22 janvier 2021
Classics

La machine à explorer le temps de George Pal

Par Christophe Dordain

Un scientifique vivant à l'époque victorienne fabrique une machine à voyager dans le temps et voyage loin dans le futur. Il s'aperçoit alors que la race humaine s'est divisée en deux espèces, une vivant à la surface, et l'autre sous terre. Quand sa machine est volée par le peuple souterrain cannibale, il doit risquer sa vie pour retourner dans son époque.

En 2002, Gore Verbinski avait proposé sa propre version de "La machine à explorer le temps" et le résultat fut plus décevant à l'image du constat que faisait notre confrère Fabien Rousseau : "d'une vue générale, "La machine à explorer le temps" ne parvient pas à restituer l'essence du roman originel (notamment son message philosophique et son pessimisme) et se retrouve catalogué comme un simple produit de divertissement." Aussi, prenons ladite machine et remontons le temps jusqu'en 1960 pour y découvrir une pépite, et le terme n'est pas galvaudé en l'espèce, du film de science-fiction. Voici la vraie "Machine à explorer le temps", mis en scène par George Pal, avec Rod Taylor et Yvette Mimieux (qui bien des années avant Heather Menzies dans la série "L'Age de Cristal" aura suscité de vifs émois à l'auteur de ces modestes lignes...).

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Yvette Mimieux

George Pal aura réussi à éviter tous les pièges du film d'anticipation un peu trop sérieux. "La machine à explorer le temps" (actuellement diffusé par TCM) est avant tout un délicieux album illustré destiné à entrainer le spectateur dans la plus invraisemblable des aventures. Récompensant l'attente du public qui ne souhaite au fond qu'être emmené dans un voyage dans le temps vers des contrées plus réjouissantes (surtout dans l'époque actuelle, n'est-ce pas ?), le cinéaste ne s'attarde pas en vains questionnements philosophiques mais joue à fond le jeu du divertissement de très haute tenue. Passez une introduction un peu verbeuse il est vrai, "La machine à explorer le temps" baigne ensuite en pleine féerie, accumulant maintes péripéties aussi palpitantes les unes que les autres.

Interprété de façon efficace par Rod Taylor (solide comédien qui affrontera des oiseaux trois ans plus tard sous la direction d'Alfred Hitchcock) et par Yvette Mimieux (qui retrouvera Rod Taylor dans "Le dernier train du Kantaga", en 1968), "La machine à explorer le temps" s'appuie sur des effets visuels spéciaux de bonne facture, artisanaux certes, mais, avec des moyens somme toute réduits, Wah Chang et Gene Warren, leurs responsables, s'en sortent plus qu'honorablement. Pour la petite histoire, Wah Chang travaillera ensuite sur des séries telles que "Au-delà du réel" et "Star Trek"; quant à Gene Warren, ce sera notamment pour "L'homme de l'Atlantide".

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Rod Taylor

Place désormais à l'émerveillement et laissez-vous embarquer dans cette formidable aventure. "La machine à explorer le temps" saura réveiller en vous l'âme d'enfant qui sommeille voire celle de l'aventurier des salles obscures et d'ailleurs... Poésie et imagination sont maintenant au pouvoir et, cerise sur le gâteau enchanté, une musique composée par Russell Garcia...

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