Classics

Jamais plus jamais : Clap de fin pour Sean Connery

Par Sylvain Jaufry

Réalisé en 1983 par Irvin Kershner, "Jamais plus jamais" marquait le retour de Sean Connery dans la peau de l’espion britannique. Roger Moore avait repris le rôle de 007 dans les années 70 et s'était imposé dans l'esprit du grand public bondien. Cet opus parallèle, produit la même année que "Octopussy", se révèle être divertissant. Il correspond en tous points à l’esprit des James Bond. Erotisme, jeu de séduction et action sont encore une fois au rendez-vous. Voilà qui rappelle bien les premiers films. Quant à la nostalgie, elle est bel et bien de la partie.

Irvin Kershner semble avoir saisi tout l’esprit et tous les ingrédients qui ont fait le succès de la saga. Le retour du 007 emblématique, Sean Connery, y est incontestablement pour beaucoup. Attention ! "Jamais plus jamais" n’est pas encore un blockbuster bondien comme cela le deviendra progressivement, notamment sous l’ère Daniel Craig. Ici, on est confronté à un pur James Bond qui ravira les amateurs de la première heure. Les codes de la franchise sont particulièrement bien respectés.

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Copyright : Eon Productions / MGM
Un James Bond divertissant et séduisant

Le début du film contient beaucoup d’action. Le tout avec une belle fluidité dans la mise en scène. Tout comme "Spectre" ou "Mourir peut attendre" (pour ne citer qu’eux), nous avons une entame rythmée qui nous met tout de suite dans l’ambiance. Ensuite, le développement s'appuie sur un efficace cocktail d’aventure, d’action et d‘amour.

Evidemment, les femmes ont une place importante dans ce film. Celles qu’on appelle les “James Bond girl” sont une des caractéristique essentielle de la franchise. Kim Basinger et Barbara Carrera en sont de sublimes incarnations et, comme d’habitude, le personnage du 007 est nimbé d’une aura séductrice. Le flegme et le charisme de Sean Connery sont indissociable du genres. Il restera d’ailleurs le James Bond par excellence.

Au-delà du respect des codes, le réalisateur de "L'Empire contre-attaque" signe un très solide film. Il permet à l’acteur écossais de se retirer sur une note positive. Le résultat joue singulièrement la carte de la nostalgie, 12 ans après "Les diamants sont éternels". On peut constater que ce film s'inscrit bien dans la veine des précédents opus en nous proposant un spectacle de bonne qualité. On suit avec régal toutes les péripéties.

La dernière partie de "Jamais plus jamais" développe une action lisible qui permet de conclure avec un festival d’actions typique de l’esprit James Bond. Ainsi, le film est-il efficace, bien exécuté et possède un parfum vintage délicieusement appréciable. Cependant, "Jamais plus jamais" peut être considéré tel un épisode de transition. En effet, il marque presque la fin du James Bond à l'ancienne. L'évolution des films produits dans les années par Eeon Productions annoncera un style plus blockbuster qui sera l'apanage des James Bond avec Brosnan et Craig en particulier.

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Copyright : Eon Productions / MGM
La dernière de Sean Connery

Il faut dire que le gros atout est tout de même Sean Connery. Son dernier rôle de 007 remontait à 1971 avec "Les diamants sont éternels". Roger Moore lui avait succédé dès 1973 en imposant un style plus léger. "Jamais plus jamais" est donc la der des der pour l’agent Connery. Sa présence renforce l’effet de nostalgie. Il restera à jamais celui qui a le mieux incarné l’espion anglais. Sa prestation est hautement convaincante, dans la continuité de ce qu’il avait produit dans les premiers temps de la saga. Sa composition associe charme, séduction, et sérieux. Ceci le rapproche encore plus du personnage des livres écrits par Ian Fleming.

Une réserve toutefois on opposition avec Klaus Maria Brandauer n’est peut-être pas le duel le plus achevé de tous les James Bond, mais cela est suffisant pour convaincre. L’acteur se révèle être aussi habile dans les scènes d’actions que dans les moments plus émouvants. Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig auront pris la relève, mais le grand Sean est inégalable dans ce rôle qui lui a collé à la peau. Cette ultime apparition fait de "Jamais plus jamais" une œuvre si particulière.

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