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I Love America : Comédie tarte à la crème

Par Clara Lainé


Dans "I Love America", Lisa décide de changer de vie en quittant Paris pour Los Angeles. Ses enfants ont quitté le nid familial et sa célèbre mère, absente durant toute sa vie, vient juste de mourir. Lisa a donc besoin d’un nouveau départ. Elle y retrouve son meilleur ami Luka (qui a réussi sa carrière aux Etats-Unis en montant un célèbre bar de drag queens), mais sa vie sentimentale est aussi compliquée que foisonnante. Luka se donne pour mission d’aider Lisa à relancer la sienne éteinte depuis trop longtemps. Notamment en lui créant un profil sur un site de rencontres. Entre des rendez-vous gênants, et une histoire inattendue avec John, Lisa comprend que la véritable rencontre est avec elle-même, si elle arrive à pardonner à celle qui fut son premier amour : sa mère.

C’est toujours une déception quand on se pose devant un film vendu comme feel-good (avec l’envie de passer un bon moment) alors qu’on en ressort blasé. Quand bien même on ne s’attendait à rien. Si ce n’est de débrancher son cerveau l’espace d’une heure quarante. Liza Azuelos nous propose, avec "I Love America", un curieux mélange entre clichés et nostalgie. La relation (autobiographique) mère/fille détonne curieusement avec la quête banale (et pas toujours crédible) de Sophie Marceau qui découvre le monde des sites de rencontre.

Tous les codes de la comédie romantiques sont respectés à outrance dans "I Love America" et les poncifs s’accumulent. La voix off, les ralentis, les musiques, etc. Et que dire de Luka, le meilleur ami gay de Lisa ? Sa caricature est telle qu’elle en devient gênante. Non ! Décidément, "Welcome in America" n’est pas le meilleur film de Lisa Azuelos. Pourtant, les flash-backs avaient un vrai potentiel. Ils mettent en scène l’enfance de la protagoniste. Ils découlent directement de la relation de Liza Azuelos et de la chanteuse Marie Laforêt (sa mère) dont la présence a cruellement fait défaut à la réalisatrice. Ces quelques séquences sont suffisamment crédibles pour que l’émotion monte. C’est bien le seul moment où la subtilité est à saluer.

Je le conçois, la performance de Sophie Marceau n’est pas si mal. Toutefois, le talent de l’actrice ne suffit pas combler les lacunes d’un scénario douteux. Les répliques sont tantôt vulgaires (mais rarement drôles) tantôt terriblement éculées. Les RDV tinder se veulent insolites. Alors ils le sont mais pas forcément d’une manière positive. Si au moins on était surpris mais non ! Car l’histoire est prévisible. On anticipe le dénouement à la dixième minute du film en espérant au fond de soi qu’on a tort. Aussi, lorsque le générique défile, on se dit qu’on est heureux que le film soit sorti sur Amazon Prime et non en salle. Au moins, le coût est-il moindre.

Allez ! Un petit peu de positif ! Même si le mot « nuance » n’a pas dû être beaucoup mentionné lors des sessions de brainstorming entre les scénaristes, on peut saluer une atmosphère légère (parfois presque sympathique) et des acteurs qui sauvent les meubles. Pour les plus nostalgiques de "La Boum" ou pour celles et ceux qui ont besoin d’un fond sonore et visuel pour une soirée chill entre amis, "I Love America" sera un bon choix. Pour les autres, un seul conseil : fuyez !

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