23 juillet 2021
Classics

L’étoffe des héros : Plus vite… plus haut… plus loin

Par Yann Vichery

Réalisé en 1983 par Philip Kaufman (scénariste entre autre des "Aventuriers de l’Arche Perdue" pour Steven Spielberg et de "Josey Wales hors la loi" de Clint Eastwood), "L’étoffe des héros" est l’adaptation du roman de Tom Wolfe, inspiré d’une partie de la vie de Chuck Yeager et des astronautes du projet Mercury.

Dès le début de ce formidable film, diffusé actuellement sur TCM, l’ambiance est lancée. Nous allons fleurter dans les cieux avec de vrais héros de la conquête du ciel et de l’espace. Durant 3 heures, ce film à grand spectacle, qui parait presque parfois relever du documentaire, nourrit une réflexion sur le courage, la postérité, la guerre froide et la politique. Porté par une distribution 4 étoiles (Sam Shepard, Scott Glenn, Ed Harris, Dennis Quaid, Fred Ward, Barbara Hershey en tête), "L’étoffe des héros" est une glorification des pionniers courageux qui ont osé se lancer dans la conquête de l’espace.

Espace et Cinéma

Tenter d’explorer ce que l’humain ne pouvait atteindre, il était normal que ce soit l’objectif premier des deux plus grandes nations de l'époque : les USA et l’URSS, durant la Guerre Froide. La question était de savoir qui serait le premier homme à aller dans l’espace. "L’étoffe des héros" est à la gloire de l’Amérique, mais n’oublie pas de dire que le pays a été dépassé par les russes dans cette conquête. Cependant, ils sont rares ces films ayant pour thème la conquête de l’espace : "Apollo 13" de Ron Howard sur le sauvetage réel de la navette et de son équipage, "Interstellar" de Christopher Nolan sur le voyage dans le temps (avec des bases scientifiques solides), "First Man" de Damien Chazelle, sans oublier "2001" de Stanley Kubrick qui recelait une part de réalité dans la conception des navettes par exemple. Le film de Kaufman raconte les origines de la conquête spatiale, autant les succès que les échecs, les ambitions que les amertumes de ces héros de l’espace.

Les vrais héros des airs

"L’étoffe des héros" en présente deux types : les pilotes d’avions et les astronautes. Il les montre prenant des risques à la fois contrôlés et inconsidérés. Tout d’abord, Chuck Yeager, pilote d’avion, toujours à la recherche d’adrénaline, tentant de repousser les limites humaines dans les airs. Dans un premier temps, il méprisera les pilotes du programme spatial, mais les enviera toute sa vie, lui qui n'ira jamais dans l’espace alors qu’il en avait l’étoffe (mais pas le niveau d’étude). Ensuite, on découvre les astronautes du projet Mercury. Tous vivront une aventure différente, mais leurs expériences mettront en évidence les risques qu’ils prendront lors de leurs orbites terrestre (celui de Glen et de sa capsule défaillante), les échecs (celui de Grissom) et les succès (celui de Cooper).

"L’étoffe des héros" s’étend aussi longuement sur les femmes des pilotes, toujours dans l’ombre, mais toujours présentes derrière leurs maris. Kaufman leur donne des personnalités différentes et travaillées. Il montre leurs angoisses et leurs peurs lors des missions, mais aussi leurs attentes, solitudes et déceptions dans leur rôle. Autant de beaux personnages courageux et forts sans lesquels leurs maris n’auraient pas réussi. Seuls les gouvernements n’ont pas leur quart d'heure de gloire dans le film. Kaufman montre clairement que la course à l’espace a surtout un but politique, celui de devancer l’URSS. Le futur président Johnson est ridiculisé lors de ses interventions; le directeur du projet Mercury n’est jamais à son avantage, à la fois faible, cynique.

Un spectacle total

La grande réussite du film est de rendre crédible les images des vols aériens et spatiaux. Les séquences de vol de Chuck Yeager sont impressionnantes de réalisme et d’intensité. On y vit toute ses angoisses. Les vols spatiaux sont tout aussi impressionnantes. Celui de John Glen est presque rendu mystique par ce qu’il vit. Celui de Cooper est glorifiant. Les images rendent compte de l’intensité des émotions qu’ont vécues ces pilotes. Presque 40 ans après son tournage, "L’étoffe des héros" n’a pas vieillit. Il demeure d’une beauté et d’une grande puissance émotionnelle et on oublie pas ces pilotes et astronautes qui avaient vraiment l’étoffe des héros.

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