23 juillet 2021
Classics

Les flics ne dorment pas la nuit : Police Story

Par Yann Vichery

Quand on parle de suivre une équipe de policiers américains dans les rues de New York ou de Los Angeles, on pense de suite à la série "The Shield" ou au film devenu culte, réalisé par Dennis Hopper, "Colors". On oublie parfois qu’auparavant, il y avait déjà eu un excellent film de ce type, réalisé par Richard Fleischer en 1972 : "The New Centurions" devenu en français "Les flics ne dorment pas la nuit" (et qui fait partie depuis un long bail du catalogue proposé par TCM).

Adapté des mémoires de Joseph Wambaugh, ancien policier de Los Angeles (et qui sera à l'origine d'une palanquée de séries télévisées dans les années 70 dont "Police Story"), ce film est un des plus originaux, des plus modernes et des plus représentatifs du cinéma US des années 70. Contrairement à tout un tas de polars de cette période mettant en scène des super flics, à grands renforts de gunfights et de poursuites ("French connexion", "Bullitt", "L'inspecteur Harry"), le film de Richard Fleischer veut coller à la réalité des faits sans trop en faire. Le réalisateur est merveilleux un touche-à-tout du cinéma : du péplum ("Barabbas"), au fantastique ("Le Voyage Fantastique", "20000 lieues sous les mers"), à l’aventure ("Les Vikings"), au policier/suspense ("L’énigme du Chicago Express", "L’étrangleur de Boston"), il est de ceux qui ont réussi dans chaque genre.

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George C. Scott

"Les flics ne dorment pas la nuit" suit une brigade de quelques policier de Los Angeles, plus précisément un duo : Andy kilvinski (un vieux de la vieille expérimenté joué par Georges C. Scott) et Roy Fehler (Stacy Keach quelques années avant la série "Mike Hammer") qui débute. Tout deux arpentent les rues de la ville et interviennent sur divers larcins et contrôles. Réaliste, presque documentaire, le film vise à montrer plusieurs choses : tout d’abord la vie de la cité elle même, peu reluisante entre sa faune nocturne, ses violences quotidiennes et globalement une pauvreté généralisée de sa population. Ensuite, on y observe une difficulté pour les policiers pour accomplir leur travail correctement en conciliant l’application des règles strictes avec la réalité du terrain lors des interventions. En découlent des bavures dont sont victimes certains citoyens (et en dommage collatéral, les policiers). Cet aspect demeure encore d’actualité aux USA avec le procès de Georges Floyd (qui aura connu sa résolution récemment).

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Stacy Keach

"Les flics ne dorment pas la nuit" s'avère être également d'une profondeur bienvenue quant aux états d’âme des policiers sur la gestion de la relation famille/travail. On voit bien la solitude qui est la leur, la part importante du métier (notamment les risque quotidiens encourus), l’adrénaline qui les pousse à y retourner chaque jour et l’angoisse de la femme de Roy. Les conséquences seront tragiques pour Kilvinski, victime de l’inaction et de cette absence d’adrénaline quotidienne et finiront par perdre Roy. Le pessimisme latent du film est contrebalancé par une mise en scène percutante, un tournage en décors réels dans les quartiers de Los Angeles, des scènes efficaces (dans et hors du commissariat) et des interprétations de grand standing (avec la participation d'Erik Estrada qui reprendra un rôle identique sur sa moto de la série "Chip's", de Clifton James avant la série "Los Angeles Années 30, avec Wayne Rogers, et même une apparition de Roger E. Mosley, future vedette de la série "Magnum" avec Tom Selleck). La musique géniale de Quincy Jones nous replonge aussi dans les films typiques des 70’. Richard Fleischer livre ici avec "Les flics ne dorment pas la nuit" un des grands polars de cette période qui aura permis de lancer toute un ensemble de films et séries sur le même thème.

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