17 septembre 2021
Classics

Hatari ! avec John Wayne

Par Pierre Delarra

Sean Mercer (John Wayne) dirige un groupe de chasseurs au Tanganyika. Lors d’une poursuite l’un d’entre eux, surnommé Indian (Bruce cabot), est blessé par un rhinocéros. L’équipe doit alors surmonter cet incident et intégrer de nouveaux membres. Parmi ces derniers un français effronté (Gérard Blain), une jeune photographe pleine de charme (Elsa Martinelli) et un trio d’éléphanteaux viennent perturber la vie tranquille du camp…

Un bref retour sur "Hatari !", diffusé ce jour sur France 3, tel est le but de cet article. Dans nos souvenirs d’enfance émerveillés, il y a Clarence et Chita dans la série "Tarzan", ceux-là même qui ont animé nos rêves, ceux de nos mercredis de jeunesse et puis, il y "Hatari !", mis en scène par Howard Hawks, réalisateur à la production riche et éclectique, et auteur des plus beaux films tels que "Scarface", "L'Impossible Monsieur Bébé", "Seuls les anges ont des ailes", "Le Grand Sommeil", "Les hommes préfèrent les blondes" et "Rio Bravo" ». Excuser du peu ! Moraliste, et tel est un peu le cas dans "Hatari !", ses personnages sont souvent caractérisés par une grande rigueur d'esprit et un fort sens du devoir. Ainsi, bien plus tard, Jacques Rivette qualifiera son œuvre de « cinéma à hauteur d'homme » par sa mise en scène frontale et le refus de diminuer ses personnages. Avec "Harari !"; Howard Hawks réalisait un vieux rêve : tourner un film dans de grands espaces et le coeur de l’Afrique sauvage lui en donnait une sacrée opportunité à partir de novembre 1960, moment du début du tournage qui allait durer cinq mois.

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En 1954, en tournant « Une Visite », François Truffaut, admirable et visionnaire, écrivait à son sujet : « son œuvre se divise en films d’aventures et en comédies. Les premiers font l’éloge de l’homme, célèbrent son intelligence, sa grandeur physique et morale. Les seconds témoignent de la dégénérescence et de la veulerie de ces mêmes hommes au sein de la civilisation moderne. » Preuve en est peut être aujourd’hui la vision de "Mank", film vestige et fantomatique des années 40 à l’ombre de Orson Welles, film-phare de ces années d’or, celles de ces incroyables metteurs en scènes des studios et de ces faiseurs de rêves, des métiers de Hollywood. Une part de rêve et comme le disait (David Wark Griffith): « faites rire, faites pleurer… mais surtout faites rêver. » Et tel est bien le cas avec "Hatari !" qui embarque le spectateur en Afrique à la poursuite d'animaux sauvages, non pas pour les tuer, mais pour les capturer (ouf ! La morale est sauve) et alimenter ainsi les grands zoos de l'époque. Observons que les scènes de chasse sont d'un réalisme incroyable et que la mise en scène déployée par Hawks aura certainement servi de modèle de référence à Steven Spielberg pour "Le Monde Perdu".

"Harari !", c'est aussi John Wayne, une légende, un homme qui porte à lui seul le tout Hollywood. Plus de 180 films à son compteur, dont la moitié de westerns, et parmi les plus marquants, on retiendra "La Prisonnière du Désert" au sujet duquel Jean-Luc Godard déclarera très souvent sa flamme alors que son acteur principal avait des idées politiques bien opposées aux siennes. Dans un film dont le scénario va directement à l'essentiel, John Wayne incarne Sean Mercer, un homme brave et courageux, quoique plus que bourru, et c'est bel et bien une marque de fabrique du Duke. Mercer, pour mener à bien ses campagnes de chasse, est aidé par une équipe de chasseurs venant d'horizons très divers, aux caractères bien trempés et tous solidement attachés à leur métier.

Enfin, et pour conclure, "Hatari !", c'est une géniale musique composée par Henry Mancini dont voici le thème d'ouverture... A vos sodas et pop-corn. Bonne projection !

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