26 novembre 2020
Classics

L’Empire contre-attaque : 40 ans !

Par Pierre Delarra

« Je suis ton père… » est la plus célèbre réplique du cinéma fantastique et de science-fiction jamais énoncée. Voilà un film qui, s’il était une suite incongrue au premier abord, deviendra une œuvre majeure à marquer d’une croix dans toutes les tablettes des cinéphiles : "L'Empire contre-attaque" qui fête ses 40 ans.

C’est bien d’une famille dont il s’agit ici : une sœur, un frère, un ami, deux droides, un grand-père charismatique et un vieil oncle aux oreilles toutes pointues sorti du système de Dagobah ; Georges Lucas nous invite dans des terres inconnues et insoupçonnées qui nous rappellent étrangement les grands canyons des Etats-Unis. De ce grand nulle part, il est impérieux de trouver et détruire l’Etoile Noire, cette machine fasciste de l’Empereur, celui de la Force Noire, celle à laquelle Luke doit aller et bien au-delà. Alors le système de Dagobah en demeure sans doute la solution, celle du Maître Jedi Yoda. Cette belle et grande résolution, le pouvoir d’empiler les pierres avec la seule pensée, la Force. Résoudre l’insoluble, être aussi celui par qui l’histoire devient.

C’est bien après cet opus V de la saga que j’ai rencontré Peter Suschitzky, le directeur de la photographie de "L'Empire contre-attaque", chez lui à Londres puis à Paris. C’est lui qui m’a raconté cet éprouvant tournage en Norvège, entouré de plus de cinquante techniciens tremblants de froid et givrés sur place, puis les inextricables morceaux de bravoures dans les grands décors des studios, au moins sept de ceux d’Elstree. Ces mêmes studios qu’il devait parcourir lui-même avec Carrie Fisher sur le porte-bagage de sa bicyclette.

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Carrie Fisher et Irvin Kershner sur le plateau de tournage
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Tournage du film dans les studio Elstree au Royaume-Uni

"L'Empire contre-attaque" est une production aux dépassements budgétaires faramineux. Plus de 40 millions de dollars à l’époque ont été engloutis et finir le tournage du film sans argent ou si peu, finir le film coûte que coûte, était un absolu. Le succès aidant, dû essentiellement à l’immense succès de l’épisode IV : "Un Nouvel Espoir", Georges Lucas avait vu ce tournage en grand, l’argent coulait sans compter. Toutefois, à la fin du tournage, il n’y en avait plus et il fallait boucler "L'Empire contre-attaque" ! Ainsi, pour la scène finale, Peter Suschitzky suggéra à Georges Lucas et Irvin Kershner, faute de moyens, de recourir aux artifices suivants : « Je peux faire une rampe sans éléments de décors avec deux sources de lumières : le bleu et l’orange et un peu de fumigènes. » C’est cette séquence où on voit s’affronter Luke et Vador. « Aucun décor juste cette rampe et quelques fumigènes. »

Les effets spéciaux (excusez du peu : Dennis Murren, Richard Edlund et Le jeune Phil Tippet ! Une équipe qui va notamment créer par ce biais la société I.L.M. - Industrial Light and Magic) sont de véritables actes de bravoures. Un exemple édifiant ? Celui de la traversée de la barrière d’astéroïdes, véritable casse-tête pour les techniciens afin que le Faucon Millénium puisse traverser sans encombre cette myriade de cailloux interstellaires. A elle seule cette séquence est une merveille incommensurable. Devant le défi de n’être qu’une suite, "L'Empire contre-attaque" est un exploit à lui seul, une réussite à tous les niveaux tant techniques que artistiques.

Et puis, rappelons-nous de la quête de Luke : retrouver Han Solo et cet amour avec la princesse Léia et naitra cette célèbre réplique :
- Harrison Ford : « I Love You »
- Carrie Fisher : « I know »
Réplique improvisée par Irvin Kirschner sur le tournage même (et aussi prolongement d'une aventure intime hors-tournage entre Harrison Ford et Carrie Fisher); et ce baiser si langoureux qui ne finit plus de faire tourner la tête à tant de générations de spectateurs. Et c’est loin d’être terminé...

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Moment de détente entre deux prises

« Une idée par plan » nous apprenait Alfred Hitchcock et bien ici c’est le cas : à chaque plan du film une nouvelle découverte : ne rien lâcher, tenir le spectateur à pleine haleine jusqu’au bout, jusqu’à la dernière image et jusqu’à la fin du générique. La magie est un mythe, que rêver de plus… Bravo messieurs Lucas et Kershner !  A vos sodas, pop-corn et bonne projection...

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