Amazon Prime Video

Hanna : Déjà vu

Par Emmanuel Francq


Amazon prime a eu l’idée de réunir à nouveau le duo Mireille Enos / Joel Kinnaman ("The Killing" version US) dans cette adaptation en série télé du film homonyme de 2011 signé Joe Wright. On les retrouve dans cette histoire de traque pompant allègrement quelques classiques du petit et du grand écran.


C'est quoi cette série ?
Erik Heller, ex-soldat à la dérive, découvre une expérience scientifique menée sur des enfants et visant à les « upgrader ». Heller enlève Hanna et l’éduque loin de la civilisation. Mais quinze ans plus tard, la jeune fille cherche à découvrir ses origines…

Saison 1 - 8 épisodes - Avec Joel Kinnaman, Mireille Enos, Esme Creed-Miles


Prenez les séries "Le Fugitif" (remake 2000) et "Dark Angel" (2001, produite par James "Terminator" Cameron), ajoutez une grosse louche des films "Nikita" (1990) de Luc Besson et "La mémoire dans la peau" (2002), secouez bien fort le tout et vous obtenez "Hanna", visible sur la plateforme de commerce en ligne Amazon Prime depuis un an.

Dire que c’est une série révolutionnant les genres action et espionnage serait très certainement exagéré. Mais "Hanna" bénéficie d’un capital sympathie pour plusieurs raisons. D’abord car on regarde un spectacle sans prétentions, destiné au public ado actuel qui ne connaît sans doute pas les « vieilleries » citées plus haut. Ensuite, parce que l’ensemble se révèle distrayant sans plus. Enfin, parce que le couple Enos / Kinnaman reste toujours aussi plaisant à retrouver à l’écran, même si leurs rôles ici sont fort différents du remake américain de la série policière "The Killing" (2011/2014).

En évoquant l’acteur Joel Kinnaman, on se dit que soit il a un bon agent artistique, soit c’est un petit malin, soit les deux. A notre avis, c’est ce dernier cas. Depuis 2016, il est partout : sur Netflix dans une saison de "House of Cards", dans la cyberpunk "Altered Carbon" (2018, mérite le coup d’œil), puis sur la nouvelle Apple TV avec l’excellente saga spatiale "For All Mankind" et enfin sur Amazon Prime avec "Hanna". Sans oublier le grand écran avec ses films "The Informer", thriller carcéral de bonne facture en attendant la suite de "Suicide Squad" (sortie en 2021 si le coronavirus ne remet pas nos plans de sortie, comme le nouveau James Bond, à bien plus tard).

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Esme Creed-Miles - Copyright Amazon Prime Video
Alors, ça donne quoi à l’arrivée ? Une première salve de 8 épisodes assez bien maîtrisée en termes d’action et de suspense mais qui très vite, hélas, s’enlise dans son concept. En gros : peur d’être retrouvé, aïe les méchants sont là, fuite, traque, affrontement, refuite, repos et on recommence au prochain épisode. Quelques incohérences à pointer comme la gamine élevée dans la forêt qui se promène ensuite dans les rues de Berlin comme si cela lui était tout à fait naturel. Ses retrouvailles avec sa copine rencontrée au Maroc sentent la pirouette scénaristique pour « rallonger la sauce » et n’apportent pas grand-chose de plus, à part quelques tourments adolescents placés là - évidemment - pour capter l’adhésion du public ciblé.

Fidèle à sa politique d’emmener le spectateur voyager dans le monde, sauf dans les sempiternelles New York et Los Angeles, la « chaîne » de streaming nous emmène « juste » en Europe de l’Est car "Hanna" ne bénéficie visiblement pas des mêmes moyens financiers que la médiocre "Jack Ryan". On se balade donc dans de belles forêts censées représentées la Roumanie alors que la série a été tournée en Hongrie (un détail), avec poursuites en voiture, mitraillades, dérapages, explosions et tutti quanti. Le manque de moyens est parfois patent dans quelques épisodes se passant, pour moitié, avec trois acteurs dans une pièce, rappelant les débuts de notre copain "MacGyver" (version 1985), ce qui nous fait dire : « Eh mais c’est une série de fauchés ! »

Au final, rien de neuf en somme mais l’ensemble se regarde en famille, avec de quoi épater l’ado actuel en confinement. Heureusement que Kinnaman et Enos portent la série sur leurs épaules car la jeune Esme Creed-Miles se révèle assez inexpressive. OK, c’est le rôle qui veut ça mais comment rendre une gamine coupée de ses émotions attachante ? La série n’y parvient pas la plupart du temps ou à de trop rares moments. Ces réserves mises à part, on passe un bon moment, vite vu, vite oublié et une saison 2 (en préparation) nous semble parfaitement superflue.

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