21 janvier 2022
Classics En Une

Les Goonies : Pirates et nostalgie

Par Yann Vichery

J’ai déjà évoqué, dans d’autres critiques, les années 80 et le statut, désormais culte, de certaines franchises du cinéma ("Ghostbusters", "Retour vers le futur", "L’Aventure Intérieure", "Gremlins"). Une époque bénie dans laquelle le film, "Les Goonies", a, à l'évidence, toute sa place. Ou comment un film, peuplé de gosses partis à la recherche d’un trésor, est devenu un classique.

Steven Spielberg présente…

Et oui ! C’est encore lui qui imagine, au début des années 80, l’histoire de départ qui sera ensuite scénarisée par Chris Colombus ("Harry Potter", "Madame Doubtfire", "Maman, j’ai raté l’avion"). Pour la réalisation, on retrouve le regretté Richard Donner ("Superman", "La Malédiction", "Ladyhawke", "L'Arme Fatale"). Ainsi, dès le départ, le spectateur est-il confronté à du lourd ! Des pros qui travaillent en terrain connu (les enfants, l’aventure, l’humour).

"Les Goonies" raconte les exploits d'une bande d'enfants. Tous sont décidés à trouver le trésor d'un légendaire pirate, Willie le Borgne. Un butin dont la revente éviterait la destruction de leur quartier... Dans leur quête, les enfants devront vaincre divers pièges. Mais aussi affronter les immondes frères Fratelli ! Dit comme ça, voilà qui parait commun. Cependant, c’est sans compter sur les talents réunis pour donner vie à cette bande de copains et leur périple.

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Copyright : Warner Bros. France / Amblin Entertainment
Un divertissement total

Mené sur un rythme d'enfer, "Les Goonies" est truffé de scènes marquantes et d'intrigues passionnantes. Le tout avec un humour potache et salvateur. Cette volonté de mettre un maximum d’action évoque le principe des comédies US des années 30 ("New York Miami") ou les premiers Hitchcock ("Les 39 Marches"). On reconnait ici la patte de Spielberg. Ce dernier, un an auparavant, avait réalisé la seconde aventure de Indiana Jones selon le même principe.

Le succès des "Goonies" tient dans sa remarquable construction. Quasiment chaque scène a son action, sa surprise, son énigme qui fait avancer l’histoire. Le fait de la situer dans l'enfance fait appel, pour chaque spectateur, a des souvenirs de jeux et d’aventures. Le film met en avant des valeurs de groupe, de camaraderie évoquées à travers les relations de cette bande de copains. Un groupe composé de personnalités variées et très liées. On y trouve Mikey le leader; Brand le grand frère; Bagou le bavard; Data le scientifique et Choco dont la bêtise et la gourmandise nourriront le film de gags hilarants. Face à eux, une affreuse bande de méchants, les Fratelli, ainsi qu'un monstre de foire surnommé Cinoque !

Sans aucun temps mort, la bande des Goonies avance dans son aventure, déjoue chaque piège jusqu’au dénouement connu. Tout le monde y prend plaisir, personnages comme spectateurs. Voilà qui explique pourquoi le film a traversé les âges sans prendre une ride grâce à la naïveté enfantine qui joue à plein et à la nostalgie qui en ressort.

Des références pour le plaisir

Pour le fan de cinoche des eighties, le film est une banque de données de références : entre les gamins à vélo qui rappellent "E.T.", une référence à "Gremlins" lors d’un appel téléphonique et à la présence de Corey Feldman, celle particulièrement explicite au "Superman" de 1978 (réalisé par Richard Donner) ou encore certaines scènes rappelant Indiana Jones avec la présence de He Yuan Quan (Demi-Lune dans "Indiana Jones et Le Temple Maudit"). Des références que reprendront plus tard les ados de la série "Stranger Things".

Au final, il reste de ce film, un statut-culte qui passe de génération en génération (mon fils de 9 ans l’a découvert il y a peu. Et devinez quoi ? Il a adoré ! ). "Les Goonies" demeure un des meilleurs film mettant en scène des enfants. La simplicité de son intrigue n'empêchant nullement de le revoir encore et encore.

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