16 juillet 2020
Classics

Les Mariés de l’an II : Vive les mariés !

Par Jérémy Joly

Une dizaine d'années après avoir remporté un succès dans un film de cape et d'épée intitulé « Cartouche », de Philippe de Broca, Jean-Paul Belmondo tourne en 1971 dans « Les mariés de l'an II ». Jean-Paul Rappeneau, après « La Vie de château » avec Philippe Noiret et Catherine Deneuve, réalise son deuxième long-métrage.

Nicolas Philibert, un français exilé en Amérique, s'enrichit et s’apprête à épouser une riche héritière. Mais le jour du mariage, il apprend qu'il doit divorcer de Charlotte, qu'il a épousée en France. Nicolas décide de partir retrouver Charlotte. Il débarque à Nantes dans une France en pleine Révolution et il peine à retrouver sa femme, étroitement liée à une famille de royalistes.

« Les Mariés de l'an II » se déroule en pleine Révolution française, une période bien décrite dans le film. Les révoltes du peuple mourant de faim éclatent et la guillotine en état de marche tranche les têtes. Un personnage mentionne également l'écrit récent de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen mais aussi de la prise de la Bastille. La loi autorisant le divorce, adoptée en 1792, est au centre du sujet, permettant au personnage principal de se marier en Amérique. La guerre entre les royalistes et les républicains fait rage.

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Marlène Jobert

Dans le cinéma français, le genre cape et d'épée a connu un âge d'or dans les années 60 avec « Le Bossu », « Le Capitan », « Le Capitaine Fracasse », « Le Masque de fer », « Le Miracle des loups » qui ont pour héros Jean Marais, qui n'avait pas besoin d'une doublure pour les cascades. Jean-Paul Belmondo est également un acteur ayant la capacité de faire les cascades lui-même, on le sait bien. Il offre ainsi aux spectateurs une authenticité à son personnage. Il monte à cheval, ses vêtements prennent feu, il chute, se bagarre et se bat à l'épée. Il est l'acteur idéal pour ce film. En plus d'apporter de l'action, il amène un côté comique, notamment dans une scène où il est complètement saoul.

Belmondo forme avec la pétillante Marlène Jobert un beau couple de cinéma qui, étrangement, ne se reformera jamais dans un autre film. Leurs querelles sont drôles et les scènes de tendresse sont touchantes. Des visages familiers du grand écran de l'époque les accompagnent : Charles Denner, Julien Guiomar, Henri Guybet, Georges Beller, Pierre Brasseur, Sim, Patrick Préjean, Paul crauchet, Sami Frey, Michel Auclair, Mario David et Jacques Legras. Nous retrouvons également un acteur encore inconnu : Patrick Dewaere, qui atteindra la célébrité trois ans plus tard dans « Les Valseuses » de Bertrand Blier.

Le scénario est bien construit et rythmé. Le couple se cherche, se perd et se retrouve, le tout sur une belle musique baroque composée par Michel Legrand. Les décors et les costumes magnifiques arrivent à plonger le spectateur dans l'époque de la Révolution française.

Le film se termine par une impressionnante scène de bataille, avec des centaines de figurants. « Les Mariés de l'an II » remporte un succès avec un peu moins de trois millions d'entrées au box-office. Tandis que Jean-Paul Belmondo ne tournera plus de films de cape et d'épée, le réalisateur Jean-Paul Rappeneau réalisera dans les années 90 deux longs-métrages de ce genre se rapprochant plus ou moins de ce registre : « Cyrano de Bergerac » et « Le Hussard sur le toit ».

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