Classics

Hatari ! avec John Wayne

Par Pierre Delarra


Sean Mercer (John Wayne) dirige un groupe de chasseurs au Tanganyika. Lors d’une poursuite l’un d’entre eux, surnommé Indian (Bruce cabot), est blessé par un rhinocéros. L’équipe doit alors surmonter cet incident et intégrer de nouveaux membres. Parmi ces derniers un français effronté (Gérard Blain), une jeune photographe pleine de charme (Elsa Martinelli) et un trio d’éléphanteaux viennent perturber la vie tranquille du camp…

Voici un bref retour sur "Hatari !". Dans nos souvenirs d’enfance émerveillés, il y avait Clarence et Judy dans la série "Daktari". Ceux-là même qui ont animé les rêves de nos mercredis de jeunesse. Puis, il y a "Hatari !", mis en scène par Howard Hawks. Un réalisateur à la production riche et éclectique. Il est notamment l'auteur des plus beaux films tels que "Scarface", "L'Impossible Monsieur Bébé", "Seuls les anges ont des ailes", "Le Grand Sommeil", "Les hommes préfèrent les blondes" et "Rio Bravo" ». Excusez du peu !

Moraliste ce Hawks ? Tel est un peu le cas dans "Hatari !". Ses personnages sont souvent caractérisés par une grande rigueur d'esprit et un fort sens du devoir. Ainsi, bien plus tard, Jacques Rivette qualifiera son œuvre de « cinéma à hauteur d'homme ». Notamment par sa mise en scène frontale et le refus de diminuer ses personnages. Avec "Hatari !", Howard Hawks réalisait un vieux rêve. En l'occurrence, tourner un film dans de grands espaces au coeur de l’Afrique sauvage. Cette dernière lui en donnait une sacrée opportunité à partir de novembre 1960, moment du début du tournage qui allait durer plus de six mois.

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En 1954, en tournant « Une Visite », François Truffaut, admirable et visionnaire, écrivait à son sujet : « son œuvre se divise en films d’aventures et en comédies. Les premiers font l’éloge de l’homme, célèbrent son intelligence, sa grandeur physique et morale. Les seconds témoignent de la dégénérescence et de la veulerie de ces mêmes hommes au sein de la civilisation moderne. » Preuve en est peut être aujourd’hui la vision de "Mank" (film vestige et fantomatique des années 40 à l’ombre de Orson Welles) qui rappelle ces années d’or. Celles de ces incroyables metteurs en scènes des studios et de ces faiseurs de rêves. Une part de rêve et comme le disait (David Wark Griffith): « faites rire, faites pleurer… mais surtout faites rêver. »

Tel est bien le cas avec "Hatari !" qui embarque le spectateur en Afrique à la poursuite d'animaux sauvages, non pas pour les tuer, mais pour les capturer (ouf ! La morale est sauve) et ainsi alimenter ainsi les grands zoos de l'époque. Observons que les scènes de chasse sont d'un réalisme incroyable. La mise en scène déployée par Hawks aura certainement servi de modèle de référence à Steven Spielberg pour "Le Monde Perdu".

"Hatari !", c'est aussi John Wayne ! Une légende. Un homme qui aura porté à lui seul le tout Hollywood. Plus de 180 films à son compteur, dont la moitié de westerns (et parmi les plus marquants, on retiendra "La Prisonnière du Désert" au sujet duquel Jean-Luc Godard déclarera très souvent sa flamme alors que son acteur principal avait des idées politiques bien opposées aux siennes).

Dans un film dont le scénario va directement à l'essentiel, John Wayne incarne Sean Mercer. Un homme brave et courageux, quoique plus que bourru. Parce que telle est bien la marque de fabrique du Duke. Mercer, pour mener à bien ses campagnes de chasse, est aidé par une équipe de chasseurs venant d'horizons très divers, aux caractères bien trempés et tous solidement attachés à leur métier (on remarquera au casting, pour le moins hétéroclite, la présence de Gérard Blain et de Hardy Krüger). Enfin, et pour conclure, "Hatari !", c'est aussi une géniale musique composée par Henry Mancini dont voici le thème d'ouverture...

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