21 janvier 2021
Classics

Houdini avec Tony Curtis

Par Christophe Dordain

Bien avant "Amicalement Vôtre" et "McCoy", ses grands succès télévisuels, Tony Curtis fut une immense star du grand écran avec de nombreuses réussites telle "Houdini", réalisé par George Marshall, et que diffuse Paramount Channel France en ce mois de janvier.

Le jeune Harry Houdini exécute, sur un champ de foire, un numéro d'homme-singe, ainsi que des tours d'illusionniste. Il rencontre Bessy, une étudiante, l'épouse et en fait sa partenaire. Une vie d'aventures commence alors pour le couple, au rythme des numéros de Harry : évasion de chaînes, de menottes, de camisole de force, de coffres scellés sous l'eau. Mais la jeune femme, bientôt lasse d'être ballottée de tournée en tournée, supplie son mari de renoncer à son métier. Il accepte alors, par amour pour elle, de travailler comme ouvrier dans une fabrique de coffres-forts. Dans l'espoir d'échapper aux contraintes du travail en usine, il s'enferme dans une armoire blindée et parvient à se faire renvoyer...

Pour la petite histoire, c'est Orson Welles qui avait été initialement pressenti pour incarner Houdini au grand écran. Nul ne sait ce qu'aurait donné le résultat final avec un citizen Kane transformé en roi de l'évasion. Toujours est-il que c'est finalement à Tony Curtis que revint le rôle au moment du lancement de la production du film "Houdini" par la Paramount. Tout juste sorti du "Voleur de Tanger" (réalisé par Rudolph Maté en 1951) et du "Fils d'Ali Baba" (dirigé par Kurt Neumann l'année suivante), le comédien trouve avec le personnage de ce magicien un rôle qui convient à sa démesure et à son immense talent.

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Janet Leigh et Tony Curtis

Curieusement, pour mettre en image "Houdini", le choix se porta sur George Marshall, plutôt connu pour ses westerns (l'excellent "Vallée de la poudre", en 1958, avec Glenn Ford) et pour avoir réuni le couple mythique formé par Alan Ladd et Veronica Lake dans "Le Dahlia Bleu", en 1946. Dans "Houdini", George Marshall parvient à faire cohabiter une classique intrigue sentimentale entre Tony Curtis et Janet Leigh (un prolongement de leur vie privée au grand écran) avec les différents tours et numéros de Houdini, très étonnants les uns les autres, et d'une véritable force visuelle : cellules de prison dont il est a priori impossible de fuir, camisoles de force et autres coffres-forts aux cadenas les plus solides, tout y passe !

Ainsi, pour "Houdini", le réalisateur a surtout mis le paquet sur le côté spectaculaire et sensationnel des évasions du fameux magicien ce qui donne au résultat final un caractère quelque peu hagiographique et fait de "Houdini" un film qui présente une version un peu trop édulcorée de sa vie. C'est là une limite qu'il apparaît quand même nécessaire de souligner.

Pour ce qui est du spectacle, par contre, le recours habile au Technicolor, la magnifique photographie signée Ernest Laszlo, l'évident caractère cinégénique de la magie et le charme d'un Tony Curtis pleinement investi dans son rôle au point de réaliser bon nombre des ses cascades font de "Houdini" un rafraichissant spectacle produit par George Pal qui allait réaliser quelques années plus tard "La machine à explorer le temps". Houdini ou la machine à explorer les rêves les plus fous ? Surement !

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