Apple TV+

The Banker : Le classicisme chez Apple

Par François Bour


Première production de Apple +, "The Banker" raconte l’histoire d’un expert de l’immobilier afro-américain au beau milieu du Los Angeles des années 1950. Une histoire vraie qui permet au réalisateur George Nolfi de mettre en lumière un épisode passé sous le radar de l’Histoire américaine.

Bernard Garrett, incarné ici par Anthony Mackie, n’est pas un homme ordinaire. Les chiffres, les mathématiques, le courtage immobilier, tout cela n’a pas de secret pour lui. En autodidacte, Bernard s’est imposé comme expert immobilier dans le Los Angeles des années 50. Dans une Amérique divisée par des critères raciaux, Bernard Garrett achetait des immeubles dans les quartiers blancs situés à proximité de la communauté noire pour que celle-ci puisse se loger dans ces immeubles peu occupés.

vod-the-banker
Anthony Mackie, Nicholas Hoult et Samuel L. Jackson - Copyright Apple TV+
C’est à partir de cela que démarre "The Banker". Pourtant, le film est introduit par d’autres séquences. Car la réalisation de George Nolfi se veut didactique et structurée. Le réalisateur veut expliquer comment son personnage central a évolué. Il fait une démonstration en trois actes. Le premier est court, c’est celui de la genèse. Le père du jeune Garrett dit : « Tu es né avec la mauvaise couleur de peau » face à son fils et son don pour les chiffres. Le thème de fond est alors clairement posé, il sera question de l’émancipation de ce personnage afro-américain dans un monde de blancs.


Un film de braquage ?
Le sujet du film, tiré d’une histoire vraie, est porteur. Le succès des films "Green Book" ou "Les figures de l’ombre" en témoigne. Pourtant, "The Banker" semble presque rater sa cible. C’est le cas lors du deuxième acte du scénario. L’ambitieux Bernard Garrett veut acheter l’immeuble le plus haut de Los Angeles. C’est à partir de ce moment-là que Samuel L. Jackson entre en scène pour s’associer à ce projet. Un projet qui est raconté et mis en scène comme un braquage. A savoir, comment deux hommes noirs vont réussir à devenir les propriétaires de « The Banker Building ». Immeuble qui héberge les plus prestigieuses banques de la ville. C’est tout un stratagème légal que met en place ce duo Garrett/Morris.

L’association des deux acteurs Anthony Mackie/Samuel L. Jackson s’avère judicieuse. Le premier est dans un jeu de sentiments contenus alors que l’autre est plus expressif. A eux deux, s’ajoute Nicholas Hoult dans le rôle de l’employé blanc, la voix et le visage qui va duper tout le monde. Le racisme et le thème de fond s’effacent quelque peu pour laisser place au montage de cette arnaque légale. La réussite du film est là avec un récit à la fois didactique, rythmé et efficace en terme de mise en scène.

vod-the-banker1
Anthony Mackie, Nia Long, Nicholas Hoult, et Samuel L. Jackson - Copyright Apple TV+
Seulement, cela ne dure qu’un temps. Après l’apothéose survient la chute. C’est le troisième acte du scénario, de loin la partie la plus prévisible. Non pas par la faiblesse de l’histoire mais bien par la construction et la narration du récit. Car, si le schéma ascension puis chute est déjà classique au cinéma, George Nolfi a pris soin de baliser le terrain par des petites phrases annonciatrices tout au long du film. Tout devient prévisible. Une chute qui replonge aussi pleinement le spectateur dans le sujet racial alors qu’il voit Bernard Garrett devenir propriétaire d’une banque. Celle de sa ville natale en plein cœur du Texas. Le lien avec les origines est fait, la boucle est bouclée et conduit au procès que le spectateur découvrait en séquence inaugurale. La démonstration est faite.


Que retenir de The Banker ?
Un long métrage qui s’est trompé de sujet. Un film sacrifiant la bonne idée de son scénario au profit d’une narration trop scolaire, trop structurée d’un thème, l’émancipation raciale aux états unis, qu’il ne parvient jamais à transcender. Il a néanmoins le mérite d’avoir dans les rôles principaux des acteurs et une (seule) actrice qui portent suffisamment le film pour maintenir un minimum d’intérêt.

ça peut vous interesser

Guns Akimbo : Game over

Rédaction

Dark Waters : Le film à Oscars sans Oscars

Rédaction

Bad Boys 3 : L’heure de la retraite a sonné

Rédaction