Classics

Le vent de la plaine de John Huston

Par Christophe Dordain

Un western inattendu que "Le vent de la plaine", réalisé par John Huston. U film qui étonne immédiatement par l'ampleur et la richesse de sa distribution artistique.

Pour qui connait un peu le cinéma (mais aussi l'univers des séries télévisées) on y retrouve Burt Lancaster, Audrey Hepburn, Audie Murphy (héros de la Seconde Guerre mondiale et figure emblématique du western), Lillian Gish, Charles Bickford, Doug McClure (les deux derniers cités se retrouveront ensuite dans la série "Le Virginien"), John Saxon, Albert Salmi et Joseph Wiseman.

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Audie Murphy et Doug McClure
L'histoire en quelques mots

L'intrigue du "Vent de la plaine" se présente sous la forme suivante : peu après la guerre de Sécession, Mathilda Zachary vit dans un ranch au Texas avec ses quatre enfants (Ben, Cash, Andy et Rachel, qui a été adoptée en bas âge). Depuis la mort du père, tué par les Kiowas, le mauvais sort semble s'acharner sur la famille Zachary. En effet, un certain Abe Kelsey (un vieux borgne à l'allure inquiétante) s'amuse à effrayer Rachel. Il affirme que celle-ci n'est pas blanche, mais indienne. Peu après, un chef Kiowa, accompagné de deux de ses guerriers, arrive au ranch pour réclamer la jeune fille. Ben, qui aime profondément Rachel, refuse de la laisser partir. Cependant, il est intrigué par cette mystérieuse histoire...

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Burt Lancaster
Différents types de fanatisme

Comme aimait à le rappeler le grand Bertrand Tavernier, « les personnages du Vent de la plaine m’évoquent ce que disait Albert Camus dans L’Homme révolté : les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n’est ni plus beau, ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu’au bout de leur destin. Et il n’est même jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu’à l’extrémité de leur passion… ».

Extrémité de leur passion confinant parfois au fanatisme tel que le décrit si bien John Huston dans "Le vent de la plaine" au sujet duquel le cinéaste confiait : « je voulais faire un film sur les différents genres de fanatisme. Le fanatisme religieux, radical et familial. Et aussi montrer comment on traitait les indiens. Le crime des Etats-Unis contre les indiens est beaucoup plus important que tout ce qu'ils ont commis contre les noirs. Ce qu'on leur a fait est une des grandes hontes de notre histoire

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Audrey Hepburn et Doug McClure
Un western intelligent

Admirablement dirigé par John Huston (mais est-ce vraiment une surprise ?) "Le vent de la plaine" est, en apparence, un western de facture classique. Il s'attache plus à la description de la vie de ces fermiers ponctuées de drames et d'affrontements. Pourtant, au hasard d'une terrible scène de pendaison, Huston fait glisser son film dans un univers plus épouvantable. Une scène-clé dont la mise en images n'est pas sans rappeler celle de William Wellman pour "L'étrange incident" (1943). 

A la fois plaidoyer et méditation sur la violence et le racisme, "Le vent de la plaine" s'inscrit dans une démarche qui donne au genre western cette longue lignée de films refusant tout manichéisme. Contemporain des "Cheyennes" et du "Soldat noir" (tous deux réalisés par John Ford à la même époque), le film de John Huston décrit, avec intelligence, le choc conflictuel entre deux cultures que tout oppose.

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