2 décembre 2020
Classics

Le Marginal : Tel est Bebel !

Par Dorothée Durand

Jean Paul Belmondo est à l’honneur en ce mois de novembre sur Netflix avec plusieurs longs-métrages issus de sa filmographie. C'est ainsi que l'occasion nous est donnée de découvrir et/ou de revoir un classique datant de l’année 1983 : "Le Marginal".

Le commissaire Philippe Jourdan (Jean Paul Belmondo), chef de la brigade des stupéfiants aux méthodes peu ordinaires, surnommée le marginal souhaite mettre en cellule Mecacci (Henry Silva) le baron de la drogue. Mais celui-ci bénéficie d’une haute protection et parvient à discréditer le policier en plaçant un cadavre chez lui. Philippe Jourdan est alors muté dans un commissariat parisien. Il continue contre l’avis de de ses supérieurs hiérarchique à enquêter sur Mecacci...

Dans la première séquence du "Marginal", nous découvrons le personnage de Philippe Jourdan, commissaire à l’allure de cow boy solitaire, qui effectue une cascade grandiose en sautant d’un hélicoptère, avec, en fond, la musique originale d’Ennio Morricone. Le ton est donné pour "Le Marginal" avec de nombreuses scènes d'action dont une course-poursuite en voitures que Jean Paul Belmondo réalise à la perfection, et qui est un évident, et parfois exagéré, clin d’œil au film "Bullitt" (réalisé par Peter Yates, avec Steve McQueen, en 1968).

Avec "Le Marginal", le réalisateur Jacques Deray offre à Belmondo un rôle d'homme d'action aux méthodes expéditives dans la lignée de ses rôles précédents tel "Le Professionnel". Jean Paul Belmondo, la cinquantaine florissante, avec sa belle énergie et toute la fougue qu’on lui connait, tire magnifiquement son épingle du jeu et s’approprie, avec brio, ce rôle de flic borné, indiscipliné et un brin macho. Les dialogues de Michel Audiard, fluides et percutants, parachèvent le sentiment de découvrir un polar somme toute bien troussé.

De nombreux seconds rôles entourent Bebel que l'amateur reconnait immédiatement tel Pierre Vernier, Claude Brosset, Maurice Barrier et Tchéky Kario. C'est aussi la première apparition de Carlos Sotto Mayor aux côtés de Jean Paul Belmondo ; avec son jeu d’actrice débutante et maladroite, elle réussit à captiver le spectateur par sa légèreté même si sa prestation laisse le sentiment de découvrir une jolie potiche avant tout. Enfin, n'oublions pas le méchant de service en la personne d'Henry Silva, une gueule de "second couteau" à l'américaine qui constitue un modèle du genre (petite particularité : Henry Silva est doublé en français par Jacques Deschamps, la voix française de Richard Anderson dans la série "L'homme qui valait trois milliards").

Polar musclé au suspense haletant, "Le Marginal" remportera, une nouvelle fois pour Bebel le magnifique, un immense succès commercial. Toutefois, il sera aussi le dernier grand hit du comédien dans ce registre particulier. Sans le savoir, "Le Marginal" deviendra alors le chant du cygne d'un certain type de films que le comédien affectionnait alors depuis une dizaine d'années. En effet, ni "Joyeuses Pâques, ni "Les Morfalous" et encore moins "Hold-Up" ne ramèneront le comédien aux sommets qu'il avait atteint auparavant.

Et, en bonus, une bonne bagarre dans le plus pur style Bebel avec la participation des cascadeurs Michel Berreur et Yves Gabrielli...

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