Classics

GoldenEye : Un vrai gamin ce james

Par François Bour


"GoldenEye" est le premier film de Pierce Brosnan dans le costume de James Bond. Sans aucune objectivité, l'acteur britannique démontre avec ce film, tous les points forts d'un agent 007. Entre respect pour le personnage et modernité explosive de l'époque. S'il a un peu vieilli, le film de Martin Campbell garde son espièglerie "so british".

Il faut commencer par un aveu. Découvrir le personnage de James Bond sous les traits de Pierce Brosnan influence forcément le jugement. En redécouvrant "GoldenEye", le charme a de nouveau opéré. Alors oui, tout parait plus simple en 1995. Le scénario utilise le contexte de la guerre froide pour opposer la Russie à l'Angleterre. La crédibilité des scènes d'action ne cherche pas le soin du détail. Les rafales s'enchainent sans que les chargeurs se changent, les exécutions sont très gestuelles les combats au corps à corps sont plus sonores que visuels. Des ingrédients d'une recette "old school" pour ce 17ème James Bond face à ses successeurs. C'est logique.


Un personnage qui ne vieillit pas

Si les films de la saga James Bond peuvent souffrir du passage du temps, le personnage lui ne vieilli jamais. D'incarnation en incarnation, sa personnalité change pourtant quelque peu. Les long-métrages s'y adaptent. Dans "GoldenEye", le James Bond de Pierce Brosnan est, non seulement incorrigible, mais il est surtout un vrai gamin. "Boys with toys" en version originale face à cet agent qui détruit tous les véhicules qu'il conduit. Ce coté espiègle colle parfaitement à la peau de l'interprétation de l'acteur britannique. l'agent 007 est charmeur, séducteur comme toujours mais il est aussi joueur.

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Sean Bean et Pierce Brosnan - Copyright D.R.

Dans "GoldenEye", il n'est d'ailleurs pas le seul. D'abord avec le programmateur porté sur "la chose". Puis la chasseuse russe poussant régulièrement des gémissements de plaisir en tuant. Sans oublier, ce Q qui s'amuse de voir ses assistants tester les gadgets. Il faut le dire, ce nouveau cycle de la saga a affirmé un trait de personnalité de James.

Un film spectaculaire
Un ton quelque peu espiègle chez James Bond ne fait pas de "GoldenEye" une comédie d'action pour autant. C'est avant tout un film d'action qui se veut spectaculaire. A l'image des nombreuses explosions et surtout des course poursuite. Pour l'époque, pour la saga, une course poursuite en char d'assaut et en pleine ville, c'est du spectaculaire. Bien sur, en ce printemps 2022, il s'agit d'effets visuels et sonores "old school" mais il faut se repositionner dans la frise temporelle de la saga. Ce début de nouveau cycle annonce bien un virage vers des productions plus spectaculaires. Or prendre un virage en char d'assaut justement, ce ne doit pas être facile.

"GoldenEye" a vu le jour six ans après l'épisode précédant "Permis de Tuer". Il fallait bien marque le coup après une si longue attente et faire entrer James Bond dans une nouvelle décennie. Non sans nouveautés. Car, outre Pierce Brosnan, il y a aussi le première de Judi Dench dans la peau de M. Il y aussi des personnages féminins à fort caractères qui conviennent bien à l'espiègle agent 007. Au final , il n'y a que le scénario, bien facile et trop lisible, pour ternir un constat. Celui de voir un film qui met, à l'époque, la saga sur de bons rails. Ceux là même où un train en feu percute un char. Bon d'accord, Martin Campbell en a peut être fait un peu trop. Un vrai gamin celui là aussi sans doute.

Un nouveau visage, une personnalité qui évolue et un long métrage qui veut s'encrer dans son époque cinématographique, "GoldenEye" ne propose certainement pas le meilleur des James Bond. Il parvient, néanmoins,  à prendre le virage nécessaire à la saga. D'ailleurs quelques années plus tard, Martin Campbell retrouvera James Bond pour la première de Daniel Craig. Avec "Casino Royale", il fera à nouveau évoluer la recette. Y compris celle du fameux martini !

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