Classics

Le Voyage Fantastique : Au coeur de l’homme

Par Christophe Dordain

Le savant tchèque Jan Benes est grièvement blessé dans un attentat. Un caillot de sang s'est formé dans son cerveau. Une intervention chirurgicale classique risquerait de le tuer. Seule la voie interne peut le sauver. Cinq sauveteurs prennent donc place à bord d'un sous-marin. Miniaturisés et réduits à la taille d'une bactérie, ils sont injectés dans le système sanguin de Benes. Le voyage dans l'organisme du patient est rapidement compliqué par une tentative de sabotage, mais aussi par l'appétit des anticorps, prêts à dévorer le vaisseau, reconnu comme une particule étrangère. Pour pénétrer le coeur, les médecins décident de suspendre provisoirement son activité, afin de faciliter l'opération...

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Dès son début, pulsé par la partition musicale signée de l'excellent Leonard Rosenman, "Le Voyage Fantastique" laisse l'impression de découvrir un film d'espionnage de facture traditionnelle, quoique brillamment réalisé, avant de se transformer en une passionnante histoire de science-fiction, teintée de psychédélisme, et dont l'aspect purement plastique du projet va s'avérer être l'argument déterminant pour éblouir le spectateur. Car, il ne faut pas s'y tromper, découvrir et/ou revoir "Le Voyage Fantastique" aujourd'hui (et notamment sur TCM cinéma), ce n'est pas tant pour son scénario dont les enjeux apparaissent clairement et peut-être un peu trop rapidement, c'est bien plus et avant tout pour ce fabuleux voyage à l'intérieur du corps humain.

A ce moment précis de notre propos, il faut saluer l'admirable contribution du trio en charge des effets visuels spéciaux : L.B. Abbott, Art Cruickshank et Emil Kosa Jr. Trois noms synonymes de toute la qualité des techniciens ayant oeuvré pour les productions de la 20th Century Fox que ce soit pour les films mais aussi pour les séries télévisées ("Au Coeur du Temps", "Voyage au fond des mers", "La Planète des Singes" pour n'en citer que quelques exemples). On associera à ce trio magique Stuart A. Reiss et Walter M. Scott pour les décors.

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Le casting du "Voyage Fantastique" est intelligemment construit entre Stephen Boyd (Messala dans "Ben Hur" et Titus dans "La Chute de l'Empire Romain"), Raquel Welch dont la plastique parfaite coïncide avec la tenue moulante portée pour cette visite du corps humain et Donald Pleasence (futur adversaire de 007 dans "On ne vit que meurt que deux fois) et Docteur Loomis dans "Halloween"). Arthur Kenney et Arthur O'Connell complétant avantageusement l'ensemble de la distribution artistique.

Derrière la caméra, un maître reconnu de l'écran large : Richard Fleisher ! L'homme de "20 000 lieues sous les mers", des "Vikings", de "L'Etrangleur de Boston" et de "Soleil Vert". Il fallait bien un cinéaste de ce calibre pour donner à cette production à grand spectacle, paradoxalement située dans un univers microscopique, toute la patine à la fois poétique et premier degré rappelant les œuvres palpitantes signées Jules Verne ou H.G. Wells. Fleisher aura l'intelligence de laisser au récit le temps de s'installer. Tant et si bien que ce rythme somme toute plutôt lent surprend dans une production de ce calibre. Une sacrée leçon de cinéma que pourrait bien méditer certains de nos prétendus cinéastes du temps présent. Plaçant le spectateur dans la position du pionnier de l'infiniment petit, respectant le jeu empreint de sobriété et de gravité mêlées de ses comédiens, Richard Fleisher signe avec "Le Voyage Extraordinaire" un de ses films parmi les plus aboutis.

Observons, pour conclure, que le concept de ce voyage à l'intérieur d'un corps humain sera de nouveau exploité par Steven Spielberg et Joe Dante dans "L'Aventure Intérieure", en 1987...

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