Classics

La Cité de la Peur  : Dansons la Carioca

Par Alexandre Duquesne

À l’occasion de la rediffusion du film-culte "La Cité de la Peur " sur Netflix, revenons sur cette oeuvre qui aura marqué toute une génération dont Alain Chabat, Dominique Farrugia et Chantal Lauby auront été presque une incarnation. En effet, qui aurait bien pu anticiper le succès d’un film (certes produit par Charles Gassot) écrit par le groupe d’humoristes Les Nuls ?


Préambule
Quinquas et quadras s’en souviennent encore. Le début des années 90 fut propice à la franche rigolade, en particulier sur Canal +, qui ne lésinait pas alors sur les moyens pour faire émerger de nombreux talents par la même occasion. Pour l’anecdote, c’est l’âge d’or de l'émission "Nulle part ailleurs", animée par Philippe Gildas, qui mettra en lumière des personnalités telles que Laurent Baffie, Antoine de Caunes, José Garcia et consorts, encore peu connus du grand public à l’époque.

Les Nuls émergeront dans ce sillage en proposant une émission humoristique vers 22h. C’est peu dire que ce programme était bien loin du politiquement correct qui sévit aujourd'hui  ! Nimbée d'un ton à la fois acide et cru, elle proposait notamment des sketches, des parodies de publicité et un journal du soir humoristique. Ces particularités ne tarderont pas à faire exploser l’audimat. L’émission cessera définitivement sa diffusion en mars 1992, non sans avoir marqué durablement les esprits du public.


La joyeuse bande finalise son projet
Fort de ce succès foudroyant, le scénario de "La Cité de la Peur" est proposé par nos joyeux trublions au réalisateur Claude Berri, qui avait évolué avec le groupe sur Canal +. Toutefois, celui-ci ne l’apprécie guère et finit par le refuser. C’est finalement Alain Berbérian qui s’y colle. Il faut dire que ce dernier est un inconditionnel des Nuls, ayant mis en scène de nombreux clips parodiques pour eux par le passé.

Côté tournage, Valérie Lemercier et Gérard Lanvin, qui avaient initialement accepté d’y figurer, durent décliner pour des raisons de santé. Malgré ces absences notables, le film deviendra un énorme succès populaire : 2 300 000 millions d’entrées au printemps 1994 !. Ainsi "La Cité de la Peur" passa-t-elle à la postérité  !


Des fondations humoristiques solides
D’aucun attribue ce succès à son humour, parfois emprunté aux légendaires Monty Python. Bien que cela soit une référence indubitable, ce n’est pas son seul intérêt. En effet, ses traits d’humour sont très variables d’une scène à l’autre, et c’est cette diversité qui fait encore sa force autant d’années après sa première projection dans les salles.

Certes, l’on retrouve un peu d’humour gras dans "La Cité de la Peur", il faut bien l'admettre. Cependant, le film regorge surtout de beaucoup de clins d’œil (parfois sarcastiques) à d’autres productions cinématographiques telles "Evil Dead", "Terminator", "Basic Instinct", "Bodyguard" pour ne citer que celles-là et la liste est non exhaustive ! Pour ces raisons, le film représente une belle synthèse humoristique de tous les films populaires des années 80/90, pour qui sait y prêter attention.


Qu'en reste t'il aujourd'hui ?
Outre les répliques cultes, les scènes d’anthologie, l’édition Collector sortie en série limitée en 2009 (1500 exemplaires), le film a encore fait parler de lui récemment. Souvenez-vous ! Dans un temps pas si lointain (l’an 0 avant l’apparition du COVID 19, sic), une pétition d’internautes avait recueilli 30 000 signatures pour réclamer qu’Alain Chabat et Gérard Darmon dansent de nouveau la Carioca au Festival de Cannes 2019.

25 ans plus tard, nos deux compères se sont exécutés devant un public impatient et nostalgique ! "La Cité de la Peur " reste donc dans le cœur de nombreux amoureux du cinéma aujourd’hui; et il le demeurera encore aussi longtemps que les classiques du genre auxquels il se réfère.

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