25 octobre 2020
Classics

Outsiders : Le film méconnu de Francis Ford Coppola

Par Dorothée Durand

La rediffusion récente du film "Outsiders" sur France 5, aura donné l’opportunité de visionner un grand classique des années 80. Il met en scène toute une génération d’acteurs peu connus à l’époque, tels que Patrick Sawyze qui interprètera quelques années plus tard le rôle principal du film "Dirty Dancing", suivi de Tom Cruise avant le succès de "Top Gun", et enfin de Matt Dillon, que Francis Ford Coppola dirigera un an plus tard dans "Rusty James".

Ce long-métrage est adapté d’un roman de S.E Hinton, publié en 1967. Le générique de "Outsiders" débute sur un magnifique coucher de soleil, rythmé par la musique Stay Gold de Stevie Wonder, avec la voix claire et cristalline de Ponyboy Curtis (Thomas Howells). Il est le benjamin d’une fratrie de trois garçons et rédige un essai de « When i stepped out… ». L’action se déroule dans une petite ville des Etats-Unis, dans un quartier délabré. Nous découvrons trois frères orphelins qui vivent sous le même toit depuis le décès accidentel de leurs parents. Ils se font appeler les Greasers, en référence à leurs cheveux gominés, et ont comme bande rivale « les Socks », tous issus d’un quartier riche. Un soir, Ponyboy Curtis se fait agresser et provoquer par le chef des Socks. Il est en bien mauvaise posture. Il peut, cependant, compter sur le courage de son ami Johnny, qui lui vient en aide et assassine le leader de la bande des Socks. Johnny et Ponyboy, affolés, cherchent de l’aide sur les conseils de Dallas (Matt Dillon). Ils prennent un train de nuit in extremis dans une gare désaffectée, dans lequel ils réussissent à se cacher et qui les emmène en rase campagne.



La mise en scène de Francis Ford Coppola, avec notamment la scène du duel au couteau, n’est pas sans rappeler celle de "La fureur de vivre" de Nicholas Ray avec James Dean. Francis Ford Coppola y aborde des thèmes qui lui sont chers tels que la fin de l’adolescence et le début de l’entrée dans l’âge adulte. "Outsiders" dépeint une jeunesse désabusée et désenchantée en marge de la société. Un film encore d’actualité à sa façon qui aborde le mal-être des jeunes et leurs difficile reconstruction à travers des actes héroïques. Il est à noter que Coppola réalisera, en 1984, "Rusty James", sur une thématique similaire.

Pour "Outsiders", le cinéaste imposera à l’équipe du tournage, et à l’ensemble de ses comédiens débutants, de vivre séparément : il voulait ainsi recréer la tension entre ces deux bandes rivales. La bande-originale de "Outsiders" remportera, elle, un franc succès. Les dialogues du film sont pertinents, l’une des répliques majeures venant d’un poème du célèbre écrivain Robert Frost. Le scénario est juste et limpide sur la jeunesse et les difficultés qui en découlent. Précisons également que le réalisateur déclinera ce film sous la forme d'une série télévisée au début des années 90, mais ce fut un flop commercial. Le long-métrage, lui, sera réédité en DVD, avec une version plus longue de quinze minutes, et des scènes inédites accompagnés d’un Making Of.

Ainsi "Outsiders" demeure un des premiers grands classiques du cinéma américain du maître Francis Ford Coppola (avec "Apocalypse Now") et est une référence pour les jeunes réalisateurs d’hier et d’aujourd’hui. Toutefois, ce film-phare de la filmographie de Coppola remportera un succès mitigé lors de sa sortie en salle. Néanmoins, "Outsiders" reste l’une de ses meilleures oeuvres, pour son originalité et par la clarté et la pureté du jeu de ses acteurs.

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