23 octobre 2021
Classics

Gremlins : Invitez-les !

Par Pierre Delarra

Noël aux tisons, Gremlins au micro-ondes... Rand Peltzer offre à son fils Billy un étrange animal : un mogwaï. Son ancien propriétaire l'a bien mis en garde : il ne faut pas l'exposer à la lumière, lui éviter tout contact avec l'eau, et surtout, surtout ne jamais le nourrir après minuit sinon il pourrait y avoir des soucis. Aïe, aïe, aïe…

Voici à voir et à revoir, sans aucune modération, la diffusion sur la plateforme Netflix : les "Gremlins"… Une petite et grande sucrerie que l'on doit à la convergence de trois grands messieurs pas si sages que cela : à savoir Joe Dante, Chris Colombus et Steven Spielberg. Qu’est-il arrivé à ces hommes ? Le premier, Chris Colombus, avait écrit une fable bien sombre de petits lutins sortis des arbres de Noël, hargneux à souhait avec ce petit géniteur trouvé aux hasards des rues : le Mogwaï. Steven Spielberg, harassé par la production de "Poltergeist" (film fantastique plus que sombre), rêvera ensuite d'une bonne peluche pour les enfants pouvant toujours se transformer à volonté et se multiplier. Chris Colombus, errant dans sa chambre d’éternel étudiant, avait, lui, écrit le script de cette fable…

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Avant...

Les trois ne faisant pas la paire ont finalement réuni leurs forces et leurs idées afin de nous concocter cette belle et jolie histoire. Pour une fois, les fêtes de Noël n’allaient pas si bien se dérouler. C’est bien là la devise de ces trois lascars : allier la peur avec les rires. Les peurs sont toujours bonnes conseillères et les bouffonneries feront toujours passer les plus horribles des maux. Qu’à cela ne tienne ! Cependant, le script originel de Colombus est bien noir car c’est bien d’un film d’horreur dont il s’agit : les Gremlins doivent éradiquer les humains de la terre (aspect horrifique qui sera développé quatre ans plus tard dans "Critters", mis en scène par Stephen Hereck, où les bestioles sont réellement nocives, bêtes, moches et méchantes). Le propos initial sera donc adouci en témoigne l’affiche promotionnelle de "Gremlins" : sur le bouton de jean’s du comédien apparait l’affiche de "E.T." Exit le film d'horreur et place est faite à une franche rigolade, car et il est bon de rire dans ces périodes pour les moins difficiles n'est-ce pas ?

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Après !

"Gremins" fut un immense au box-office et propulsera la carrière de Chris Colombus vers "Maman, j’ai raté l’avion" (film plutôt raté selon moi au demeurant), puis "Madame Doubtfire" et "Harry Potter à l'école des sorciers". Bref, Chris Colombus s’il n’est pas un grand réalisateur mais plutôt un habile faiseur, appartient tout de même à l’école prolifique de Steven Spielberg et cela se ressent bien.

Enfin, que dire du regretté Jerry Goldsmith dont la superbe partition exalte les basses et les cuivres qui auraient fait la fierté de John Williams. Une pensée explicite au Maître des colonnes du Quotidien du cinéma dont il est le suiveur et le grand méritant. A la veille des hivers venants, nous aurons bien plaisir à visionner cette pépite et ce si joli cadeau de Noël qu’est "Gremlins"; devant une cheminée et, si ce n’est pas le cas, devant quelques bonnes douceurs (ou autres) de votre boulanger favori. Et n'oubliez pas : ne pas l’exposer à la lumière. Ne pas l’arroser. Et, surtout, ne pas le nourrir après minuit...

A vos sodas, pop-corn et bonne projection !

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