore plus dans Arthur 2, puisque plus présents à l'écran. On en est réduit à attendre sans arrêt que ces scènes consternantes, traversées par un humour de dortoir, se terminent. Tout cela pour des basculements courts et insipides chez les minimoys. Comme dans toute saga de ce genre, il y a à un moment ou à un autre un épisode de transition, peut-être moins intense mais absolument nécessaire. "Arthur et la vengeance de Maltazard" remplit ce rôle, mais le fait avec une platitude infinie, comme si ce statut de film-passerelle dispensait de bâtir une intrigue. Oh, il y a bien un semblant d'histoire, que l'on peut résumer ainsi : Arthur reçoit un message le poussant à rejoindre les minimoys (hop, 70 minutes de passées), sauf qu'en fait c'est un piège (re-hop, 20 minutes pour justifier le titre). C'est absolument tout. Les acteurs brassent de l'air pour justifier leur cachet (pauvre Mia Farrow), tandis qu'Arthur découvre le monde des minimoys comme si c'était la première fois, au gré de scènes redondantes en diable. Cette histoire simplissime, Luc Besson parvient à ne même pas la raconter correctement. Construit n'importe comment, le scénar empile des flashbacks sans intérêt qui ennuieront les gosses et consterneront les autres. Il est vrai que justifier le désir de vengeance du grand méchant en expliquant qu'il a observé la grand-mère éplucher des légumes - faites le lien - était fondamental, entre autres exemples aussi affligeants... Et même pas une miette de bonne idée de plan pour faire passer la pilule. Après avoir annoncé la fin de sa carrièrre, Besson semble finalement se complaire dans une pré-retraite somnolente consistant à continuer de faire du pognon des films sans trop se fouler. Qu'on aime ou non ses films en tant que réalisateur, il faut bien reconnaître que le bonhomme avait des idées, des envies, un savoir-faire qui ressortaient de façon évidente à l'écran. Ici, plus rien. Le néant. N'importe quel yes man aurait sans doute fait au moins aussi bien, tant "La revanche de Maltazard" sonne comme un produit de junk cinema, sans goût ni personnalité, torché sans passion par une armée de stagiaires blasés. « N'oubliez pas que vous avez eu 5 ans », ajoute Besson juste avant le début de la séance ; un âge déjà trop élevé pour apprécier ce genre de truc qui doit bien faire marrer les américains. Thomas Messias |