16 octobre 2021
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Infinite : Mais où est Highlander ?

Par François Bour

 

"Infinite" va vous faire rêver de réincarnation. Dans un futur proche où s’entrecroisent science-fiction et thriller, le nouveau film porté par Mark Wahlberg en immortel est un blockbuster soldé. A savoir un film avec une bonne idée, un scénario un peu bancal et un budget limité. Assez bon film pour regarder ça de son canapé, son téléphone en main…

Avant de parler de "Infinite" en lui-même, et de ses immortels qui gardent leur tête, il faut évoquer son cinéaste. Antoine Fuqua est un homme aux nombreux projets à venir. Un bourreau de travail peut être au regard de sa riche filmographie. En cet automne 2021, le réalisateur se paye le luxe de proposer à quelques jours d’intervalle, "The Guilty" sur Netflix et "Infinite" sur Amazon. Film qui était distribué à l’origine sur une autre plateforme SVOD. L’homme est un amateur de films d’action.

De l'action en deux espaces temps

Alors si "The Guilty" vous aura forcément laissé sur le carreau coté action, il y en a bien sur "Infinite". Ce n’est pas haletant mais il y en a. Il s’agit après tout d’une lutte ancestrale entre deux clans. Qui dit lutte dit action. Pour le coup, Antoine Fuqua peut exercer un peu de son talent. En particulier lors d’une course-poursuite en voitures qui jouera bien son rôle. Celui de capter l’attention de l’amateur d’action. Le plus dur sera de garder cette attention.

Pour cela, il faut revenir au scénario. Au cœur de "Infinite" se trouve donc un combat entre deux immortels. Pas les immortels écossais non. Des hommes et des femmes dont les consciences passent d’un être à un autre à leur mort. Des personnes qui se réincarnent. Parmi ces êtres, il y a d’abord parmi les Infinis. Ceux qui voient cette réincarnation comme un don et l’utilise pour influencer l’Histoire. Puis, il y a Bathurst, un infini pour qui la réincarnation est contre-nature face à Dieu. Oui l’homme est vaguement croyant. Il veut surtout se venger d’un (très) ancien pote : Heinrich Treadway. Or il s’avère que celui-ci s’est réincarné dans la peau de Mark Wahlberg.

C’est là qu’est la bonne idée de "Infinite". Un personnage qui va devoir découvrir qui il a été pour exploiter tout son potentiel. De nombreux films ont exploité ce procédé narratif par l’amnésie. Ce n’est donc pas nouveau. Mais l’utilisation de la réincarnation permet de faire évoluer un même personnage doublement. Dans une précédente vie, dans la peau de Dylan O’Brien et dans sa dernière en date avec Mark Wahlberg. Mine de rien, cela donne un peu de densité au scénario et Antoine Fuqua assure une mise en scène didactique permettant au spectateur de suivre l’évolution des personnages sans se perdre.

Un potentiel gâché

Le souci avec les bonnes idées de départ, c’est qu’il faut savoir bien les exploiter tout le long. C’est là que "Infinite" amène le spectateur à regarder de plus en plus souvent son téléphone. Les scénaristes sont tombés dans le piège classique. Celui d’en faire trop, d’aller trop loin. Un film de science-fiction qui se respecte, c’est forcément un long-métrage où il est question de destruction de l’humanité. Que deux immortels cherchent à s’entretuer, qu’il soit question de ce qui les a amenés là ou qu’il s’agisse d’intervenir sur l’Histoire, cela ne suffit pas ! Il faut à un moment, une bombe au beau milieu d’un combat dans la soute ouverte d’un avion en plein vol. Façon "Fast & Furious". L'apothéose d'un scénario se rapprochant plus du « n’importe quoi » que de la bonne idée au fil du récit.

Dans le même registre du « n’importe quoi », il faut mettre en évidence une incohérence. Donner à Mark Wahlberg le premier rôle. D’abord parce que l’acteur est très peu expressif, quelque peu en mode automatique. Ensuite, parce qu’il n’a pas le bon personnage. Il joue celui qui va devoir ne faire qu’un avec sa réincarnation. Un guerrier millénaire. Combattant incarné par Dylan O’brien, l’homme de la précédente réincarnation.

Or Mark Wahlberg, au départ homme ordinaire, a déjà la gueule et le physique d’un guerrier. Son évolution est donc moins marquante que de voir Dylan O’Brien jouer le mecs badass alors qu’il a tout du gendre idéal. La découverte du potentiel est toujours plus intéressante quand le personnage ne semble pas adéquat au départ. Ici c’est l’inverse. Mais il est vrai que le chemin à parcourir aurait été sans doute trop long, trop cher peut être et surtout il n’aurait pas était possible de caser la fin de l’humanité. Quel dommage !

Ah ! Quelques recherches faites sur téléphone indiquent que non seulement le "Highlander" de 1986 est à voir sur My Canal, mais, qu'en plus, un reboot est prévu pour 2022. Quand on manque de bonnes idées, il y a toujours la solution du remake.

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