Classics

Josey Wales : Le hors-la-loi

Par Jacques Férenzi

Rediffusé ce lundi sur France 3, à partir de 13h50, le film "Josey Wales" raconte l'histoire d'un paisible fermier qui mène une existence tranquille avec sa famille dans une petite ferme située dans le Missouri. La guerre de Sécession vient troubler de façon dramatique cette quiétude lorsque Wales voit sa femme et son fils massacrés par des soldats nordistes. Laissé pour mort, Josey décide de se venger...

"Josey Wales" marque la dernière collaboration de Clint Eastwood avec la société Universal. En 1976, l'acteur décide de revenir au western, genre qu'il n'avait plus aborder depuis 4 ans. Le film est l'adaptation signée Philip Kaufman et Sonia Chernus du premier livre du romancier Forrest Carter : "The Rebel Outlaw". En France, seul le second livre de cet auteur fut diffusé en librairie sous le titre : "La haine de Josey Wales" (The Vengeance Trail of Josey Wales). Le premier livre de Carter fut édité à 75 exemplaires par un maison d'édition de l'Arkansas avant que l'auteur ne se décide à en envoyer son texte à la société Malpaso, créée par Eastwood à la fin des années 1960.

Il s'agit ici d'un film incontournable et qui trouve toute sa place dans les meilleurs westerns jamais tournés aux Etats-Unis, car Clint Eastwood nous offre, avec "Josey Wales", toute une page de l'histoire américaine pas autant connue que cela du grand public notamment américain : celle de l'après-guerre de Sécession. C'est avec cette histoire d'un hors-la-loi irréductible et solitaire, que la vengeance a fait choisir d'intégrer une milice sudiste, que Clint Eastwood va faire découvrir pour le spectateur ce que fut le Far West : une fuite en avant pour une partie des Américains encore choqués et abasourdis par la guerre civile fratricide qu'ils se sont livrés à eux-mêmes entre 1861 et 1865.

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Avec "Josey Wales", Eastwood nous montre tous les aspects du Far West et ne nous cache absolument rien de la décomposition de l'Amérique : la brutalité des milices, les trahisons normalisées par la reddition des vaincus sudistes et l'inévitable violence qu'occasionne la démobilisation des combattants, les Indiens bafoués de leurs droits, le microcosme violent et sordide des avant-postes des trappeurs des villes frontières, la cupidité des chasseurs de primes ou de tous ceux qui croient à tort pouvoir sortir leur épingle du jeu, la désillusion des bourgades autrefois prospères, l'inconscience mais aussi l'espoir un peu naïf qui animent les pionniers à la découverte de l'Ouest, cet Ouest encore inviolé dont bientôt les Indiens ne peuvent plus être garants.

Dans cette initiation au Far West qui n'est encore qu'à ses débuts, seul le personnage de Josey Wales demeure inchangé. En effet, le personnage central du film reste fidèle à la tradition du héros eastwoodien même si, au fil du récit, son désir de vengeance s'estompe, l'ange vengeur finissant par devenir l'ange protecteur de quelques opprimés. De fait, le cinéaste Eastwood fait-il subir à son personnage fétiche une évolution salutaire et annonciatrice des ses réalisations à venir. On ne peut s'empêcher de penser que Josey Wales a pu devenir le fermier paisible du début d'"Impitoyable".

Nanti de la double figure tutélaire de Sergio Leone et de Don Siegel, Clint Eastwood est semblable à un John Ford en ce sens qu'il a a marqué de son empreinte le western en tant que réalisateur-interprète mais il a surtout érigé dans le cinéma américain sa propre marque de fabrique qui dépasse de loin le seul genre du western.

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