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Songbird : Plus de mal que de bien

Par Lou Ballenghien et Théodore Azouze


"Songbird", produit par Michael Bay, et réalisé par le scénariste, Adam Mason, est le premier blockbuster sur le thème du coronavirus. Il est désormais disponible sur Amazon Prime Vidéo France.
Tourné en dix-sept jours cet été, pendant le confinement à Los Angeles, le film se déroule quatre ans après les débuts du Covid-19. Et ce n'est pas joli à voir...

Los Angeles. 2024. Le virus du Covid-19 a muté au point de devenir extrêmement mortel. L'ensemble de la population est confiné, à l'exception des personnes immunisées. Quant aux personnes infectées, elles sont isolées et envoyées dans des camps de quarantaine construits par le gouvernement américain, où une mort certaine les attend.

Dans ce contexte, on suit dans "Songbird" le quotidien de plusieurs personnages, dont celui de Nico (KJ Apa), jeune homme immunisé, qui travaille en tant que coursier. Il entretient une relation amoureuse avec Sara (Sofia Carson), qu'il n'a jamais pu voir en chair et en os à cause des restrictions sanitaires. D'autres personnages, plus ou moins importants, entrent aussi en jeu, leurs destins s'entremêlant notamment avec celui des deux protagonistes. Parmi eux, une famille riche chez qui Nico livre régulièrement, qui se trouvera au cœur d'un scandale. C'est lorsque la voisine de Sara est emmenée dans un camp, et que sa grand-mère, avec laquelle elle vit, tombe malade, que la jeune fille commence à être en danger. Nico tente alors de la sauver de son tragique destin.

Cette dystopie apocalyptique qu'est "Songbird" arrive bien trop vite à mon goût. La précipitation avec laquelle le film a été réalisé est palpable et il en ressort un scénario superficiel, dont l'intrigue, prévisible, est bouclée en 1 heure et 25 minutes. De plus, si la situation sanitaire actuelle sert de fond à l'histoire de "Songbird", elle n'apporte pas grand chose. Elle semble seulement servir de prétexte à Hollywood pour nous pondre une énième romance hétérosexuelle, dans laquelle la femme a besoin d'un héros pour la sauver.

À la sortie de la bande-annonce, "Songbird" a immédiatement été jugé pour son opportunisme et son manque de tact, accusé de chercher à capitaliser sur cette tragédie que le monde entier est encore en train de traverser. Bien que certains le voit plutôt comme un objet socio-historique sur lequel on pourra revenir dans les années à venir, je pense avant tout qu'il alimente inutilement l'atmosphère déjà assez anxiogène dans laquelle nous vivons.

Lou Ballenghien

Cauchemar épidémique sans intérêt

Produit par Michael Bay, "Songbird", dystopie plongeant le spectateur dans un monde en proie à une énième vague de coronavirus, vient de sortir sur Amazon Prime Vidéo. Scénario sans relief, réalisation inconsistante et effets visuels kitsch à souhait : rien ne va dans ce premier film américain réalisé sur le thème de la pandémie de Covid-19.

Envie de se faire peur à imaginer le pire de ce qui pourrait advenir de notre planète ces prochaines années ? Si telle était l’ambition de "Songbird", dernière production de l’hyperactif producteur américain Michael Bay, le pari est pour le moins manqué. A tous les niveaux, le film d’Adam Mason se heurte à de multiples incohérences et fautes techniques qui ne laissent aucune chance au spectateur de croire à son univers dystopique.

Un monde sous Covid-23, nouvelle mutation meurtrière du coronavirus. Voilà la raison qui met à mal le couple de Nico (K. J. Apa, vu dans "Riverdale") et Sara (Sofia Carson), les principaux protagonistes de "Songbird". Alors que Sara est suspectée d’être contaminée, Nico va tout faire pour la protéger de mystérieux services sanitaires dirigés par un psychopathe. Si le fil rouge du long-métrage se constitue de la tentative de retrouvailles des amoureux, le script se perd dans des sous-intrigues sans queue ni tête qui n’en finissent pas.


Des personnages inconséquents

En effet, le récit part en roue libre après les vingt premières minutes qui ont, certes, le mérite de tenter de poser un léger cadre contextuel au film. Les scénaristes paraissent par la suite n’avoir plus pris garde à conserver un semblant de structure narrative au film, insérant alors une foule de personnages secondaires tous plus antipathiques les uns que les autres.

Incohérents et grossiers, ces derniers ne permettent même pas de faire avancer l’intrigue principale autour de Nico et Sara, mais simplement à meubler le vide de l’histoire proposée par "Songbird". Certains des acteurs semblent d’ailleurs totalement désabusés face à la pauvreté du scénario : que sont donc venus faire Demi Moore, Craig Robinson ("The Office") ou le talentueux Paul Walter Hauser ("Le cas Richard Jewell") dans cette bouillie apocalyptique ?


Un film catastrophe qui surfe sur la vague pandémique

Une écriture à l’emporte-pièce, qui tend parfois même à la limite du film de série B. Un constat qui se confirme par une réalisation aux abonnés absents. Multiplication des plans serrés, champ-contrechamp furtifs et travellings répétés à excès : Adam Mason reprend les vieilles recettes de son célèbre producteur Michael Bay. Sans compter cette très laide photographie verdâtre et des effets spéciaux grossiers dignes d’un téléfilm sous-budgété. Même bilan pour la musique, au mieux stérile, au pire usante pour le spectateur.

L’échec artistique du film n’est toutefois pas une surprise. Tourné cet été à Los Angeles en moins d’un mois, il s’agit là du premier film qui reprend à son compte l’actualité de la pandémie que traverse l’humanité. Dès la première bande-annonce diffusée aux États-Unis, une polémique avait d’ailleurs immédiatement éclaté, le film étant accusé de se servir du drame que représente l’épidémie à des fins commerciales. Écrit « en trois jours » selon Mason – ça se ressent... – et boycotté par une partie d’Hollywood, "Songbird" ne vaut pas le détour. Et manque au principal objectif d’un film catastrophe : faire peur au spectateur.

Théodore Azouze

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